‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 203 sur 207 · LIVRE QUATORZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIEME

veillance qu'il suppose à son bienfaiteur déloyalement abandonné.

Ce tourment intime du duc de Raguse se révèle surtout dans les détails qu'il donne au sujet du duc de Reichstadt. « Un intérêt d^affection et de curiosité , dit-il , tenant au plus beau temps de ma vie , devait me faire vivement désirer de voir le fils de Napoléon. » (VIII, 374.) Mais cet intérêt d'affection allait-il amener tout à coup l'ingrat repentant aux pieds du fils du bienfaiteur trahi? Marmont, qui paraissait se complaire à dire que Napoléon avait exprimé l'espoir de voir son aide de camp favori revenir à lui, étart-il disposé à réaliser dans les bras du fils les espérances qu'avait conçues le père?

Oui , il est impatient de rencontrer le fils du grand homme qui le combla de ses faveurs et dont il provoqua la chute; mais ce n'est pas pour déposer dans son sein l'aveu expiatoire, l'hommage réparateur vainement attendu par le père. Oui, il sera libre de voir et d'entretenir le fils de Napoléon. Le prince de Metternich, l'ennemi le plus constant et le plus dangereux de l'Empereur et de la France, lui a dit « qu'on ne pouvait mettre le jeune prince en meilleures mains que les siennes » (VIII, 378); et Marmont a déjà justifié cette haute confiance du doyen des diplomates de la vieille Europe. Il a rencontré le duc de Reichstadt dans un bal donné par lord Cowley, ambassadeur d'Angleterre, et là, bien loin

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d'exalter Torgaeil du jeune hoHune en rendant pleine justice au génie de son père, ce qui aurait pu devenir compromettant pour le sMu quo européen , il lui fit en quelques phrase» le résumé de tout le système de dénigrement qu'il avait adopté à regard de l'empereur Napoléon , et qu'il était en train de développer dans de nombreux volumes.

tt J'eus bien soin, dit-il, de jeter promptement mes idées générales sur le caractère et la carrière de Napoléon, qui présentent des changements tellement complets dans sa personne, que l'on peut oansidérer en lui deiÂO) hommes. Son élévation , due sans doute à ses tahfits^ msàs puissamment favorisée par le temps où il a paru, fut Texpression sentie par tout le monde des besoins de la société d'alors* A ce titre chacun l'aida, le soutint et le favorisa; t ani^is qw sa chute

PUT son OUVRAGE ET LE RÉSULTAT HE 8B8 KfFOlTS CON- STANTS. Enfin, ce beau génie, si C€dculaijeur dans les premihres années de sa grandeur, fut obscurci peut les iflusiom de l'orgueil ^ qui ont faussé son jugemenL » (Vm,377.)

L'empressement du duc de Raguse à ap{»rQcber le fils de Napoléon est maintenant expliqué , safis qu'on ait besoin de recourir à Vintérét d'affection que le maréchal dwnait pour son principal mobile en cette circonstance^ Marmont a résolu dft fiakire re* venir le monde de son admiratioii exduâve pour l'Empereur; il tient dans ce but neuf volumes en

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