AO" + SAR NUE
AFUEE Et pe ncR 0 a QE AE GR COLE NE PR A NE de = FOIRE rte K 4. Le 1 C +
vieilles formules idylliques et sentimentales, et nous en a déjà révélé un nouveau ? Qu'elle peut rendre à tous les habitants des villes le goût des sources et des arbres, la passion des glaciers, de l'air, des murmures sous les herbes dans la chaleur du grand jour, la curiosité dangereuse des râles, des chuchotements, des glissements sournois dans la sylve tropicale? Qu'elle arrache déjà le paysan à sa prostration intellectuelle comme elle le soustrait à la poésie imaginaire que nous lui prêtions, pour l’entraîner avec nous dans l’aventure du mouvement et de l’espace ? Qu'elle à peuplé les fonds sous-marins,jJusqu'ici mystère pour nous, de multitudes innombrables et de drames inédits ? Qu'elle nous a promenés au-dessus des villes grondantes, au-dessus de la sombre paix des forêts inaccessibles, au-dessus des volcans, au-dessus des nuages qui nous révélent, entre leurs déchirures brusques, la fuite des champs et des bois, l’ourlet de perle sur'les falaises argentées, le chatoiement soyeux et géométrique des labours ? Songez aux nouvelles méthodes d’éclairement que le Cinéma a créées et qu'il transmet à la simple photographie. C est grâce à elles que nous nous sommes assuré la propriété des plus humbles mais aussi des plus émouvantes entre les qualités de l’univers vivant ou mort. Grâce à elles, pourrait-on dire, que l'univers mort a été rendu à la vie. Ce sont elles qui nous ont montré la saveur âpre ou fruitée des matières, minéraux, bois, métaux, replis charnels des fleurs, des feuilles, torsions animales des branches, analogies des peaux, des écorces, des roches, des vagues du désert et des vagues de la mer, des taupinières et des montagnes, vie dansante et primesautière de la flamme et de la fumée. Elles qui nous ont fait toucher du regard la splendeur des pauvres outils forgés, montés, maniés par la main de l’homme, la beauté des routes tournantes et miroitantes sous la
pluie, l’ascension dans le jour ou le crépuscule des villes étagées, avec leurs strates d’ ombres et de lumières, sur les crêtes montagneuses ou le long des golfes du Sud. Elles qui rétélent à tous le monde inépuisable et pourtant inédit de l’intimité sensuelle des choses. C’est comme une apparition inattendue de la « nature » dans ses aspects les moins dissimulés et cependant les plus secrets dont l'évidence, jusqu'ici, n’était apparue qu'à de rares peintres, et lu plus grands, par fragments à peine entrevus et par éclairs ut qui naraissaielt s'éteindre après eux pour toujours, une mise en valeur de la logique interne qui préside à l'unification de la forme universelle, à la volupté des volumes, à l'harmonie des tissus.
Ai-je besoin, après tant d’autres, d évoquer la beauté propre des machines, si impérieuse que nul n'échappe, même s'il refuse de se l’avouer à lui-même, à sa prise de possession de nos cadences secrètes? Connaissezvous quelque sculpture dont les plans soient plus calmes et plus soutenus que les siens ? Ou quelque architecture aux profils plus nets, et qui ne sache ni équivoquer ni mentir? Son dynamisme n'est-il pas aussi logiquement articulé que le temple dorique dont les proportions ont dicté leur ordre statique aux assises subconscientes de nos déterminations ? Viollet-le-Duc, Le Corbusier entre autres, ne nous ont-ils pas démontré que la technique et la mathématique ouvrent les sources du fÿrisme, que le Parthénon repose sur le jeu des nombres, le temple byzantin sur la solution pratique de la quadrature du cercle, le berceau romain sur la nécessité mécanique d’une humble pierre enchâssée dans l'axe de sa voûte, la Cathédrale entière sur le croisement des nervures à son faîte, toutes connaissances exactes étayées sur des notions rigoureusement solidaires et comme enfoncées par elles dans le cœur des multitudes qui peuvent y
reconnaître le symbole de leurs besoins? Ce n'est pas une réaction contre ces poèmes de pierre, mais un chant. nouveau qu'y ajoutent les hymnes murmurantes des usines, le ballet silencieux de leurs courroies et de leurs bielles, la féerie de pourpre bouillante des hauts fourneaux et des forges, les symphonies crépitantes de bruits secs, de lumières évanouies, d’éclairs brefs et multipliés des centraux téléphoniques. Regardez les fulgurations des Babels montant dans la nuit sur la rumeur énorme des cités américaines. Voyez ce transatlantique géant qui, par d'impénétrables ténèbres, est entré sous les flots illuminé comme une fête, pareil à la torche d’un dieu jaloux d'éclairer l’abîme. Suivez ces gros insectes irrités dont le corselet rouge ou noir berce Île cœur infatigable entre les yeux saillants et les ailes vermeilles, leurs essaims sombres où de vives lueurs éclatent, et sous qui l’on croit voir la terre tourner dans une pénombre envahie par la marée des étoiles. Nous connaissons l'horreur des pôles survolés et de l'Himalaya franchi, le clair de lune sur la Cordillière, le règne du vent sur les nuits glaciales et-les sables illimités. L'enfant, l'homme de peine, le plus inculte des manœuvres, le primitif, peuvent explorer aujourd'hui les gouffres creusés par le télescope et le microscope et qui ne sont que l’antichambre des espaces infinis où la gra vitation entraîne l’âme dans le vertige silencieux d'une mystique nouvelle, capable de trouver l'accord de l'humain le plus sensible avec le déroulement mécanique de Funivers le plus indifférent. La machine universalise la poésie de la science. Jamais l'imagination n'avait eu de si. grandes ailes. Le territoire épique et lyrique de l'homme s’est élargi, en moins d’un tiers de siècle, jusqu'aux limites sans cesse déplacées et reculantes que son intuition n'avait pas atteintes et que sa connaissance affirme que nous n'arrêterons pas.
En réalité, un orchestre immense s’est substitué presque sans transition aux quelques instruments primitifs qui étaient encore les nôtres 1l y a moins d'un siècle, et, dans une invasion soudaine qui nous laisse déchirés et chancelants, il nous impose une symphonie inédite dont nous sommes encore bien peu à entrevoir la puissance virtuelle d’'exaltation. Cela, remarquez-le, au milieu des valeurs d’un monde éparpillées comme les débris d’un navire dont chacun, pour tenter de sauvegarder les intérêts individuels en déroute, se camoufle de mots ou d’oripeaux menteurs. Tandis que nous discutons, la machine agit, avec un calme imperturbable. Voyez, au Palais des Champs-Elysées par exemple, les salons de la peinture, de Pauto et de l'avion. Allez de l’un aux autres, comparez le flottement, la dispersion, la nervosité, les complications, l'ennui, l'instabilité, la confusion de l’un à la netteté, à la concentration, au calme, à la simplicité, à lallant, à la certitude, à la purelé des autres. J'insiste sur ce dernier mot. La machine seule est pure. Elle représente, dans l’incohérence universelle, l'ordre perdu de l'intelligence. C'est pourquoi elle soulève tant de haines. Et c'est aussi à cause de sa cruauté qui ne cessera que le jour où elle nous aura imposé le respect, sinon l'amour d'elle, pour la délivrance matérielle et morale qu'elle est venue nous offrir. Rien de plus cruel que la chose ou l'être pur, parce que c'est la chose ou l'être pur qui rencontre le plus de résistances et brise cés résistances avec d'autant plus de force et de calme qu'il est plus pur. Je lai dit cent fois, je le dis encore : si Jésus a fait tuer plus d'hommes que Napoléon, c'est qu'il était plus pur que lui. Se. |
En tous lieux, en toute occasion, la machine est vraie. Au sens étymologique du mot, la machine est catholique. Bien mieux que le catholicisme même ou quelque
Le
ve au!
: Lei & 3.3 E:
mena 27 À à
Te VE
+ + Ÿ NAS Qi U | ÿ-" | { LUS «
au NE Ps Es OT EN CE CT BYE eu te EUR SUR RNA
> PAIN QT } WA en LA A Ce à
Ve AUS PL ou VA 4 FEU vez LT ue O7 #
RSETEX K EU à d : \ : " 2 J
gén "655 ENTRER a a GER ve 22 et EE 12%, LATE!
AS HISANMLNRR w 4 À : A AL per ro 7 F 1 Li 0
: à À Lt sg t AU { je AC 7 at 4 , , ROC. + ; ci < v " L ‘ VA 14€ À NAT LOAMROQNEN DES pa A CAPE he ML MA AMBLAST ANS 4 RS i + d \ ND: * < ) X » VAR 5 a ni) Je" | + re À # W 4 à ANTR : (y" : LAN ‘- « D L - tie JE =, “ # JS FRERE PA A OS EL D RE ALAN RSS à CRUE AA A A LULU QUE Ge ES RENE SA EME ‘ Au ANT PR ANSE). - A A AR D NOR ARE AA en LA RC 9 SD A AE rs ces er MAPS Rss LA EX A UN n LRNE ae Sas z , « 2 124 j N f " AE Mel F p.
DS TA ef
croi TE ET on
confession que ce soit, qui ne peuvent reposer que sur une pétition de principes et se heurtent non seulement à des obstacles économiques ou raciaux, mais à des impossibilités de démonstration qui les acculent à opposer, quand ils ont gagné leur dernier retranchement, l'absurde à l'évidence, elle possède un sens universel. La vérité qu'elle apporte est si incontestable qu'elle se démontre en étant. Sa connaissance d'elle-même, qui crée de jour en jour des organes nouveaux par un enchaïnement logique et en quelque sorte spontané, ne cesse de lui révéler des réalités imprévues qui restent dans un subconscient dont s'élargit très vite la richesse et qui fait sans cesse affleurer aux surfaces lumineuses de l'esprit des intuitions chaque jour plus aisément vérifiables. Pour la première fois depuis que le monde est monde nous sommes en présence de vérités qui se prouvent par leur propre efficacité, indépendamment de tous les moyens connus de démonstration et de persuasion. Ce que les plus intelligents et les plus nobles entre les ennemis de la machine maudissent dans la machine se tourne justement contre eux. [ls ont cru, ou feint de croire, qu’elle venait achever de ruiner l'accord de l'intelligence et de la sensibilité qu'avait commencé à ébranler la Renaissance malgré les efforts désespérés de Michel-Ange et de Vinci. En réalité, en s'adressant pour la première fois à des moyens scientifiques rigoureux pour suivre des relations et des passages harmoniques entre les formes et les ombres, les saillies et les sentiments, les mouvements et les lumières, elle refait cet accord. Par l'intermédiaire du Cinéma elle recrée, pour l'unanimité des hommes, l'unité spatiale et la continuité dynamique du monde. Elle nous réintègre au cœur même du « spirituel ».