‹ Regards sur la terre promiseChapitre 119 sur 121 · D SE PONT, LTÉE L HR · texte numérisé non relu

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Paul, réconcilié dans une unité devenante les deux absolus exclusivistes du panthéisme et du spiritualisme, et retrouvé, dans l'éternité du drame biologique, la plus haute signification du drame du Golgotha. En dernière analyse, le spiritualisme pur n’est qu'une cristallisation intellectuelle du panthéisme, donc une création de l'homme, donc une négation de Dieu. Aux plus grandes profondeurs de nos sensations physiques et de nos connaissances associées, « le spirituel » c’est la prise de possession intuitive nouveaux rapports toujours en genèse révélés par l’analogie universelle que l'esprit humain est peut-être seul à saisir. :

Avec l’immortalité individuelle dont elle est d’ail-

leurs solidaire, la croyance en l’évolution finaliste est le plus essentiel de tous nos préjugés philosophiques. Le mot « adaptation » doit remplacer le mot « progrès » dans tous les usages généraux et spéciaux que nous faisons des langages humains. L'esprit, même avec un grand E, ne dépassera jamais les limites que lui assignent les lois de gravitation, d'équilibre, de création et de destruction réciproque entre ce que nous appelons « âme » et ce que nous appelons « matière » pour répondre aux exigences du langage courant. Shakespeare et Dostoïiewsky et Jésus lui-même s'y heurtent, et Lamarck ou Newton comme Platon et Aristote. C’est ce qui désespérait Pascal "et ce qui consolait Montaigne. Les uns et les autres n’ont jamais pu mieux faire que danser entre les barreaux de la cage que notre seule liberté possible — et c'est « la liberté » — consiste à déplacer sans cesse pour varier nos perspectives et … maintenir en nous la nécessité de la lutte. La joie …

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d’une adaptation sans fin, ce triomphe de l'homme

libre est là, et seulement là. Elle est en quelque sorte une harmonisation de son énergie morale incessamment arrachée à la tradition, à l'éducation, à l’atavisme, à

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l'habitude, avec cette ‘rigueur grandiose de son univers mécanique que le dynamisme de la vie évoluante — nourriture du poème humain — rencontre inexorablement à toutes les frontières de l'infini télescopique et de l'infini microscopique, pour maintenir l'âme de l'homme, par delà les crises d'amour qui constituent les religions et les crises de désespoir que provoquent les enquêtes de la connaissance, dans l'orbite sévère et pure de la réalité. « L'éducation de soi-même, donc l'effort vers l'adaptation, mène à la naïveté » dit Lao-Tse. Qu'y. a-t-il de plus naïf qu’une terre qui tourne autour de son soleil, un spermatozoïde qui va joindre son ovule, une base qui neutralise son acide, un esprit qui accepte son cornplément matériel pour créer avec lui des combinaisons vivantes ? Je le répète, Un matin

inouïi se lève, et c'est justement à cette heure qu'on

voit l’homme désespérer de l’homme et de son avenir. Ce qu'il y a de plus surprenant en lui, ce n’est pas son génie de renouvellement, c'est sa paresse. Un matin inoui se lève. Acceptez de le respirer. Acceptez de fouler sa lumière grandissante. Qui accepte sera sauvé.

Qui accepte est un homme simple, Et un homme

simple, je vous le dis en vérité, c’est un métaphysicien qui s’ignore un automate divin.

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