THÉÂTRE DE LA PORTE-SAINT-MARTIN
MBglaate , nèlodrane en quatre enti'actes et six dtexs.
Depuis quelque temps , monsieur Harel fatiguait la fortune, et la fortune fatiguait monsieur Harel.
Ni Jocko ressuscité , ni la façade de la Porte-Saint- Martin ornée d'un transparent sur lequel se dessinait chaque soir la silhouette du singe immortel, ni les programmes bourrés de la Tour de Nesle, de Pinto, de Lucrèce Borgia, ni les bals de TOdéon, tolérants pour la pipe Qt le cigare, et enrichis de soupers gratuits, rien enfin de ce que peut créer l'esprit inventif de ce directeur philosophe et latiniste n'avait pu détruire le charme qui ensorcelait son entreprise engourdie comme la Belle au bois dormant.
L'homme qui sait le mieux lancer un paradoxe, dont
la vie entière est elle-même un paradoxe persévérant, monsieur Harel; se ût donc un jour à lui-même cette argumentation, qui se trouva logique: « Quand je donne au public une première représentation quelconque, celle de Pinto, par exemple, le public ne s'amuse pas; quand je lui offre quinze actes à dévorer le même soir, il me témoigne, par la frénésie de son absence, qu'il s'ennuie dix fois plus. Il y a là un vice : cherchons ce vice. Si quinze actes l'ennuient, si cinq actes ne l'amusent pas, c'est la faute des actes ; supprimons les actes, et demandons à monsieur Gisquet vingt municipaux à cheval pour comprimer la foule et régler la file des voitures ; car une ère nouvelle va commencer pour le théâtre. Je fais désormais représenter des entf actes. Les auteurs ne manqueront jfas. » La Nonne sanglante fut commandée, faite en peu de jours, et la représentation n'en a été si longtemps retardée que par la mise en scène et les nombreuses répétitions des entr'actes, qui surpassent en magnificence, en développement, tout ce que l'art théâtral a produit de plus pompeux. Plusieurs feuilletonistes nous semblent donc avoir mal compris la pensée du directeur, en donnant aux cinq actes du drame et aux décors une importance dont ne veut plus monsieur Harel ; et c'est rentrer dans l'appréciation exacte de son brevet d'invention que de donner une analyse consciencieuse des quatre entr'actes dont les cinq actes ne sont que le prétexte. Si cela pouvait faire question , la question
adresse, sa grâce ou sa voracité, il arriva à grande vapeur sur le lieu désigné, achète, loue ou piBnd à bail cet objet extraordinaire.
Un itinéraire est tracé, un bill de dépensés fixé, un commis choisi.
Le commis part avec des instructions, et à la fin de sa tournée se trouve exactement à un rendez-vous convenu, pour compter avec^monsieur Titus, à Calcutta, à Mexico, à Londres ou à Paris.
Parmi les occupations qui composent l'existence de cet entrepreneur, la plus singulière est la recherche des bêtes féroces; car c'est de ses mains que Carter et Van Amburgh ont reçu ces charmants léopards qui faisaient nos délices et notre terreur. ,
Quand monsieur Titus a écrit le plan d'une ménagerie, comme un auteur ordonne le plan d'une pièce, on le voit partir ppur se procurer les acteurs qu'il a désignés.
En Amérique, sa patrie,- il met lui-même la main à la besogne, et, quand on le rencontre sur les bateaux à vapeur ou sur les railways innombrables qui traversent l'Union, il raconte très-froidement qu'il est à la recherche d'un boa qui lui manque.
Ses absences sont longues* quelquefois, jamais infructueuses. Il revient toujours avec sa bête, ayant battu les contrées sauvages, vécu, chassé, mangé avec les Indiens, sans en être tout à fait mangé.
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Quant aux animaux de l'Asie et de l'Afrique, il ne les chasse pas lui-même; un émissaire est envoyé à des chefs de peuplades dont monsieur Titus est parfaitement connu; un rendez-vous est pris, et, au jour fixé, monsieur Titus vient, avec son argent, prendre livraison des éléphants, des panthères, des crocodiles qu'il a commandés.
Une fois ces individus plus ou moins féroces, mais toujours jeunes, réunis dans un point central, monsieur Titus les met au collège.
Là commence l'emploi de ces procédés puissants qui domptent la bête et la civilisent : peu à peu la troupe se forme, l'éducation se complète à coups de barre de fer rouge; on règle avec un grand art et une étude approfondie des contrastes, des groupes où doivent figurer un tigre rageur, un jaguar caressant, ua lion endormi, une panthère amoureuse, une hyène criarde ; et tout ce bétail, une fois en état d'accomplir son roman comique, est dirigé, sous la conduite d'un Carter ou d'un Van Ambui^h, vers les pays qui éprouvent le besoin de voir des acteurs à quatre pattes.
Ces sortes de spectacles sont généralement goûtés en Europe, parce qu'on espère un peu voir les conducteurs ÔB bêtes mangés par leur marchandise; mais l'on sera Toujours attrapé si l'on compte sur ce divertissement : monsieur Titus répond de ses élèves, et dit hautement
adresse, sa grâce ou sa voracité, il arrive à grande vapeur sur le lieu désigné, achète, loue ou pi^nd à bail cet objet extraordinaire.
Un itinéraire est tracé, un bill de dépenses fixé, un commis choisi.
Le commis part avec des instructions, et à la fin de sa tournée se trouve exactement à un rendez-vous convenu, pour compter avec^monsieur Titus, à Calcutta, à Mexico, à Londres ou à Paris.
Parmi les occupations qui composent l'existence de cet entrepreneur, la plus singulière est la recherche des bêtes féroces; car c'est de ses mains que Carter et Van Amburgh ont reçu ces charmants léopards qui faisaient nos délices et notre terreur. .
Quand monsieur Titus a écrit le plan d'une ménagerie, comme un auteur ordonne le plan d'une pièce, on le voit partir ppur se procurer les acteurs qu'il a désignés.
En Amérique, sa patrie, il met lui-même la main à la besogne, et, quand on le rencontre sur les bateaux à vapeur ou sur les railways innombrables qui traversent l'Union, il raconte très-froidement qu'il est à la recherche d'un boa qui lui manque.
Ses absences sont longues^ quelquefois, jamais infructueuses. Il revient toujours avec sa bête, ayant battu les contrées sauvages, vécu, chassé, mangé avec les Indiens, sans en être tout à fait mangé.
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Quant aux animaux de FAsie et de TAfrique, il ne les chasse pas lui-même ; un émissaire est envoyé à des ehefs de peuplades dont monsieur Titus est parfaitement connu ; un rendez-vous est pris, et, au jour fixé, monsieur Titus vient, avec son aident, prendre livraison des éléphants, des panthères, des crocodiles qu'il a commandés.
Une fois ces individus plus ou moins féroces, mais toujours jeunes, réunis dans un point central, monsieur Titus les met au collée.
Là commence l'emploi d© ces procédés puissants qui domptent la bête et la civilisent : peu à peu la troupe se forme, réducation se complète à coups de barre de fer rouge; on règle avec un grand art et une élude approfondie des contrastes, des groupes où doivent figurer un tigre rageur, un jaguar caressant, un lion endormi, une panthère amoureuse, une hyène criarde ; et tout ce bétail, une fois en état d'accomplir son roman comique, est dirigé, sous la conduite d'un Carter ou d'un Van Amburgh, vers les pays qui éprouvent le besoin de voir des acteurs à quatre pattes.
Ces sortes de spectacles sont généralement goûtés en Europe, parce qu'on espère un peu voir les conducteurs de bêtes mangés par leur marchandise; mais l'on sera Toujours attrapé si l'on compte sur ce divertissement : monsieur Titus répond de ses élèves, et dit hautement
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adresse, sa grâce ou sa voracité, il arriva à grande vapeur sur le lieu désigné, achète, loue ou piBud à bail cet objet extraordinaire.
Un itinéraire est tracé, un bill de dépenses fixé, un commis choisi.
Le commis part avec des instructions, et à la fin de sa tournée se trouve exactement à un rendez-vous convenu, pour compter avec^monsieur Titus, à Calcutta, à Mexico, à Londres ou à Paris.
Parmi les occupations qui composent l'existence de cet entrepreneur, la plus singulière est la recherche des bêtes féroces; car c'est de ses mains que Carter et Van Amburgh ont reçu ces charmants léopards qui faisaient nos délices et notre terreur. .
Quand monsieur Titus a écrit le plan d'une ménagerie, comme un auteur ordonne le plan d'une pièce, on le voit partir ppur se procurer les acteurs qu'il a désignés.
En Amérique, sa patrie,' il met lui-même la main à la besogne, et, quand on le rencontre sur les bateaux à vapeur ou sur les railways innombrables qui traversent l'Union, il raconte très-froidement qu'il est à la recherche d'un boa qui lui manque.
Ses absences sont longues quelquefois, jamais infructueuses. Il revient toujours avec sa bête, ayant battu les contrées sauvages, vécu, chassé, mangé avec les Indiens, sans en être tout à fait mangé.
Quant aux animaux de l'Asie et de l'Afrique , il ne les chasse pas lui-même ; un émissaire est envoyé à des ehefs de peuplades dont monsieur Titus est parfaitement connu ; un rendez-vous est pris, et, au jour fixé, monsieur Titus vienty avec son argent, prendre livraison des éléphants, des panthères, des crocodiles qu'il a commandés.
Une fois ces individus plus ou moins féroces, mais toujours jeunes, réunis dans un point central, monsieur Titus les met au collège.
Là commence l'emploi de ces procédés puissants qui domptent la bête et la civilisent : peu à peu la troupe se forme, l'éducation se complète à coups de barre de fer rouge; on règle avec un grand art et une étude approfondie des contrastes, des groupes où doivent figurer un tigre rageur, un jaguar caressant, un lion endormi, une panthère amoureuse, ime hyène criarde ; et tout ce bétail, une fois en état d'accomplir son roman comique, est dirigé, sous la conduite d'un Carter ou d'un Van Amburgb, vers les pays qui éprouvent le besoin de voir des acteurs à quatre pattes.
Ces sortes de spectacles sont généralement goûtés en Europe, parce qu'on espère un peu voir les conducteurs àB bêtes mangésparleur marchandise; mais Ton sera toujours attrapé si l'on compte sur ce divertissement : monsieur Titus répond de ses élèves, et dit hautement
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teuil de juge pour vous asseoir sur le banc du justicûe ble, et tendre le dos aux châtiments du feuilieton, je veux vous toucher le cuir avec modération, afin que le souvenir d'une correction clémente adoucisse à l'avenir la sévérité de vos arrêts à Tégard de vos pareils , car désormais vous avez des pareils. Vous êtes vaudevilliste, mon cher Théophile, et vous voyez qu'on peut l'être sans cesser d'être homme, comme souvent semblent le faire entendre les rois très -despotes de la critique moderne.
Franchement, je vous ai tendu un piège, et vous avez donné dans ce piège.
Tracassé quelquefois dans mes opérations théâtrales par d'anciens confrères, crili([ué dans mes combinaisons dramatiques, censuré souvent pour le choix de mes pièces, je ruminais depuis longtemps le traître projet d'attendre nuitamment un de mes détracteurs et de le précipiter par les épaules, à travers les charpentes d'une pièce en trois actes, pour voir un peu comment il se tirerait de là. Je vous avais sous la main ; vous êtes bon et sans déflance, vous êtes un des gros bonnets du feuilleton, je vous ai induit en vaudeville et vous êtes tombé en vaudeville.
Je voulais vous jouer, à vous, un mauvais tour, à moi un bon.
. Car voyez-vous, mon cher Théophile, aujourd'hui que vous m'avez donné vos colonnes, et que je puis
LA VIB PARISIBNNB 2S5
ixï*eiivelopper dans les vastes plis de votre importance hebdoinadaire , j'abuserai de cette courte mascarade pour dire plusieurs choses que j'ai sur le cœur.
•n y a un an et demi , j'ai brisé ma plume — on brise ses plumes maintenant, elles sont en fer — pour deve* nir entrepreneur de théâtre.
c< Ahl ahl s'est-on écrié de toutes parts avec une bienveillance non équivoque, voilà un directeur jeune I un. directeur lettré ! Voilà un théâtre unique qui s'an* nonce ! Quelles étranges et surprenantes choses nous allons voir! Gomme on va rire, comme on ja pleurer, comme on va être heureux ! »
Tous les gens qui se rappelaient mes antécédents, pauvres antécédents que j'ai bien oubliés, tn'abordaient pour me démander trës-incessamment du nouveau! Gomme s'il y avait du nouveau dans un genre d'industrie représenté par huit théâtres qui fonctionnent tous les soirs, qui laminent, tordent, allongent, cisèlent le couplet, le morceau de sortie, le dialogue et la situation, sans compter la concurrence des théâtres royaux. Quelques amis graves me dirent avec intérêt :
«Vous aurez grand' peine à réussir : il vous manque la profonde habileté de monsieur Poirson, la patience laborieuse du bon Dormeuil, le poignet vigoureux de monsieur Trubert (alors Trubert était), le bonheur siamois des frères Gogniard , le tutoiement universel de monsieur Béraud, etc. »
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A quoi j*ai répondu depuis : « Monsieur Poirson soutient contre les auteurs une guerre terrible qu'on ne m'eût pas pardonné d'entreprendre ; les luttes de monsieur Truber et d'Arnal ont nui à Tun et même à l'autre, et le bon Dormeuil fait comme ses confrères de bonnes petites boulettes quand l'occasion s'en présente. »
C'est ainsi qu'après avoir cédé Levassor [aux Variétés, il vient de reprendre, au bout de deux ans, ce même Levassor. La faute n'est pas de l'avoir repris, mais de l'avoir lâché.
Dans son petit local, tiède coirime une chaufferette d'ouvreuse, mon ami Dormeuil n'avait à effacer que les traditions plus vineuses que théâtrales du café de la Paix ; dans ce petit théâtre ressuscité il y a douze ans, et que je compare à une vieille tabatière retrouvée dans la poche du Palais-Royal, il n'avait pas, comme moi, à faire oublier des Potier, des Tiercelin, des Brunet, des Vemet, des Odry, souvenirs burlesques et glorieux ! Tout est facile pour lui, tout plus difficile pour moi et pour mes acteurs, qui valent tous leurs contemporains, mais qui servent sous un drapeau trop illustre.
Or donc, dans l'impossibilité de fournir à toutes les commandes de nouveau qui m'arrivaient de toutes parts, je donnai souvent du vieux, réchauffé avec art, comme il s'en consomme partout, attendu que nous autres directeurs, nous avons tous la même cuisine (voir la catte de tous les théâtres). Mais on se dit alors : « Ça
ne peut pas se passer ainsi ; Roqueplan est venu là pour nous donner toujours du nouveau ! il faut lui montrer qu'il s'égare, il faut le ramener à lui-même; sifflons-lui ses pièces, sifflons-les bien ! » et mes plus intimes amis me sifflèrent des choses qu'ils tolèrent et qu'ils aiment ailleurs.
^ J'ai donné environ quarante pièces au milieu de ces bourras flatteurs pour mon amour-propre de prophète du nouveau. On en a sifflé bon nombre; mais au moins on a sifflé, ce qui est déjà un plaisir refusé ailleurs, où Ton ne fait que bâiller. Il m'est resté sain et sauf un assez bon répertoire auquel je viens d'ajouter votre pièce, que je proclame un des chefs-d'œuvre du genre.
Ah ! j'oubliais de dire qu'on m'a toujours reproché, et ce reproche me flatte, de n'avoir pas mis la main à certains ouvrages malheureux. Comme si j'eusse pu les sauver I Alors je réponds invariablement : a Quand vos habits vous gênent sous les bras, retouchez vous vous-mêmes vos emmanchures? » Ce qui veut dire : Vous êtes bien insupportable de vouloir me trouver de l'esprit et de me croire apte à tous les métiers qui en comportent. Le théâtre est un art à part, qui n'a aucune analogie avec les autres travaux de l'intelligence. Du feuilleton, du roman, on ne conclut pas au théâtre. Le vaudeville est difficile et trop dédaigné. 11 n'y a plus de comédie, il n'y a plus guère que du vaudeville ; c'est presque la seule littérature du théâtre. Le drame même est mort ;
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il se fait insuffler du yaudeviUe, et le boulevard chante sur toute la ligne.
Voilà ce que je vous ai souvent dit, mon cher Théophile, et ce que j'écris avec votre plume et votre encre, sinon avec votre style ; et j'ai ajouté pour vous attirer : Sur mon honneur, il j a parmi les vaudevillistes des gens d'esprit dont j'ai recherché non-seulement le tBavail, mais aussi l'amitié : Dumanoir, Bayard, Duvert ont de l'esprit, quoiqu'ils fassent des choses où il y en a beaucoup.
Le vrai vaudeville est difficile et rare, et voici pourquoi : c'est que les incapables ne peuvent pas le faire bon, et que les gens d'esprit tfosent pas le faire trop bon.
Tout homme qui veut écrire pour le public doit résolument lui servir une bonne dose de lieux communs nécessaires au succès : si vous traitez une scène, dangereuse uniquement à cause de sa nouveauté, il faut pour la sauver qu'un des personnages reçoive immédiatement un coup de pied quelque part, ou qu'une porte se ferme franchement sur le nez d'un autre. La salle entière se met régulièrement à rire aux éclats et la scène passe.
Un calembour — je ne dis pas un mot d'esprit — a besoin, pour être bien senti, de circuler longtemps dans les petits journaux et dans le monde.
Scribe, le titan du théâtre moderne, débite son esprit avec des procédés analogues à ceux des négociants en vins. De même que ceux-ci ne mettent leur liquide dans le commerce qu'en raison de la date de la récolte, de même Scribe ne met jamais un effet de théâtre en circulation avant qu'il ait suffisamment vieilli dans sa cave et que le moment précis soit arrivé de le livrer à la consommation. Un jour, je citai à Scribe un mot dont je l'engageais à profiter. Scribe l'écrivit sur un petit portefeuille et me remercia beaucoup en me disantj: « Voilà un mot qui sera délicieux dans deux ans. » — Depuis, j'ai retrouvé le mot dans une de ses pièces. Le mol était à point. — Les journaux l'avaient gâché.
Et cela ne peut être autrement : quand vous voulez amuser le public, quand vous le frappez coup sur coup avec des mots, des situations, des effets de toutes sortes, il faut lui donner un plaisir facile et non une migraine ; il faut le promener dans des intrigues claires qu'il connaît ou qu'il devine, sous peine de l'entendre hurler qu'il ne voit pas et qu'il n'entend pas.
On a dit que le public était injuste et inintelligent; ce n'est pas- vrai. Il n'est qu'égoïste et un peu paresseux, et il a le droit d'être l'un et l'autre. Du reste, tous les publics se ressemblent. Public de théâtre, public d'élections, public d'assemblées politiques.
Personne ne sait mieux que monsieur Thiers ce qu'il faut sacrifier à ses auditeurs : lieux communs, mouve-
ments usés, effets bourgeois, rien ne lui coûte ; il se noie à plaisir dans les plus fades infusions d'idées, dans les plus nauséabondes décoctions d'arguments, et cela de gaieté de cœur, pour couvrir quelque pensée hardie ou excuser quelque téméraire entreprise. Mais comme il se dédommage dans les entretiens familiers! monsieur Tbiers causeur ne converserait pas avec monsieur Thiers orateur.
Je veux, un jour, me recevoir moi-même une pièce que je n'ai pas encore faite, pièce entièrement composée de coups de pied , de portes fermées sur le nez , et autres moyens. Tous les personnages s'enfermeront à leur tour dans des cabinets éclairés par des lucarnes ; les sipènes principales se débiteront du haut de ces lucarnes, ce qui est éternellement plaisant; il y aura une rencontre nocturne, et, naturellement, tout le monde allant à tâtons, on se prendra des mains qu'on ne cherchait pas, on se trompera de porte, — rire général , — les maris feront les galants avec leurs femmes, qu'ils ne reconnaîtront pas, — autre rire général; — surviendra un importun avec de la lumière, — rires furieux ; — tous les personnages se sauveront au milieu d'une hilarité désolante; l'explication aura lieu; monsieur Alfred épousera mademoiselle Henriette, au grand regret de monsieur Dufournel, son oncle, que je forcerai bien à doter sa nièce, parce que je l'aurai compromis dans la scène nocturne, et je suis sûr d'une suite non interrompue de représenta'
tians fructueuses. — Je prends date. L'exploitation de ce sujet est formellement interdite.
Pour revenir à YOtre œuvre, vous souvenez-vous, mon cher Théophile, du jour oîi elle fut lue aux acteurs, et de la drôle de figure que vous .fîtes? La séance fut froide, et, en sortant, vous me disiez : « Je ne sais trop ce que c'est, mais je ne suis pas encore bien sûr d'avoir fait un vaudeville. »
Au bout de quelques répétitions, après ce premier travail, qui d'abord a dû vous étonner, travail qui consiste dans un ânonnement soporifique de rôles non appris, lorsque vous avez vu s'épanouir vos scènes, ressortir vos mots, jaillir vos effets , vous vous êtes écrié avec une expression que je ne traduirai jamais : a Ah mon Dieu ! je commence à croire que j'ai fait un vaudeville ! En vérité, je trouve cela charmant ! »
Avouez que ce travail de tous les jours, cette étude et ce minutieux arrangement des moindres combinaisons, cette recherche du comique, du tendre, du sérieux, de tous les contrastes, que cette succession ménagée d'entrées, de sorties, que cette variété d'intonations et de gestes, que tout cela constitue un art véritable, un art infini, un art de détail queie public ignore; et dites-lui donc désormais, à ce public, que vous avez la mission d'instruire, et que je fais métier d'amuser; répétez-lui bien que ces acteurs si dégagés, si à l'aise dans leurs rôles, et qui semblent improviser un tas de charmantes
bêtises, ont silencieusement médité sur Teffet d'un lazzi, travaillé longtemps le diapason d'une scène , et que le placement d'un calembour est une affaire.
Mais je ne m'attarde pas plus longtemps dans cette causerie. Ce n'est pas que vos lecteurs , devenus les miens, me semblent bien pressés d'écouter le récit de votre pièce; vous autres critiques, vous vous faites, en général , un jeu malin de donner à votre public précisément ce qu'il n'attend pas.
Vous vous montrez avec lui assez cavaliers , je dirai même familiers; c'est généralement de vous-mêmes que vous lui parlez quand il veut une atialyse de nos pièces ; ce en quoi je viens bien de vous imiter un peu. Vous lui racontez votre existence , vos appartements , vos amitiés , souvent vos amours ; vous lui racontez, dans l'hiver, que vous avez trop froid pour écouter des vaudevilles; et, dans l'été, vous lui écrivez de la campagne que vous rêvez sous des arbres.
Il faut, enfin, que je vous dise mon opinion sur ce qui s'est passé, le jeudi 21 septembre, au théâtre des Variétés.
Votre premier acte est charmant. Désiré Reniflard est bien un de ces voyageurs nigauds, comme le sont beaucoup de Français ignorants dans l'art de voyager. Il est tout d'abord bien posé en amateur de couleur locale, en garçon curieux d'aventures, de coups de poignard et
d'intrigues nocturnes.
Tout votre travail devait nécessairement tendre à la
destruction successive de ses illusions : il veut manger, —rien dans l'auberge ; il ambitionne des femmes : deux femmes arrivent, et chacune l'entraîne dans un imbro-
glio qui compromet son existence. Un frère jaloux, un amant jaloux, serrent les nœuds qui enlacent notre malheureux compatriote , arrêté , à la fin du premier acte, sur la plainte de l'aubergiste, qui l'accuse de bruit, d'amourettes et de manœuvres suspectes.
Le motif de cette arrestation a semblé un peu frivole le jour de la première représentation, et vous avez bien fait de remplacer ce moyen par un autre.
Maintenant, quand Renifiard est happé par les algua* zils, et qu'il demande la raison de cette énormité, il lui est répondu : n Monsieur, quand on arrête quelqu'un en Espagne, c'est toujours sans motif; » et Renifiard se paye de cette couleur locale.
Les gens les plus difficiles, même ceux qui ne voient dans le théâtre que la nécessité invariable du mariage de monsieur Alfred et de mademoiselle Henriette^ ont trouvé dans votre premier acte . une scène du premier ordre, et qui prendra désormais le nom de scène des hottes.
Désiré Renifiard cherche un domestique ; on lui amène un gaillard moustachu et fier comme un Biscaïen qu'il est. Au premier mot de Désiré, qui veut tutoyer son valet de grande naissance , celui-ci l'arrête en disant : a Senor, je n'aime pas les familiarités. — Cirez-moi mes
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bottes, » ajoute Désiré. Le valet n'en veut d'abord rien faire, et propose enfin une transaction, a Cirez la botte droite, dit-il, je cirerai la gauche; — ce qui a lieu, et ce qui est parfaitement comique.
J'aimais moins votre second acte. Je l'aime mieux depuis que vous l'avez réduit; mais il contient une beauté de premier ordre. — Je me sers volontiers de cette expression. — Cette beauté est la danse d'Hyacinthe.
Désiré est tombé entre les mains d'un chef de brigands, qui n'est autre que Benito, son domestique. Le drôle dépouille d'abord par état son ancien maître, et, par rancune de la scène des bottes, le force à danser,^ sous la menace de douze tromblons chargés à mitraille. Désiré danse, et c'est bien divertissant de le voir exécuter las Sevillanas, avec un sentiment exquis du grotesque.
U y a, du reste, profusion de mots spirituels dans ce
second acte. Un des voleurs de la bande pousse un
gémissement bien comique : « Les affaires ne vont plus,
dit ce brigand; les hommes politiques nous font du tort ! D
Ce mot est dit par un de mes camarades de collège, aujourd'hui artiste des Variétés, Renaud, avec qui j'ai appris le latin — et le billard, qui en découle, les jours où l'on file.
Un soir, je pris possession du théâtre, sans bruit, sans rien dire, sans assembler les habitants de mon royaume, sans monter sur un pavois. Au ooin d'une coulisse, je
rencontre un monsieur, et Que viens- tu faire ici? — Je viens diriger cet établissement ; et toi? — Moi, je suis de la maison ; je vais jouer tout àTheure le conseiller sourd dans le Maître d'école, d C'était Renaud.
Votre troisième acte, et que cette gradation est heureuse ! est le plus amusant des trois, sans excepter le premier.
Par une foule de complications,'que j'épargne à votre public, habitué cependant à des analyses fidèles. Désiré Reniflard arrive, conduit par quatre brigands du second acte, dans une citadelle que garde un chef du parti carliste, don Ramon. Désiré reste enfermé dans un tout petit donjon, dont la porte est surmontée d'une lucarne, — une lucarne, source éternelle de rire !
Un roulement de tambour annonce un événement. C'est un autre chef de parti qui arrive à la tête de son armée véritable, armée espagnole , c'est-à-dire un tambour, deux généraux et deux soldats : l'un boite, l'autre dort en marchant. — Ce chef s'empare de cette citadelle sur un air triomphal.
Désiré paraît alors à sa lucarne, et sa première exclamation est celle-ci :-(( Tiens! voilà le gouvernement changé! quatre hommes et pas de caporal, cela suffit pour prendre une citadelle. » Il était temps que cette exclamation arrivât, car on m'accusait déjà, mon cher Théophile, de vous avoir ménagé les figurants et, par
a66 LÀ VIB PARISIEHNE
une lésinerie mal entendue, donné une année invraisemblable.
On ne devinait pas que c'était, de votre part et de la mienne, une intention de coloris.
Désiré passe devant un conseil de guerre; il s'y mon-
Ire d'abord fort bravache, parce qu'il sait d'avance, par une modiste, que les fusils ne seront chargés qu'à poudre. Il avait eu quelque peine à croire à cette suppression de balles ; mais, sur l'assurance de la modiste, qui lui avait dit : « Fiez-vous à moi, les fusils ne seront pas chargés, et, d'ailleurs, vous le sentirez bien, » Désiré déploie un beau calme devant ses juges. « Je veux être fusillé! s'écrie-t-il dans le délire de son courage. — ^Pendu lui dit-on; pendu! » Ici le cas est extrême, l'intérêt redouble et le dénoûment approche.
" Une fanfare de trompette annonce encore un événement. Cette fois, c'est Benito; le chef des brigands, qui vient à son tour s'emparer de la citadelle. Explication de ce procédé lui est demandée par les héroïques défenseurs de la place.
(( Je passais tranquillement avec mes hommes sur la grande route, répond Benito, nous avons vu la porte du fort ouverte, et nous nous sommes dit : Tiens, si nous prenions la citadelle ! et nous la prenons. x>
Ce qui fait dire à Désiré : a G*est insupportable! Dans ce pays- ci, on ne peut pas causer cinq minutes sans voir le gouvernement changé. »
LA VIE PARTSIENIfE 267
En définitive, tous les héroïques assiégeants et assiégés s'embrassent, ce qui est bien espartérien. Grâce à la venue de Benito, .Désiré échappe à la corde. Benito pousse même la magnanimité jusqu'à lui offrir un portefeuille en dédommagement de ses habits volés dès le premier acte. Qu'y a-t-il dans ce portefeuille? Des cortès, des rentes espagnoles! « Je suis encore volé! » s'écrie Désiré, qui propose au brigand de lui échanger ces valeurs contre un cahier de papier à cigarettes.
C'est donc un brigand qui dénoue l'action, ce en quoi Je vous approuve, mon cher Théophile ; car, dans cette triste Espagne d'aujourd'hui, les faits ne se passent guère autrement.
Vous avez pris de très-haut la question espagnole, en la portant sur le théâtre, destiné à corriger les mœurs. La représentation de votre pièce serait d'un effet bien salutaire de l'autre côté des Pyrénées ; nos voisins riraient d'eux-mêmes, au lieu de s'égorger. Les plaisantes campagnes d'Espartero et autres sont le plus amusant vaudeville de notre temps, où il n'y a plus d'épopées. Des esprits moroses vous ont peut-être déjà reproché d'avoir ainsi travesti les mœurs d'un peuple voisin.
Ceci est très-niais. Voisins ou pas voisins, tous les peuples d'Europe nous font sur leurs théâtres une guerre à outrance. En Allemagne, en Russie, en Angleterre, le personnage français est toujours un vaurien, un fanfaron sans courage, sans chemise et à peu près sans pantalon.
â68 LA VIE PARISIENNE
Les Espagnols, puisque Espagnols il y a, s'amusent à Madrid et partout, depuis le IQ mars 1842, d'une saineie de don Rodriguez Rubi, intitulée las Vantas de Cardenos.
11 y a dans cette sainete un Français nommé monsieur Pierrot, soumis à toutes les avanies imaginables. Ge monsieur Pierrot est lâche, gourmand, battu, et ses vices ressortent au milieu des pompeuses vertus de ses interlocuteurs.
La censure française se montrera spirituelle et même nationale en nous permettant ainsi quelquefois de prendre des revanches fines et délicates de toutes les ordures dont ont salit notre nom français sur les théâtres étrangers.
Ces moroses esprits ont manifesté quelque opposition à la fin de votre vaudeville. Ils n'étaient que deux ou trois, et cela m'étonne, car votre piftce n'est pas absolument faite dans le but de marier monsieur Alfred et mademoiselle Henriette, quoique à la fin vous ayez cédé à cette loi du théâtre en promettant Rosine à Désiré Reniflard.
Votre Voyage en Espagne est un espace dans lequel vous avez donné à danser à toutes les facultés de votre esprit ; et, si les gens qui me demandent toujours du nouveau ne sont pas contents, je vous engage à les trouver difficiles, car toutes vos plaisanteries sont joyeuses, et l'on doit me savoir quoique gré de vous
avoir recruté au milieu de vos vers, de vos livres, de vos rêveries poétiques, pour vous enrégimenter vaudevilliste.
Personne n'y perdra rien : ni le public, ni vous, ni moi. Vous avez vu le feu ; pour un conscrit, vous Tavez bien supporté, et je remercie les trois ou quatre sifflets qui vous ont aguerri.
N'est-ce pas que c'est bien la sensation supposée de la lusillade et de la mitraille ? N'est-ce pas que cela comprime un peu le diaphragme? Mais n'est-ce pas aussi que cela donne du cœur et de -la témérité, et qu'on brave avec une certaine férocité ces coups anonymes qui partent d'un bataillon invisible?
Prenez pitié désormais, mon cher Théophile, de vos nouveaux confrères qui s'exposent si souvent à ces exécutions publiques : je ne vous parle pas de nous autres directeurs, qui jouons dix fois par an notre fortune, mais des auteurs, qui jouent leur réputation et leur amour-propre.
La petite pièce de vers qui termine vos trofc actes est un divertissement très -audacieux; mais que n'osez-vous pas en vers comme en prose?
Comptons les résultats : vous n'avez pas dérogé.
Je vous ai lié avec un collaborateur charmant, que j'appellerais publiquement le jeune Siraudin s'il avait plus de cheveux : mais à quoi bon des cheveux ? N'en avez- vous pas pour deux? Siraudin est auteur de la Venr
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detta, une des jperles de mon répertoire : c'est une intelligence qui vous est sympathique et dont le contact vous a bien servi.
Si vous me demandez à présent pourquoi je vous raconte-là une foule de choses que vous savez, pourquoi, par exemple , je vous ai rendu compte de votre propre pièce, je vous répondrai à peu près ce que vous faites répondre à Heniflard quand on Tarrête : « Dans le feuilleton, quand on écrit; c'est toujours sans motif. »
Sachez-moi gré, mon cher Théophile, de la manière dont votre ouvrage a été monté. On ne croira pas ce que je vais déclarer, si je ne vous prends à témoin. — N'est-ce pas que tous ces costumes sont réels et nous ont été envoyés par Espartero lui-même, qui se défait de ses nippes de guerre, comme un comédien, retiré du théâtre, vend sa garde-robe? — N'est-ce pas que les sites ont été pris sur nature et que vous avez frémi vous-même dans le défilé caverneux du deuxième acte? — Et le df cor du troisième, comme ce sont bien les Âtarazanas !
Dieuy le mauvais temps, et les réclames aidant, il est impossible que le Voyage en Espagne ne fasse pas beaucoup d'argent.
Je ne sais trop quels avantages et quels inconvénients vont me revenir de ce que je fais aujourd'hui en prenant votre place; quant à vous, ne pas vous louer
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vous-même, c'est un acte de bon goût et de bonne paresse.
Vous avez un confrère, doublement confrère, qui ne dédaigne pas les inconvenants profits d'une double position d'auteur et de critique, et qui déjà même, en cette dernière qualité, vous a taillé une ample croupière. Ce confrère est monsieur Varin.
Dans un journal aux allures vives et dégagées, oîi la platitude de ses feuilletons produit l'effet d'un trou, cet écrivain de programmes adule ses propres vaudevilles et médit, comme il peut, des vaudevilles d'autrui.
Martaiaville disait : « On ne" peut à la fois tendre le dos et jouer des verges. »
J'abandonne cet amphibie à votre grandeur d'âme, et, si monsieur Varin m'apporte jamais quelque chose de bon, je vous le recommande.
Avant de commencer cette lettre, je me suis demandé si j'y étais autorisé par quoi que ce soit, si ce n'est par votre complaisance et voire amour des situations facétieuses.
Dans le fait, c'est un renversement assez nouveau de toutes les règles, une petite saturnale dramatique.
Mais, en vérité, le fait s'appuie sur un antécédent. Un de mes confrères, homme d'un esprit incontestable, qui a fait ses preuves en vers, en prose, en tragédie, en vaudeville, en administration, et qu'une docte assemblée a, depuis longtemps, appelé dans son sein, ne confie-t-il
pas à la publicité radmiration qu'il éprouve pour lui* même, pour ses œuvres et pour la ventilation de sa salle de spectacle ?
Et que peut-on me reprocher, à moi qui par accident vous emprunte l'espace de votre feuilleton, quand mon confrère a fait clicher cette rédaction si concise, si énergique par le contraste, cette rédaction que les colonnes de tous les journaux et les colonnes du boulevard se disputent depuis six mois :
ACADÉMIE FRANÇAISE, — grande baisse de prix ^ etc., etc.
Adieu, mon cher Théophile, chargez-vous lundi prochain de rendre à tous mes acteurs la justice qu'ils méritent. Je les ai trouvés excellents, et il est bien naturel que je 'vous charge de les remercier.
Votre dévoué, etc.
[Presse, septembre 1S4!(.)
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