S44 LA VIE PAB1SIE!I5B
tuelle n*est'elle pas troublée par le regard indiscret de cet aslre orgueilleux?
Qu'est-ce qu'on fait au grand jour, si ce n'est des affaires?'
Qui a de Fesprit, des idées, des fiassions, de la beauté en plein jour?
De l'appétit même? Qui esHîe qui déjeune, excepté les militaires après la manœuvre?
C'est avec la bougie que les vrais gastroùomès éclairent les chefs-d'œuvre de leur sensualité, parce que rien n'est laid comme une sauce vue au soleil.
On a voulu créer la mode des matinées dansantes ; les femmes ont fui devant ces exhibitions périlleuses. Dans le fait, il n'y a que les paysans qui puissent sauter en plein midi.
f.a nature elle-même s'enlaidit au grand éclat de la lumière; la verdure n'est belle, les lointains n'ont de mystère et la végétation ne rit que sous le voile des nuages ; le soleil déchiqueté les contours des arbres, durcit les mouvements de terrain, plombe le firmament et dessèche la perspective; il n'y a pas en Italie un paysage qui vaille une percée du parc de Windsor.
Les adorateurs les plus fanatiques du soleil n'apprécient même que son lever et son coucher, c'est-à-dire le moment où il ne brille pas encore et le moment où il disparaît.
Le soleil apporte cependant un bienfait, qui est le résumé de toutes les jouissances terrestres : la paresse.
La paresse ! dont on a dit tant de mal, parce qu'elle ne se défend pas, et qui a été réhabilitée parle mot tout philosophique de monsieur Royer-Collard.
On déplorait devant lui le mouvement des générations modernes, qui s'agitent sans avancer, qui bouleversent tout et ne créent pas , qui travaillent beaucoup pour ne lien faire.
« Ah! s'écria-t-il, les paresseux sont la réserve de la France! »