‹ Regards sur la terre promiseChapitre 29 sur 121 · ARR · texte numérisé non relu

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à un Etat réellement « socialiste » pour le cas d’une guerre où un autre Etat réellement « socialiste » serait aux prises avec une nation soit démocratique et libérale soit autocratique ou fasciste régimes qui tendent de plus en plus à se confondre — apparaît comme une abdication de l'esprit de résurrection et de vie. Le « pacifisme », dans un cas comme celui-là, ne représenterait plus qu’un résidu pitoyable de la morale idéaliste d’une « bourgoisie » dont la domination fut un moment légitime, mais qui perd tout point de contact avec la réalité. En glissant insensiblement du plan politique au plan social, le « pacifisme » risque de tuer la révolution. « Une classe opprimée qu ne s'efforce pas d'acquérir la science des armes, a dit Lénine, ne mérite que d'être opprimée et réduite à l’esclavage. » Il conviendrait donc que cet esprit nouveau, résolument € matérialiste » pour parler un vieux langage qui nest plus au point à mon sens, gagnât de vitesse la politique masquée « d’idéalisme » et de « spiritualisme » qui couvre des combinaisons secrètes de presse

et d'argent, et qu'une dure charpente, débarrassée de

sentimentalisme ronronnant, ou même furieux, supportat l'édifice d'une association positive entre tous les producteurs. C’est la dernière ressource de l’Europe, ‘et du monde. Car je ne suis pas éloigné de croire que l’esprit fluide et fuyant de l'Asie soit préparé lui-même à accepter, grâce précisément à son caractère plastique, l’armature que le machinisme occidental prépare à cette évolution des hommes vers une forme solidaire de l’activité positive et une répartition équitable des moyens de produire et de consommer. Le mensonge suprême des possédants, prenez-y garde, est effectivement de calomnier le machinisme qui assura leur pouvoir, au moment où 1ls s'aperçoivent que la propriété commune de cet instrument incomparable anéantirait leurs privilèges et marquerait, du même coup, l'avènement de la

paix. Une seule forme de guerre me paraît donc encore — ou pour le moment — légitime : celle qui protégerait l'expansion de cette puissance devenue indivise contre tout accaparement.

Etape essentielle, à coup sûr, et la principale, depuis que les grands inspirés se sont tus, dans la conquête d'un rameau d’olivier visible de toute la terre. Et qui ramènera sans doute à l’intérieur d’une humanité unanime, les drames jusqu'ici sanglants des intérêts en préserice. Car la création continue des mouvements de la vie même fait et fera sans cesse surgir des événements imprévus, des antagonismes nouveaux de besoins, d'idées, de passion qui s'opposent à la stabilité mortelle et inventent, pour y échapper, de nouvelles formes de conflit. Effondrements de cloisons qu'on s’imaginait étanches. Cataractes subites dans les vases communicants. Il n’est pas possible d'arrêter dans une forme définitive l'immense enchevêtrement des intérêts moraux, psychologiques, affectifs, religieux, politiques, économiques, tantôt tyrannisants par leurs excès, tantôt empoisonneurs par leur fatigue, des peuples et des sociétés dont les éléments se dépassent les uns les autres, s’étouffent, s’anémient, s’oublient, se combattent, s’annihilent ou s’entr'aident sans arrêt, pour maintenir parmi les hommes la variété cruelle des prétextes d’action qui sont nécessaires à leur vie. Quand la vie devient raisonnable, elle approche de sa fin. Nous n'avons pas le moyen — et c’est heureux — d'interdire nos expériences à nos enfants. Regardez-vous seulement vivre. À mesure que vous unifiez votre activité interne, l'ennemi du dehors s’efface, mais des drames successifs vous révèlent vos ennemis du dedans. La « guerre » aura sans doute

d'autant plus de chances de disparaître que les moyens d'échange et les instruments de relation entre les hommes et les peuples se feront plus nombreux, plus enchevétrés, et Cesseront plus vite d'être la propriété de quelques-uns pour devenir celle de tous. Là aussi, là surtout intervient la révolution prodigieuse qui a doté cette planète d'un appareil circulatoire et d’un système nerveux communs. L'établissement de nouveaux rapports et d’une nouvelle hiérarchie organique peut rendre la guerre impossible par la solidarisation progressive et complète de tous les organes soumis à ces rapports comme à cette hiérarchie. Mais des catastrophes inconnues, comme jl arrive pour lorganisme humain à mesure que les maladies exogènes disparaissent et que la cellule nerveuse exaspérée crée des maladies endogènes, éclateront tât ou tard dans la masse humaine unifiée, par ces ruptures d'équilibre et ces changements de niveau que nous voyions, hier encore, aboutir au drame guerrier, Des bouleversements intérieurs succéderaient alors à la crise extérieure qui verse le sang en utilisant des machines à tuer spéciales, comme le drame spirituel d'un être supérieur désarmé a succédé, dans notre espèce, aux carnages innocents où les dents et les griffes des fauves, la carapace et les pinces des crustacés manifestaient visiblement la fatalité du meurtre. Il est aussi absurde — je ne dis pas aussi inutile — de diviniser la douleur que la joie. Mais il est aussi juste — je ne dis pas aussi utile — d’en reconnaître la nécessité. Tous les procédés extérieurs qu’on préconise pour tuer la guerre — Jusques et y compris l'efficacité croissante de ses moyens de destruction — sont destinés tour à tour à échouer, précisément si l’on persiste à regarder la guerre Comme un phénomène extérieur. Le jour où on reconnaîtra la légitimité de son processus historique mais en même temps l'impasse où il paraît aboutir, le

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titre de noblesse que les peuples d'autrefois avaient octroyé à ce drame qu'ils appelaient « guerre », passera à son cadet pauvre qu'ils. appellent encore « révolution » — jusqu'à ce qu'on lui ait imaginé un nom moins inconvenant. |

Face aux possibilités immenses que les formes embryonnaires d’un avenir indéfini nous préparent à l'heure actuelle, la morale occidentale paraît si comiquement raisonnable que ses propos et ses sentences justifient d'avance, par un paradoxe apparent, les violences que la mystique pacifiste réserve nécessairement à sa paix administrative appuyée sur une mystique de guerre inavouée. Vous appelons sagesse, dit Montaigne, la difficulté de nos humeurs. La vieille Europe, ou plutôt la vieille bourgeoisie européenne, voudrait bien que ses « ennemis » du dehors et du dedans la laissassent soigner en paix sa goutte, son diabète, son lumbago. Le dyspeptique, voire le cachectique, prétend régler l'appétit de l’homme qui se porte bien. Plus souvent! Des dents aiguës luisent. Vous êtes trop riches et trop las derrière vos montagnes de provisions. Vivant sur votre force acquise, vous vous croyez les plus forts. Vous vous dites, et vous nous dites,:à nous les pauvres, et ‘les Jeunes, et les éveillés d’un long sommeil, alors que vous vous armez les uns contre les autres, que les Chinois se déchirent, qu'on se bat en Asie, en Afrique, en Amérique: « C’est nous, vieilles nations rangées, qui imposerons la paix à ces pauvres enfants. » Mais vous n'êtes plus les plus forts, et c'est nous qui devenons les sages, le ventre et les reins ayant leurs raisons que la raison ne connaît pas. Vous avez acquis votre besoin de paix actuel par la guerre et la conquête que vous voudriez exclure maintenant des moyens propres à vous déposséder. Donnez-nous donc la liberté, et tout de suite. Non? A nous la force et la sagesse, qui consistent à vous égorger.

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Vous mentez donc à Vvous-mêmes, puisque vous reniez votre vieille énergie qui détruisait pour construire, celle qui vous à fait édifier sur tant de ruines, tant de sang et de supplices, le merveilleux édifice de l'esprit occidental. Et vous mentez à nous, à qui vous promettez le pain, mais après nous avoir d’abord brisé les dents. Tout le monde ment, ceux qui s'enveloppent dans le suaire du passé, ceux qui portent dans leurs entrailles Pembryon de lavenir. Sans doute parce que le mensonge est une arme morale permanente qui tente de substituer sournoisement à une réalité trop atroce, un prétexte sentimental capable de rallier autour de lui

presque tous les hommes, qui ne peuvent regarder en

face leur effroyable destin. Voyez encore le Maroc. N'y

a-t-1] pas quelque chose de comique — le comique du désespoir — à voir un féodal berbère invoquer le droit

des peuples à se gouverner eux-mêmes pour râfler les troupeaux et les récoltes de la plaine, une république communiste soutenir ce féodal en vertu des mêmes

prétextes, et un vieil impérialisme européen installé:

par droit de conquête sur les terres que convoite ce féodal, le combattre en défenseur désintéressé de la propriété, de la paix et de la morale? Tout le monde ment à la vie, parce que tout le monde est contraint

de confronter des principes qui ne disent plus la vérité:

à la vie qui la dit toujours parce qu'elle porte en soi ses mouvements contradictoires. Si la paix s'organise un jour, je crains bien que ce ne soit-pas sur la morale des juristes qui, pour infliger des amendes conformément aux textes établis, les lunettes sur leur papier, les pieds dans leur chancelière, se laisseront ensevelir sous les ruines de leur palais autour de qui la terre tremble et dans les soupiraux duquel tombe la torche des barbares.

L'homme est Sisyphe en vérité. S'il veut persister dans sa force qui toujours renaît de ses cendres, il doit

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rester Sisyphe, jusqu’à la fin. Ces conclusions, croyezle bien, ne me réjouissent guère. Mais elles ne m'affligent pas. La consolation d'une vue résolument pessimiste du monde est dans ce pessimisme même, qui permet de dépenser son cœur sans abdiquer son Jugement, Elle est aussi dans le sentiment que sans but visible, ni même réel, la vie est malgré tout destinée à créer, recréer et imaginer sans relâche, alors que la première catastrophe morale venue fait croire à l’optimiste que son « idéal », modelé sur un puéril apriorisme, est mort à jamais. [1 dit bien quelquefois, et c'est ce qui Le console : € jé finirai paravoir raison ». À quoi le pessimiste peut répondre avec douceur : « Non! tu n'auras jamais raison, parce que {1 as toujours raison. AU Mmoment où tu crois possible une chose, où tu te l'imagines passant de l’idée dans le fait, un bonheur ingénu linonde et se répand de proche en proche autour de toi. Or, ce bonheur alimente un mirage propre à voiler à presque tous une réalité qui m'a fait trop souffrir jadis, moi, pessimiste, pour que j'exige d'eux et de toimême la force de la supporter. » Ceux qui croient supprimer le « mal », alors qu'ils le déplacent seulement en supprimant un prétexte du € mal », travaillent de leur mieux au cheminement de la vie en entretenant dans la vie un enthousiasme anxieux nécessaire à sa marche. Ils tuent les illusions mourantes. Ils créent les illusions vivantes. Que la paix soit donc avec eux, Jusqu'au cœur sanglant de la guerre. ES

« On n'a pas le droit », me disait un jour un grand homme, « de semer le désespoir dans le monde ». Que n’ai-je la voix assez forte pour-affirmer au monde qu'au delà de son désespoir, comme au delà des douleurs de la femme qui enfante, germe une espérance nouvelle, celle qu'apporte, à la seconde même où il pousse son premier cri, le formidable nouveau-né. |

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«L'homme doit étre élevé pour la

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ment du querrier. Tout le reste est ï folie, »

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« Le sexe faible, »

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Un regard superficiel sur le monde contemporain montre un brassage profond entre tous les peuples de la terre. Plus appuyé, il dénonce chez chacun d'eux le besoin désespéré de conserver ses caractères. Et ceci est évidemment la conséquence de cela.

Il est certain que la multiplication des moyens de. pénétration mutuelle et la guerre ont provoqué en chacun d'eux une cristallisation brusque de leurs valeurs ethniques, religieuses et culturelles, Il est certain que

le capitalisme international en Joue poür accroître son pouvoir et entretenir partout une psychose guerrière qui défigure ces valeurs sous prétexte de les accuser. On a raison de voir en lui le principal artisan et surtout le seul bénéficiaire de Ha tragédie qui se joue. On aurait tort de le charger exclusivement des crimes et des misères qu’elle entraine, car l’enchevêtrement - immense des sentiments, des intérêts et. des idées de tous se prête, avec une infatigable complaisance, à faciliter son action, et parfois à le rendre inconscient de

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ses conséquences. Son caractère international même pousse les peuples à des contacts et des échanges qui contredisent etsouventcontrarient ses intérêts les moins avouables. Et l'appel incessant de son nationalisme de façade à l'instinct de conservation de ces peuples est susceptible, dans la mesure ‘où recule léchéance de la guerre, d'amener sa suppression où sa remise indéfinie, chacun d’entre eux tendant si fanatiquement à persévérer dans son être qu'il peut créer, chez l’agresseur possible, la crainte salutaire d'en affronter les périls. Ne pourrait-on pas croire qu'il s'établit peu à peu, entre le nationalisme conservateur et l’impérialisme oppressif, une discrimination capable d'aller Jusqu'à l’antagonisme et d'infliger au second là plus décisive défaite ?

S1 l’on veut bien considérer le complexe « patriotique » indépendamment des excitations intéressées que les puissances d'argent entretiennent, on constate déjà quil n'offre pas partout la même physionomie. Songez

au nationalisme du Japon ou des Etats-Unis, de l'Italie

ow de la Pologne dont la croissance semble obéir à des mobiles physiologiques ‘irrésistibles soit par un besoin matériel de trouver des débouchés à une population trop dense ou à une production trop abondante, soit par un besoin moral d'affirmer une nätionalité trop récente pour avoir eu déjà loccasion de s'exprimer. Comparez-lui le nationalisme des Irlandais, surtout des Turcs, qui paraît être une rétraction sur elle-même de l’âme populaire avide de poursuivre sa régénérescence en écartant de ses sources les impuretés techniques et culturelles qui les ont si longtemps souillées. Considérez le nationalisme de l'Angleterre, surtout de la France, dont la population reste immobile et dont les domaines immenses dépassent les capacités d’expansion. Mettez en parallèle avec lui le nationalisme de la

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Hongrie ou de l'Allemagne, étonffant entre des frontières trop étrôites, mutilées ou fragmentées, et qui est, en vrande partie, l’œuvre de l’incompréhension et de l'avidité de leurs vainqueurs acharnés à commettre toutes les fautes qu’elles auraient elles-mêmes commises si elles avaient triomphé. Mesurez le contraste entre le nationalisme des peuples colonisateurs qui se réduit, en dernière analyse, aux méthodes les plus brutales de l'exploitation de l'homme par l’homme, et le nationalisme des peuples colonisés dont le fléchissement à cependant favorisé, dans une large mesure, l'unification

économique de la terre. Comparez le ébonelisme de

la Russie nouvelle qui tend à se confondre avec une forme d'association capable d’infliger à l'impérialisme même une notion plus juste et plus féconde de Ja mission du plus fort, au nationalisme des puissances dominées par les oligarchies qui poursuivent l'oppression du plus faible à leur bénéfice exclusif.

Quelle que soit la forme du nationalisme des peuples livrés à l'anarchie capitaliste, il existe une contradiction flagrante entre cette anarchie même et l’'armature administrative, militaire et policière qui prétend Ja maintenir. Leur . désordre moral s'accroît dans la mesure où règne leur ordre extérieur à la fois flasque et rigide. L’ « Ordre » est devenu le plus vain de tous Îles mythes sociaux. Quand le désordre est dans l'économie et dans les mœurs, l’ordre politique l'aggrave en maintenant par la force les abus et privilèges qui Font précisément créé. La vicille Europe a tout à fait perdu la notion organique de l’ordre, poussée profonde du dedans des esprits vers la surface des nations, qu'il modèle, et auxquelles seul il est capable de révéler leur véritable forme. Y substituer, par la brutalité et le mensonge, par la guerre à buts inavoués ou l’aveulissement systématique le règne d’un organe unique, comme les intérêts

associés de quelques individus, est une escroquerie géante qui rend nécessairement inefficace l'ordre préconisé par ce groupe d'individus. Îl n'est de nations vivantes que celles qui fraient elles-mêmes leur route vers un équilibre inconnu, à travers les périls d'un « imatérialisme » sans frein ou d’un mysticisme sans contrepoids. Et c'est le cas, par exemple, de la Russie et de l'Allemagne, de l'Italie et des États-Unis, Mais ni l'Italie, ni PAllemagne n'ont su choisir le point d’application des fers capables d'arracher à la matrice des révolutions le nouvel organisme à naître. L'unité nationale à constituer au milieu de peuples qui ne songent plus à une tâche devenue pour eux de l’histoire ancienne leur a masqué brutalement les réalités plus actuelles, et infiniment plus profondes, qui déterminent aujourd’hui les aspirations des sociétés humaines, Malgré le chaos qui règne dans ses institutions et ses mœurs, mais dont la richesse inouïe d'activité et d'invention s'attache passionnément à créer un organisme économique sans rapports avec ceux qui meurent, l'Amérique du Nord paraît être à l'heure actuelle, après la Russie, le seul champion de « l’ordre » dans le monde,

Toutes les deux sont jeunes, et seules jeunes parmi les peuples, n'ayant l'une et l’autre d'histoire que depuis deux siècles à peu près. Ni l’une ni l’autre ne cache réellement ses buts, car on ne peut rien cacher à ce degré de caractère. Il n’est pas plus question pour l’une que pour l'autre, d'une vie supra-terrestre quelconque à conquérir, car Île piétisme américain et l'orthodoxie russe sont depuis longtemps débordés par le matérialisme historique en action. La concurrence universelle a créé des agglomérations d’appétits et de forces qui ne connaissent et ne peuvent connaître, si elles veulent imposer leur énergie montante, ni la pitié envers ellesmêmes, n1 la justice envers autrui. Malheur à qui hé-

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site, discute, supplie pour les faibles, supplie pour lui

dont la faiblesse se drape d’oripeaux idéalistes qui sont

certes brillants, mais vraiment trop mal ficelés. Eux

seuls préconisent ou préparent une organisation catégo-

rique, cohérente, impérialiste quand bien même le mé-

pris ou la haine des vieilles formes de l'impérialisme

serait brodé sur leurs drapeaux. L'une ‘affirme le droit

de l'individualisme à s'annexer les richesses du globe

par le mécanisme fatal de son développement qu'ap-

puiera, sil Île faut, la force. L'autre affirme le droit du

communisme à s'insinuer par la contagion mystique,

s'il Je faut aidée de la force, dans l'âme inquiète des

nations. Mais il faut remarqüuer que chez l’une comme

chez l'autre, une pénétration réciproque des valeurs so-

ciales est en voie de progression, les méthodes indivi- |

dualistes se trouvant là contraintes de consentir aux | a Organismes collectifs une place de plus en plus large,

les organismes “collectifs développant et suscitant ici,

par le Jeu complexe des confrontations entre les êtres,

dés individualités plus nombreuses et mieux armées, Il

faut remarquer surtout que, chez lun comme chez

l'autre, une puissante production capable de s'emparer

des marchés de la terre, est la base, sinon le prétexte,

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