‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 24 sur 207 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

ses troupes en l'air et de les avoir mises à la discrétion du général autrichien.

Mais ce n'est pas seulement à l'ineptie de Beaulieu, allant parader devant Gènes au lieu de suivre les conseils de Cîolli, que Marmont s'en prend du bonheur de Bonaparte y dont la fortune aurait , selon lui, couvert les imprudences et les fautes par des victoires. Colli a ma tour dans la responsabilité que l'aide de camp du général français fait peser sur les généraux étrangers dans les rapides succès de l'armée républicaine 9 comme s'il se mêlait un peu de regret, dans l'âme du duc de Raguse, au souvenir des triomphes que l'on devait croire avoir fait la joie et l'orgueil de Marmont dans sa première jeunesse.

Après la bataille de Dégo, le général Provera reçut du général Colli l'ordre de se maintenir au vieux château de Cossario et de le défendre à outrance, ce Rien, dit Marmont, ne peut justifier une pareille disposition; ce poste, isolé du reste de l'armée, nous gênait, mais ne défendait rien, et les troupes qui l'occupaient ne pouvaient y rester trois jours, puisqu'elles s'y trouvaient sans vivres, sans eau et sans munitions. Les Piémontais de Montésimo et du camp retranché de Céva devaient, sans perdre un instant , tomber sur la division Augereau , qui couvrait notre gauche, la culbuter et venir au secours des Autrichiens, avec lesquels nous étions aux prises. St ce mouvement y indiqué et commandé par V évidence ^

68 RËFlJTATIOxV DES MEIfOIRËS DU DUC DE RAGUSE.

eût été exécuté^ il est possible que cette mémorable CAMPAGNE , à juste titre l* admiration des gens du métier^ et destinée à être rétonnement de la postérité, eut ÉCHOUÉ EN NAISSANT y Car, 611 supposant même que les succès des Piémontais n'eussent pas été complets et décisifs, si les événements nous eussent forcés à séjourner seulement huit jours de plus dans la vallée de la Bormida, la mishre et {embarras des subsistances, dont les effets étaient portés à leur comble dès le quatrième jour et causaient les plus grands désordres, auraient détruit V armée; elle aurait cessé d'exister » (Mém. deMarmont, 1, 158-159.)

Page 1