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POUR LE 1" JANVIER

Ainsi, demain, quand le journal vous arrivera avec deux chiffres changés au millésime, il y aura vingt ans. Vingt ans révolus, depuis la date marquée sur notre épaule avec le fer et le feu. C'est beaucoup de vie renouvelée. C'est la prescription naturelle des plus longues souffrances,

1. Il m'a paru que ces pages, écrites il y a deux ans, étalent Pavant-propos le plm eonreoabk ans étadee d'histoire et de littérature qu'on trouver.! plus loin. Quelques-unes de ces étude* sont antérieures, d'autres plus récentes; mais, si Je ne me trompe, elles témoignent toutes par quelque endroit des pensées et des préoccupations que j'eatayail d'exprimer au premier jour de 1800. — (Janvier 1892.)

IU.i.AIIDS HI8TOR. ET LITTÉH. 1

dans ce pauvre cœur de l'homme qui a reçu le remède humiliant de l'oubli, afin que le monde ne désapprît pas de sourire. Et pourtant, nous qui l'avons vécue, cette année 1870, nous ne croirons jamais qu'elle s'est éloignée de la même fuite que les autres ; elle est toujours d'hier, elle nous tient, nous sommes encore pris dans ses décombres. 11 y a dans nos âmes des places stérilisées; tout ce que la vie a replanté depuis lors y pousse mal, avec des fleurs trop pâles. Pour un peu, nous répéterions ce que disait Montaigne, longtemps après qu'on lui avait changé son calendrier Julien : « Mon monde est failly, ma forme est vuidée ; je suis des années auxquelles nous comptions autrement. » Et nous ajouterions volontiers, quand on nous parle des nouvelles façons de vivre et de penser : « Cette règle touche ceulx qui ont à estre. »

Mais ceux-là, quels sont-ils? L'année où nous entrons va apporter sa classe. Chose étrange à penser, ils ont vingt ans; ce sont déjà des hommes, avec du poil au menton, et ils n'ont pas vu. On les mettait dans leurs berceaux, tandis que leurs pères combattaient, on emportait ces berceaux devant l'invasion ; leurs mères les veillaient en effilant de la charpie, ils dormaient leur premier sommeil au bruit du canon. Par cela seul que leurs yeux n'ont pas vu certaines

images, restées dans nos yeux derrière toutes les visions ultérieures , tout le spectacle du monde doit affecter différemment leurs regards. Ce qui fut pour nous, ce qui demeure la réalité poignante, devient pour eux une tradition écrite, la chose grise et froide, presque douteuse, qu'on apprend par le livre; ce n'est plus de la vie, c'est de l'histoire.

Il nous est très difficile de deviner comment ces jeunes hommes forment leurs idées; cependant, rien n'est plus intéressant, rien n'est plus nécessaire. Une vague nouvelle monte de l'Océan de l'être et vient sur nous; elle peut submerger notre pays ou le remettre à flot; nous avons hâte de reconnaître le murmure particulier de cette vague. Nous interrogeons tous ceux qui ont mission de l'étudier, nous leur crions, comme les gens de Seïr au veilleur d'Isaïe : Cuslos, quid de nocte? Custos, quid de nocte?

Le hasard m'a donné des occasions de causer librement avec quelques-uns de ceux qui vont descendre de la montagne Sainte-Geneviève : jeunes gens ayant pris ou achevant de prendre leurs degrés dans les études supérieures, solliciV-s vers les lettres, les recherches d'idées, et tout occupés de faire leur établissement intellectuel. Il en est qui ont bien voulu me confier leurs essais, es vers, en prose. Ces petits cahiers

montrent les esprits en quête, indécis, avec le tremblement inquiet d'une aiguille de boussole, quand elle cherche son orientation. Je voudrais résumer l'impression qu'ils me laissent, à la façon d'un greffier exact, sans y rien mettre du mien. Oh ! je ne prétends point tracer un dessin complet et arrêté : qui le pourrait? Quelques traits seulement, les plus saillants, les mieux dégagés. Il n'y a pas grand intérêt à entreprendre ces nouveaux citoyens sur les sujets de politique pure; l'entretien est vite clos. Cette matière ne les passionne pas. Sans doute, ils ont un vif besoin d'indépendance, ils tiennent à leur liberté d'action et de pensée : si une main imprudente touchait à ces conditions essentielles de leur vie, l'étonnement se changerait aussitôt en révolte. Mais ces biens leur paraissant acquis en tout état de cause, indiscutés comme l'air qu'ils respirent, ils se soucient médiocrement du reste des théories politiques, des formules, des enseignes. Si Ton professait demain un cours sur le moyen de se procurer le meilleur gouvernement, il ne faudrait pas compter sur eux pour remplir l'amphithéâtre. Us acceptent leur pays tel qu'ils l'ont trouvé en y prenant place, sans enthousiasme, sans impatience, comme on habite tout naturellement la ville où le sort nous a donné un gîte; l'idée de la raser pour la reconstruire sur un nou-

veau plan, cette idée qui faisait jadis les délices de chaque Français intelligent, perd infiniment de terrain dans les générations montantes.

C'est un phénomène surprenant, en France, une jeunesse qui n'éprouve pas le besoin de changer le gouvernement. Autrefois, dès l'âge le plus tendre, chacun avait sa cocarde à son chapeau. Je me rappelle l'entrée au collège; le petit naufragé était lâché dans la grande cour, le cercle se formait autour du nouveau; après qu'on lui avait demandé son nom et son âge, les premières questions étaient celles-ci : « Qu'est-ce que tu es? bonapartiste, républicain ou henriquinquiste? » C'était la nomenclature d'alors, en langage d'écolier. Bien rarement, un enfant obtus ou méfiant répondait : « Je ne sais pas, je ne suis rien. » Celui-là, son compte était réglé : coups de pied et coups de poing tombaient sur lui drus comme grêle. Au sortir du collège, en avançant dans la vie, j'ai vu la nomenclature varier et s'enrichir; mais tous les partis continuaient de s'accorder sur un point, la juste distribution de coups à « celui qui n'était rien ». Aussi, je ne reviens pas de ce changement capital : aujourd'hui, beaucoup de jeunes gens « ne sont rien ». Je sais qu'il y a des groupes turbulents, et qu'avec un peu d'industrie on réunit sans peine les éléments d'un monôme, pour manifester dans

les grandes circonstances, pour applaudir les périodes d'un tribun. Je suppose qu'on en trouverait d'autres, élevés dans de fermes principes, encore prêts à se battre pour une substitution d'étiquette. Mais je ne parviens pas à les rencontrer dans le monde des jeunes travailleurs. C'est même un des griefs que les gens d'âge et d'expérience allèguent le plus souvent contre cette génération sceptique. Il en dut être ainsi à d'autres époques, à la fin des guerres de religion ou après la Fronde; quand de nouveaux venus, las de continuer les querelles paternelles, s'occupèrent d'autre chose que de bouleverser l'État. Les vieux ligueurs et les vieux frondeurs devaient traiter ces pacifiques de propres à rien.

A défaut d' « opinions politiques », on voit poindre chez les plus réfléchis une autre préoccupation : ils commencent à s'inquiéter des problèmes sociaux. Souci bien nouveau pour la première jeunesse; nous, à vingt ans, nous étions absorbés par nos souffrances d'imagination ou de cœur; nous n'avions pas de sensibilité disponible pour les souffrances populaires, en tant qu'elles n'étaient pas littéraires. C'est le trait caractéristique du moment, cette métamorphose universelle des vieilles passions politiques en aspirations vers les réformes sociales. Elle fait penser à l'évolution qui se produisit dans les.

sciences, quand l'alchimie devint la chimie. On renonce à chercher la formule cabalistique, la pierre philosophale, le gouvernement idéal; on se rabat sur la chimie organique, médicinale. Nos jeunes lettrés y sont bien neufs; on leur a tout enseigné, excepté cela. Mais ils sentent confusément qu'ils ne peuvent plus s'isoler dans leur mandarinat. Quand ils rêvent d'avenir, sur la montagne des Écoles, quand ils choisissent de là-haut le point du ciel où tendra leur essor, ils ne convoitent plus uniquement, comme leurs aînés, le Paris bruyant et frivole des journaux, des théâtres, des assemblées; ils regardent par delà, vers les grands faubourgs énigmatiques et silencieux, vers le monde des peines qu'ils ignorent et qu'ils soupçonnent. Le sentiment de la solidarité humaine grandit en eux; ils comprennent que savoir oblige, comme noblesse; que la science et le talent ne sont pas des dons gratuits, mais des charges, des parts d'usufruit dans l'héritage commun sur lequel les déshérités ont des reprises.

Les inclinations de leurs esprits et de leurs cœurs se déclarent surtout dans leurs tentatives littéraires. Là, je trouve des points de repère certains, des documents précis à l'appui de ces assertions. Je ne parle point ici des cénacles de hasard où l'on s'improvise écrivain, mais de

jeunes gens arrivés au terme des hautes études. Naguère encore, quelques-uns d'entre eux m'exposaient leurs théories et leurs préférences, qu'ils disent partagées par bon nombre de leurs camarades. Voici, en substance, le langage qu'ils tenaient :

« Qu'on ne nous parle plus de l'art pour l'art. Sans doute, nous admirons Flaubert et ses successeurs, les habiles ouvriers qui s'enferment dans une tour d'ivoire pour la sculpter à loisir. Mais comme nous n'avons jamais surpris la trace de leur travail dans une âme, cela ne nous intéresse pas, et nous ne sommes point tentés de les imiter. Le dilettantisme est le grand mal de l'heure présente. Mon Dieu! il en faut un peu pour garder la vie aimable, c'est une des grâces de notre pays de France. Mais quand il dévore tout l'esprit, c'est un vol de forces morales et intellectuelles, fait à la patrie, à l'humanité. Nous devons à la patrie le service de l'intelligence, ceux qui en sont capables, plus impérieusement encore que le service militaire. Si le goût de l'abstraction littéraire nous en détourne, nous devons lui sacrifier ce goût, comme nous lui sacrifierions au besoin d'autres passions plus violentes. Au moment grave où nous sommes, nous ne concevons plus une pensée qui ne se traduit pas en action, en action sur le plus grand nombre d'hommes pos-

sible. L'art doit se proposer une fin sociale : il ne s'agit pas d'en faire un prêche; mais au lieu de se replier sur lui-même, il doit s'élargir, exprimer toute la vie moderne, ramasser les foules qui lui échappent, atteindre ce peuple par la simplicité et la sympathie. Dans notre état de société, il est inadmissible que le divorce continue entre ces multitudes obscures et de petites églises de lettrés. Le problème est de concilier l'action populaire avec les exigences délicates de l'esthétique. On l'a résolu en d'autres temps, on a dit à tous les hommes, dans une belle langue, des choses fortes et dignes de durer. Yoilà ce que nous voudrions essayer. Nous comprenons que la première condition, c'est d'oublier qu'il existe un métier littéraire, des gens de lettres, des ateliers de mots; c'est de ne chercher qu'en nous-mêmes nos pensées et leur forme. Croyez bien que toutes les écoles nous sont également suspectes. Le naturalisme impassible a fait son temps dans nos milieux. Très usé aussi, le pessimisme. Le réalisme n'est plus en discussion; il faut garder et étendre ses conquêtes, mais en les replaçant dans le vaste monde, qui ne tient pas tout entier dans un jupon, ni dans une culotte. De même en poésie; nous ne sommes plus sensibles à la technique impeccable des praticiens; nous voulons des sentiments et des idées. Le dilettantisme, l'art

pour l'art, c'est comme la politique pure; littérateurs ou politiciens, ceux qui n'ont pas autre chose à nous proposer peuvent remiser leur bicyclette. »

En effet, leurs vers ont ceci de particulier qu'ils sont en réaction marquée contre les parnassiens. On y retrouve la filiation lamartinienne, avec, chez quelques-uns, des résonances d'àme fines et pensives qui font songer à Shelley. Chez d'autres, l'inspiration naît de ce besoin de rapprochement avec le peuple, de cette effusion de fraternité que je signalais plus haut. Je viens de lire un poème qui roule tout entier sur ce thème :

Je crois au siècle comme un fils croit à sa mère, Je ne sépare pas mon sort des autres sorts; Je ne méprise pas le peuple dont je sors, Et j'ai le vaste espoir d'être un jour son Homère.

En philosophie, quand on leur demande quels maîtres ils acceptent, ils répondent : personne. « Les Anglais, disent-ils, et leurs disciples français nous décrivent les phénomènes qui tombent sous notre connaissance comme un tout distinct, isolé, comme un îlot où l'observateur doit s'enfermer. Au delà, c'est la mer de ténèbres, la nuit du mystère, interdite à nos investigations. Nous voulons rentrer en communication avec le mystère ambiant. Nous le sentons sous les choses for-

melles. Tous les êtres nous apparaissent comme l'objet placé entre deux miroirs, prolongé par des séries d'images qui vont se continuer dans l'infini. » — Est-ce donc un retour au spiritualisme classique? Ils s'en défendent aussi. « Le spiritualisme d'antan, quand il tente d'explorer les régions de l'inconnaissable, nous représente une Compagnie de navigation bien administrée, fidèle au cahier des charges officiel, avec son invariable circuit d'itinéraires et d'escales fixes. Vieux et timides bateaux, qui font le cabotage sur une mer fermée. Nous savons d'avance où ils nous porteront. Nous voudrions voir d'autres pays. » — Cette belle confiance est de leur âge. Ils ne veulent pas admettre que toutes les routes de la pensée sont frayées depuis longtemps, et qu'elles ne mènent jamais bien loin; ils se donneront le plaisir de les réinventer et de leur imposer de nouveaux noms. C'est de leur âge. Nul enseignement positif ne les satisfait. Ils ont entendu des voix, ils ne savent pas où, ils partent à l'aventure vers ces vagues appels, ils rôdent anxieux autour de l'autel du dieu inconnu.

En somme, ce qui maîtrise le plus fortement ces jeunes intelligences, c'est l'instinct de la relation entre les choses et des racines profondes qu'elles ont dans l'invisible; c'est le sentiment de la solidarité entre les hommes, le besoin de s 'as-

socier à cette universelle vibration humaine qui est l'électricité latente du monde moral. Nous voyons reparaître dans les générations neuves un des éléments essentiels de notre race : l'âme collective et fraternelle — on dit aujourd'hui la démocratie — du vieux fonds celte, gaulois. Ame des forêts et des brumes, opprimée de bonne heure par la dure discipline romaine, par l'esprit limitatif et hiérarchique de ces Italiotes, venus d'un pays de roches et de ciel clair. Le génie local reprit courage à l'arrivée des Germains, et il trouva un aliment approprié à sa complexion dans l'évangile des pêcheurs de Galilée. Depuis lors, notre sol est le champ d'une lutte perpétuelle entre les deux tendances. L'esprit romain a triomphé dans l'organisation extérieure de notre société; il a façonné notre administration civile, nos cadres ecclésiastiques, il a inspiré les grands constructeurs de la France, un Philippe le Bel, un Louis XI, un Richelieu, un Louis XIV, un Napoléon. Mais, au-dessous d'eux, l'âme antérieure révélait sa persistance par les manifestations les plus opposées; les communes, les croisades, les ordres monastiques, les Jacques, les révolutionnaires de toute foi; elle suscitait indifféremment un Pierre l'Ermite, un saint Vincent de Paul, un Mirabeau, un Saint-Simon et ses disciples.

Elle affleure une fois de plus. Tout annonce une montée de la vieille sève. Tout change. Politiques, philosophes, écrivains, poètes, toutes les dominations acceptées depuis un quart de siècle sont ébranlées; elles sentent les nouveaux venus se dérober à leurs prises. On passe la ligne, les étoiles accoutumées descendent sous le ciel d'hier, les voyageurs cherchent en avant les étoiles nouvelles. Un regard distrait peut s'y tromper et croire que tout dort comme d'habitude, derrière ces feux ternes et rares qui languissent à l'horizon. Je me souviens d'une méprise pareille, en ces mauvais jours d'il y a vingt ans que j'évoquais tout à l'heure. C'était un soir d'août, mon détachement rejoignait le corps, campé sur un revers de l'Argonne, au sommet des coteaux qui entourent Vouziers. Nous approchions, persuadés qu'il y avait peu de troupes, et endormies, sous les quelques feux de bivouac mourants au flanc de la colline. A peine l'avions-nous gravie que notre erreur nous fut révélée. L'armée entière était là, debout, silencieuse, en lignes profondes sur les sillons; elle attendait dans la nuit, l'arme au pied, pressentant l'action prochaine, ignorant d'où viendrait l'alerte, prête à faire front aux bois ou à la plaine, aux premières lueurs de l'aube; nous venions dormir, il fallait combattre.

C'est ainsi, je crois, que nous sommes mal

informés du nombre et de la disposition de ces recrues, dont nous ne voyons que les grand'gardes. Une armée se lève au-dessous de nous, prête à l'action.

Quelle action? Dieu le sait. Je ne me flatte pas d'en préjuger la direction et la valeur, avec les quelques indications que je rassemble. Elles sont presque toutes négatives, et bien indéterminées. Une seule constatation est certaine et rassurante : ces arrivants ont la religion de l'humanité, ils croient sur toutes choses qu'il faut resserrer le lien social et en adoucir le frottement pour les plus faibles.

Tandis que je pense, en finissant l'année, à ce qu'il faut souhaiter pour eux, un beau miracle me revient à la mémoire. Le grand pèlerin bouddhiste, Hiouen-Thsang, nous en a transmis le pieux récit dans la relation de son voyage aux Indes. Le fils d'un roi de ce pays avait perdu la vue; de méchants conspirateurs lui avaient arraché les yeux. Il errait le long des routes et demandait l'aumône en chantant ses plaintes sur le luth. Son père, ayant reconnu sa voix, fit venir un arhat, un saint renommé qui demeurait dans le couvent de l'Intelligence; le roi demanda au cénobite de prendre en pitié l'aveugle. L'arhat ordonna de convoquer les hommes du royaume. « Demain, dit-il, je veux expliquer les principes sublimes de

la Loi. Que chaque homme, en venant ici m'entendre, apporte un vase pour recevoir ses larmes. » On accourut de tous côtés; les hommes et les femmes se rassemblèrent en foule. L'arhat commença d'expliquer les douze causes de l'existence ; et comme elles sont tristes, il n'y eut pas un seul des auditeurs qui ne s'abandonnât à la douleur et ne fît éclater ses sanglots. Chacun recueillit ses larmes dans le vase qu'il tenait à la main. Après avoir fini d'exposer la Loi, le cénobite réunit ces larmes du peuple et les versa dans un bassin d'or. Puis, il prononça cette adjuration : « J'ai exposé les principes sublimes. Maintenant, je désire que les yeux de cet aveugle, après avoir été lavés avec les larmes de la multitude, recouvrent la lumière et voient clairement comme par le passé. » En achevant ces mots, il lava les yeux du prince royal avec les larmes de la multitude, et, sur-le-champ, ces yeux s'ouvrirent à la lumière.

Que la clarté nous revienne par ce remède, et qu'il nous rende toutes les forces perdues. A l'heure où l'on forme les souhaits, c'est celui qu'il faut adresser à ceux qui ont vingt ans.

31 décembre 1889.

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