Essais sur l'Allemagne impériale
îiiriil. Voyant que tous les accidents de l'histoire contemporaine conspiraient à la grandeur du jeune empire, l'esprit public s'affaissa chez nous dans un pessimisme résigné; on échangeait tout bas des ;i\ciix d'impuissance, on s'habituait à vivre avec la blessure d'hier et le péril de demain, en s'efforçant d'y moins penser; on écrivait moins sur l'Allemagne : à quoi bon?
Nous pouvons parler aujourd'hui de cet instant de défaillance; notre humeur a changé encore une fois, et pour le mieux. Des générations nouvelles entrent en scène, elles apportent dans l'élude des choses allemandes les sentiments qu'on devait le plus leur souhaiter : une patience attentive, une confiance en soi sans forfanterie, un esprit de justice qui n'implique aucun oubli. Sans doute, il ne faut pas trop généraliser; on trouve encore, tout au bas de la rue, un public pour les déclamations passionnées et les défis puérils; il fait beaucoup de bruit et peu de compte. H y a d'autre part des témoins de nos mauvais jours, qui furent atteints par le coup à un âge où l'espérance ne refleurit plus : ceux-là s'en vont vers la tombe avec leur foi morte; tout leur est triste présage, ils voient la suite de notre histoire caduque et sombre comme leur propre déclin. Comment leur en vouloir? C'est si humain. Chacun regarde le spectacle du monde
dans le petit miroir où il contemple sa chère destinée individuelle. Mais entre les énergumènes et les pessimistes, beaucoup d'esprits ont redressé leurs ressorts. Je n'en veux pour preuve que les livres sur l'Allemagne publiés dans ces dernières années, que le succès de ces livres. On peut les discuter dans le détail; l'accent général en est irréprochable. Si nos voisins les lisent, ils ne pourront plus nous accuser de légèreté, d'emportement et de faiblesse. Rappelons-nous au hasard le Voyage au pays du Rhin, de M. Weiss; V Allemagne actuelle, d'un judicieux inconnu; YHistoire du prince de Bismarck, par Edouard Simon, œuvre impartiale et consciencieuse, sinon très neuve et très vivante; les travaux considérables qui ont mis en si bonne place le nom de M. Rothan. Voici enfin le volume où M. Lavisse a réuni ses Essais sur l'Allemagne impériale\ nulle part on ne verra mieux ce que l'esprit français a g-agné de pénétration, d'équité, de possession de lui-même.
M. Lavisse est un ouvrier de la première heure. Chargé par l'Université de ce ministère sacré, l'enseignement des générations qui referont la France, il a clairement aperçu l'école où les maîtres doivent étudier d'abord ce qu'ils apprendront ensuite à nos fils. Il a compris que le Français le plus instruit ne saura désormais rien d'utile, s'il
ne connaît pas l'esprit de l'Allemagne; et, depuis quinze ans, il a ouvert une enquête étendue sur le passé et le présent de ce pays. De cette enqmHc est sortie déjà Y Histoire des origines de la Prusse. C'est, je crois, la première fois qu'on allait chercher avec précision, jusque dans la nuit du moyen âge, la source et l'accroissement de ce fleuve obscur; qu'on nous le montrait fécondant à la longue ses maigres sablonnières, pour leur faire porter des seigles et des épées. Ce qu'il avait tenté pour la Prusse, l'écrivain semble vouloir l'entreprendre pour le monde germanique tout entier; autant qu'on en peut juger par des fragments parus dans les Revues, il se propose de coordonner, autour de quelques idées directrices, ses études sur les origines de la civilisation allemande et du pouvoir impérial; il prend la conception romaine du César œcuménique, au moment où elle s'échappe du monde latin, il la suivra dans ses migrations et ses métamorphoses, de Rome à Aix-la-Chapelle, à Ratisbonne, à Francfort. Quand l'historien se repose, c'est encore l'Allemagne qui l'occupe, celle d'aujourd'hui; il va la visiter en touriste; il en rapporte les croquis rassemblés dans ce volume d'Essais.
Le Parlement, les partis socialistes, l'émigration, la crise économique, l'état politique de l'Allemagne, tels sont les principaux objets qui ont retenu l'attention de M. Lavisse. Il a sur chacun de ces objets une information abondante, des réflexions amassées, des chiffres quand il en faut, et surtout des observations directes. S'il nous parle du Reichstag ou des réunions socialistes, c'est au sortir de la séance, avec les paroles des orateurs encore vibrantes dans son oreille. Voilà, ce me semble, l'indéniable supériorité des voyageurs actuels sur ceux d'autrefois. Jadis, le Français à l'étranger vivait sur de vagues ondit; ignorant de la langue, réduit à la société de quelques intermédiaires toujours les mêmes, pris dans la plus haute et dans la plus basse classe, il partait avec ses préjugés dans sa malle, revenait avec d'ingénieuses inductions ou des amplifications brillantes, mais il avait traversé le monde sans que sa pensée fût sortie de France. Voyez les plus fameux, un Chateaubriand, un Lamartine, un Gautier; leurs esprits et leurs curiosités diffèrent, mais tous ont passé dans la nue, regardant les monuments, les aspects pitto-
resques du pays et do l'homme, feuilletant quelques livres, fréquentant quelques salons; de la masse impénétrable qui murmure au-dessous d'eux des choses inintelligibles, ils ont recueilli tout au plus une anecdote instructive, un mot typique de lazzarone. Stendhal est peut-être une exception unique par sa façon de regarder. Voyez les pires, ce hâbleur de Custine, par exemple; ils ont suivi la grande route, écouté les propos de table d'hôte, et tout pris pour argent comptant.
Aujourd'hui, le plus modeste voyageur est mieux armé; presque toutes les nations font leurs affaires dans des assemblées, il ne tient qu'à lui d'aller entendre comment elles se jugent ellesmêmes; et son champ d'expériences lui est indiqué par l'inclination commune de ce temps, qui nous sollicite à nous pencher vers le peuple. Si ce voyageur est un historien, sa discipline intellectuelle l'a merveilleusement préparé; ce souci du document exact, qui l'empêche parfois de bien voir les grands ensembles de l'histoire morte, le sert à souhait quand il regarde l'histoire vivante se faire sous nos yeux.
C'est avec cette préparation que M. Lavisse fouille la vie allemande. La place me manquerait pour le suivre dans le détail de ses recherches, pour discuter avec lui quelques points où nous différerions de sentiment. Je préfère insister sur
l'esprit général de son enquête. Mais quoi, diront les dédaigneux, un recueil d'articles ne donne jamais qu'un livre fort mince. Je ne suis point de leur avis. Ce qui fait l'unité et la vraie substance d'un livre, mieux que tous les cadres artificiels, c'est le développement d'une intelligence attachée pendant de longues années au même sujet, y revenant avec des retouches successives, livrant ainsi le secret de ses évolutions intimes.
Le premier de ces Essais a dix-sept ans de date; il fut écrit pendant l'invasion; on y sent de l'amertume et du découragement. Dans les autres, échelonnés depuis cette époque jusqu'au moment présent, la vue se raffermit, s'étend, se rassérène; comme l'estuaire d'un fleuve alimenté par des eaux nourricières, cet esprit s'exhausse avec les années; la justice s'accroît, la confiance revient. L'avouerai-je? Les habiletés secondaires de la •composition me laissent si indifférent, que je préfère aux articles mieux soignés ces simples Notes d'une excursion en Allemagne, où les idées de l'auteur jaillissent plus touffues dans leur désordre. Il y en a de si pénétrantes! Par exemple ce passage où l'observateur réfute le reproche d'hypocrisie que nous faisons volontiers à nos voisins. — « Hypocrisie, c'est bientôt dit; mais étudiez une phrase allemande. Voyez comme elle •se meut, par quelles traverses, après quels heurts
et quelle stagnation elle arrive au but, à moins qu'elle ae veuille arriver à rien. Voyez comme elle se modèle sur la réalité des choses et sur la complexité dos idées, ne faisant violence ni aux unes ni aux autres, les recouvrant de la forme qui leur convient, analysant toujours... La phrase allemande est un moulage, la nôtre une sculpture. » Toujours revient la note virile, où je crois entendre la dominante de cet esprit. Dans un des musées qui font la gloire de Berlin par leur organisation intelligente, M. Lavisse rencontre deux de ses élèves : on cause. « Nos sensations sont d'autant plus vives qu'elles font frissonner nos blessures. De découragement, il n'est pas même question. Nous sentons la nécessité de l'effort, et combien il doit être grand; mais nous y sommes stimulés à grands coups d'éperon. » Voilà une façon de sentir qui confère à un maître brevet pour enseigner la jeunesse. Nous lui devons d'abord la vérité; mais, étant la jeunesse, elle ne nous écoutera que si nous lui donnons aussi l'espérance.
Le volume est précédé, je devrais dire couronné, par une courte préface. C'est un morceau exquis. Nulle part, — sauf peut-être dans son introduction à la Géographie de Freeman, — M. Lavisse n'a mieux montré le don qui fait de lui un historien pratique. Il ne cultive pas l'his-
toire comme un jardin d'agrément ou comme une collection de botaniste, mais comme une terre de plein rapport pour les besoins du présent. Il a la vue totale et rapide du passé, l'habitude de le parcourir à grandes foulées, d'y ouvrir en quelques mots de longues perspectives; il en revient les mains pleines de leçons d'une application immédiate. Ils en savent quelque chose, ceux-là qui ont lu les pages suggestives de M. Lavisse sur l'ancien système de nos alliances, sur l'œuvre des rois de France, composant leur domaine pièce à pièce, comme le paysan son champ; ceux-là n'ont pas oublié le mouvement d'éloquence qui conclut sur ce beau rêve, l'église de Potsdam s'ouvrant pour une déclaration solennelle... et impossible. Ce n'est qu'un rêve, l'auteur le sait bien, mais un de ceux que l'on fait quand on s'endort sur le côté du cœur.
De même qu'on suit l'épanouissement de la pensée, dans ces écrits échelonnés sur une longue période, on y surprend la formation d'un style personnel. Il arrive, dans cette même préface, aune langue excellente, où chaque phrase a sa vie propre et son effet original, avec des traits qui se gravent, de grands rassemblements d'idées dans une image. La prose légère, transparente, est portée par ces idées, c'est un rideau de soie claire, soulevé par des vents qui viennent de loin et de haut.
J'ai plaisir à insister sur ces qualités. Au milieu de nos abaissements littéraires, les grandes traditions intellectuelles de ce pays ont trouvé un de leurs meilleurs refuges dans notre école historique. M. Lavisse n'y est pas le seul, mais il y prend une des premières places. Après l'avoir lu, je ne puis m'empôchcr de penser que M. Guizot se reconnaîtrait dans ses petits-fils, qu'il retrouverait chez eux ses vues larges sur la philosophie de l'histoire, avec quelque chose de plus jeune et de plus ému dans l'expression, des cordes qui ont souffert et frémi.
Il verrait le développement de théories nouvelles appuyées sur une étude plus exacte de l'homme. Hélas! il verrait aussi les plaies nouvelles que la raison se fait à elle-même, quand sa logique rigoureuse déchire les replis secrets de la conscience. Ici, je voudrais indiquer une réserve. — « La paix est la condition normale de l'humanité... », nous dit l'auteur de la préface. En est-il bien sûr, lui qui a lu l'histoire! Si l'on creusait ce passage et quelques autres, on pourrait se donner le triste plaisir de mettre à nu une contradiction irrémédiable, le point douloureux qu'on retrouve au fond de beaucoup d'âmes contemporaines; ce point où l'intelligence critique, habituée à expliquer les phénomènes avec les données de la science positive,
se heurte à des devoirs sacrés, à cette religion dernière de la patrie qui ne souffre pas de discussion.
Il faut refouler en nous ce conflit terrible; dès qu'il apparaît, il faut admettre que nous touchons la limite de notre pouvoir de conciliation entre des vérités d'ordre différent. Dans ses souvenirs de l'invasion, M. Lavissc raconte comment le garde du génie Henriot fit sauter la citadelle de Laon; c'était, dit-il, « un vieux soldat auquel les malheurs de la patrie avaient troublé la tête ». Où va la pensée, une fois partie sur ce mot? L'action d'Henriot vint trop tard, je l'accorde ; mais légitime et superbe une heure plus tôt, elle eût procédé du même état mental. Alors, l'officier qui fait sauter son navire? Cela s'appelait héroïsme. — Tête troublée... C'est vrai peut-être pour le médecin; mais il n'est pas moins vrai que le jour où chacun raisonnerait ces choses, il n'y aurait plus personne pour les faire, et nous serions marqués pour la mort en tant que nation. Admirons sans expliquer ni juger. Je suis certain qu'aujourd'hui, plus maître de sa plume, M. Lavisse n'écrirait pas cette ligne.
En revanche, il récrirait avec la même mélancolie celte page qu'il datai I <lc Berlin, Tan passé : « Je lis ici les journaux français : que de haines parmi nous! Ce que les uns honorent, les autres l'exècrent; les arguments partent des principes les plus opposés. On dirait que des nations irréconciliables campent sur le même sol, prêtes à en venir aux mains. N'allons pas à l'ennemi avec des plaies si profondes. Nous avons avant la bataille une paix à faire, la paix avec nousmêmes... » Ainsi le voyageur traduisait cette souffrance bien connue de tous ceux d'entre nous qui ont vécu à l'étranger. Si je parle de ce bon livre avec tant de gratitude, c'est peut-être que je l'ai trouvé sous ma main à un moment où il me réconforta contre une impression de cette nature.
Je rentrais en France, il y a de cela quelques semaines, par la route de Mayence et de Metz, cette route qui s'attarde si longtemps en Allemagne. J'achetais aux gares des journaux, ces feuilles qu'on déplie avec tant d'impatience quand on revient de loin, parce qu'elles apportent d'avance le bruit familier de la maison.
Elles étaient pleines d'un vacarme de honle, elles racontaient le début de ces histoires qu'on s'étonnait de ne pas voir finir avec le bruit sourd et rapide d'une balle '. Ceux qui m'entouraient les lisaient avec satisfaction.
A Bingen, un arrêt du train interrompit ma lecture. Je levai les yeux : une apparition était dans le ciel, le moment la faisait poignante. Au-dessus du Rhin, qui roulait tranquillement ses flots gris au pied des montagnes, au-dessus des coteaux du Johannisberg, où l'or pâle des vignobles montait rejoindre les noirs sapins du Niederwald, au-dessus des brumes qui s'élevaient du fleuve par ce matin d'octobre, la statue de la Germania, dominant l'horizon du Palatinat, dressait son diadème dans la nue. Colossale, établie là-haut dans sa force, comme une puissance maîtresse de l'éternité, on la sentait peser sur toute cette terre, inébranlable sur son socle de rochers, invulnérable dans sa robe de fer, pétrie avec des canons broyés. C'était bien l'Allemagne symbolique, telle que ce peuple l'avait rêvée, la pensée unique de quarante millions d'hommes, fondue dans le bronze et cimentée sur le granit. J'admirais sa beauté. Je ne lui ai pas jeté l'anathème.
Soyons justes, plus justes même que ne l'est
i. Voir la date de cette étude et se rappeler le scandale qui venait d'éclater au ministère de la Guerre.
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parfois le premier serviteur <l<- la pensée allemande, quand il attribue sa fortune à la force <|ui prime le «Iroit. Si cette femme victorieuse lient là-haut le sceptre du monde, c'est qu'elle a derrière elle un siècle de patience, d'abnégation, de vertus civiques. Cela crée le droit à la grandeur. Et les chefs de ce peuple n'avaient pas tort, il y a dix-sept ans, quand ils invoquaient l'aide de Dieu : c'est-à-dire la justice délinitive, voilée à nos regards pendant de longues périodes, mais qui finit toujours par tourner la fortune du côté où des efforts soutenus l'ont méritée. Il faudrait plaindre le Français qui ne comprendrait pas cette vérité, et celui qui, la comprenant, hésiterait à la dire bien haut.
Tandis que la Germania s'évanouissait dans le brouillard, je cherchais quelle statue symbolique nous pourrions dresser en face d'elle, et le sol où nous devrions l'asseoir. L'heure était mal choisie pour cette recherche. En rentrant au pays, je n'y trouvais à la surface que boue remuée et sables mouvants : la dérive d'une politique tour à tour violente et apeurée, et là où l'on se console d'elle, dans les livres, une enchère de scandale ou de futilité. Il faut croire que je ne fus pas heureux dans le choix des premiers que je lus; c'étaient les mieux achalandés du moment, ceux que nous envoyons de préférence aux gares frontières.
Enfin, celui de M. Lavisse vint m'éclairer : il me rappela qu'on ne doit pas juger la France là où les étrangers la jugent d'habitude, dans un certain Paris de gros bruits et de petits hommes. Il en est une autre, cachée un peu partout, mais qui a sa métropole au vrai cœur de notre Paris et de notre pays, sur celte montagne Sainte-Geneviève, le Sinaï où furent élaborées quelques-unes des plus belles lois de l'esprit humain. C'est là qu'il faut aller chercher du réconfort et de l'orgueil, entre les retraites modestes où travaillent nos maîtres et les grandes écoles où la jeunesse vient les entendre, où bouillonne le sang de rachat de la France.
Là, cette jeunesse peut voir sa statue, son symbole, dans le Musée voisin; on sait comment le sculpteur y a représenté noire Jeanne : affaissée sur les genoux, la tête au ciel, écoutant les voix. D'autres ont mis leur génie dans le colosse de bronze du Niederwald; nous reconnaissons le nôtre dans cette frêle enfant de marbre. Ce génie ne se ploiera peut-être pas aux lentes préparations, aux vertus patientes; il est nerveux et soudain, fait de sursauts et d'illuminations; il s'abat vite, comme cette fille prosternée dans son chagrin ; comme elle, il se relève d'un bond, quand une voix le suscite. Et il y a toujours des voix. La communication du secours divin ne cesse
UN IIISTOIUKN l ■•|!.\M.:.\is l.\ ALLEMAGNE 165
jamais. iïlle s'accommode aux lit-soins changeants des siècles, aux tours nouveaux de lVsprit. Les temps Q6 son! plus des cominaudeinenls miraculeux, qui transportaient la foi naïve d'une bergère. Celui (]ui appelle, appelle autrement. Tout moyen ui est bon, et le plus naturel en apparence est uvent le plus mystérieux. A certains moments, le poète, l'écrivain, le professeur sont aussi des voix, parfois inconscientes de la mission qu'elles ont reçue. Comme Jeanne, la jeunesse écoute ces voix, attendant celle qui trouvera le chemin de son âme. Tout l'avenir est là.
Souhaitons à nos enfants beaucoup de maîtres tels que M. Lavisse. Sa parole ne fera pas de prodiges, qui en fait aujourd'hui? Elle préparera simplement ces enfants à faire leur devoir, et ce n'est déjà pas si facile. Cette parole n'est pas infaillible, elle trahit sa part de nos doutes et de nos contradictions; mais elle est juste, virile, elle a le son argentin de l'espérance.
Janvier 1888.