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ple ne sont encore parvenus, Lamarck disait il y a déjà plus d’un siècle que notre appréciation des phénomènes de la vie péchait par la base, parce que nous n'y. tenions aucun compte du temps. En vérité, la plupart d'entre nous non seulement n’ont pas la moindre idée que le temps puisse modifier sans repos la figure de l'espace, ce qui me paraît être la plus grande conquête de l’esprit moderne, mais le concept 8 « temps » en soi se réduit lui-même pour eux à la marche des aiguilles de leur montre. Les plus malins d'entre eux en sont encore sur,ce point-là au « darwinisme », cette pétrification libérale, unilatérale, positiviste et égoïste du poème chanté par le vieux biologiste de France. Les autres ont la candeur de croire que tous les problèmes qui se posent doivent être résolus dans lespace, à coup sûr.
apital pour eux, de leur existence individuelle et que les gouvernants, les moralistes, les savants leur font une sorte d’outrage personnel en ne leur en apportant pas la solution toute chaude. Ils n’ont pas la moindre notion qu'ils font partie d'un vaste corps qu anime un mouvement incessant dans une durée sans commencement, sans fin et probablement sans but, et qu'il est impossible de comprendre quoi que ce soit à l'histoire de homme,
de sa Passion, de son esprit si l'imagination et l’intel-
ligence ne sont pas obstinément fixées sur cette réalité
aussi humble que transcendante et si elle n’entraîne
as avec elle vers les plus hautes régions de sa spiri- ! P Ë
tualité toujours en genèse le prodigieux cortège de tous
les hommes, de toutes les bêtes, de toutes les plantes, ‘de tous les germes, de tous les minéraux, de tous les astres, de tous les atomes qui sont et qui furent, detous ceux qui seront et sont déjà à l’état de forces latentes dans l’existence éphémère de chacun de ces êtres-là. L’éner- …
gie immortelle de notre cellule sexuelle nous a été trans-
mise par d'innombrables milliards d'énergies antérieures,
à et nous la transmettons accrue et déjà transformée à £. d'innombrables milliards d'énergies à venir. C'est là EE: « l'Esprit », cette énergie sexuelle indéfiniment héritée, +. indéfiniment transmissible, indéfiniment transposable 4. et répandue dans une infinité d'êtres organiques ou inor- 4 ganiques n'ayant aucun rapport apparent avec nous et , destinés à croître et à se répandre en d’autres infinités. 7 Auprès de ce poème gigantesque et total, que devient + laconception gréco-chrétienne de l'immortalité person- Ù nelle de l’âme, avec sa vanité masquée d’humilité qui 7 aséparé Dieu du monde pour ses petits profits indi- Ÿ viduels et qui domine encore non seulement la morale, à mais la politique et l’économique, et sinon la science, + du moins la plupart des savants ?
Le Si quelqu'un a réellement transposé dans la pensée
contemporaine l’admirable cri de Pascal : « Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde, il ne faut pas dormir pendant ce temps-là »... c'est bien l'Œdipe aveugle qui résolut, durant ses promenades au bras de son Antigone dans les allées du vieux Jardin des Plantes, la nouvelle énigme posée par le Sphinx. La tragédie de l'organisme universel en formation dont l’homme est l’image, et qui triomphe avec lenteur de tous les milieux qu'il traverse en acceptant leurs fatalités pour créer sa liberté propre, conditionne nécessairement sa permanence, par suite l’immortalité de sa masse confuse … où, dans un échange continu, l'esprit s’alimente, et qu'il __a la charge de modeler. La forme n’est qu’apparences, oui. Il ne faut jamais, pour la comprendre, perdre de vue l'esprit qui la parcourt et la sculpte du dedans. Mais l'esprit ne se conçoit que par cette faculté même etla vie, en fin de compte, ne peut être que la révélation réciproque, et par là condamnée à la tragédie perpétuelle, de la forme et de l'esprit. Lamarck est bien le complément attendu et nécessaire de Jésus, il a vaincu saint
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