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défend le mieux ses enfants. C'est en les armant Jusqu'aux dents d'idées vivantes. La «révolution », qui na plus grand chose à voir avec l’émeute ni la barricade, mais monte sourdement des profondeurs pour envahir comme une eau souterraine toutes les surfaces expressives de la vie individuelle et sociale, la révolution atteint et disloque la famille comme toutes les institutions humaines ou soi-disant divines sur la terre, et il faut bien en prendre son parti. Il ne s’agit plus de « changer les hommes », et encore moins les petits d'hommes « avant ». Il s’agit de les nourrir «d’abord ». On verra bien si la victoire sur la crasse et la faim et le retrempement dans l'air etles eaux fraîches ne feront pas plus pour les « changer » que tous les aliments spirituels généralement frelatés dont les gavent les programmes officiels, les routines familiales et les disciplines dogmatiques distribués avec une constance tantôt furieuse et tantôt morose sur les bancs des sacristies et des collèges. Et aussi sous la lampe de la salle à manger bourgeoise qui m'éclairait un jour un de ces
« bons pères de famille », ingénieur décoré et respecté,
en train d'ingurgiter de force un verre d'huile de foie de morue à un candidat à l'Ecole Polytechnique âgé de sept ans 1, avant de l'installer devant ses « devoirs ». Qui nous dit que la destruction de cette famille-là en vue de délivrer l'enfance des épouvantables carcans qui pèsent sur ces petits crânes et ces petites poitrines sans s'occuper de savoir si le ventre est satisfait ni si les yeux ont accumulé assez de lumière et les poumons assez d'air, ne serait pas le salut pour tous ? Qui nous dit, par exemple, que la charge entière des enfants confiée à la collectivité, en élevant le quatrième Etat, en ramenant le tiers Etat aux bienfaits de l’éducation physi-