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que et intellectuelle communes, en réduisant des trois quarts le travail des mères éreintées, en libérant les pères irritables d'obligations devenues trop lourdes pour leurs muscles et trop tendues pour leurs nerfs ne rem-placerait pas la famille sur le terrain social qui est et a toujours été sa véritable base, mais s’est profondément modifié alors qu’elle prétendait rester immobile ? Qui nous dit que la suppression de la propriété, en effaçcant des cœurs l’attente de l'héritage, en remplacant l'individualiste évadé comme un forçat du bagne familial par l'individu normalement développé et retrempé dans un organisme rationnel où les inégalités d’aptitudes seraient déterminées par l'égalité des traitements et des moyens, ne referaient pas une famille neuve, délivrée de ces fardeaux épuisants, libérée de ces contraintes excessives qui font du foyer actuel un enfer, et reconstruite exclusivement sur l’amour ? L'amour exige des loisirs, des respirations profondes, des santés calmes, un bel équilibre nerveux. Substituez à la fatigue des uns et aux calculs intéressés des autres dans le cadre étriqué de la famille « chrétienne » l'éducation commune de l’intelligence et du cœur face à l'innombrable vie, à ses mystères incessamment renouvelés, aux mouvements spontanés de la curiosité, de l'amitié, de l'imagination et du désir — peut-être recréerez-vous ainsi, par l'intérieur même des àmes, une famille spirituelle de plus en plus large, dont chaeun des membres sera libre de retourner ses sentiments affectifs vers sa famille naturelle, si toutefois elle reste ou est devenue digne de les accueillir et de les rendre. Vous n'empêcherez pas un enfant d'aimer sa mère s’il est heureux et bien portant, et si reposée, fraîche, propre, belle, cette mère est bonne pour lui.
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