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Elargissons la parenthèse, avant d'envisager les conséquences sociales que l'avènement de la machine entraîne et de montrer comment le sort de |’ « individualisme » dépend de la défaite tant souhaitée ou de la victoire certaine de la sorcière dont Michelet idénoncçait déjà le rôle émancipateur. « La sorcière », c’est-à-dire la science, dont l’apothéose était le cliché d’hier, dont la haine qui prend le masque du dédain est le cliché d'aujourd'hui, et dont l'acceptation sera la réalité de demain. Le fait est qu’elle poursuit sa route avec simphicité. S'il est un phénomène évident pour ceux dont lé monde contemporain constitue le plus passionnant des sujets d'étude, c’est bien le caractère de plus en plus méthodique que prennent tous ses moyens d’investigation et de volonté constructive. Et dans tous les domaines, il faut y prendre bien garde, y compris l’éducation physique et morale de l’homme, y compris l’exploration de sa propre « âme », auparavant réservée aux entreprises intéressées de théologiens et de philosophes qui détachaient délibérément cette « âme » du champ de l'enquête objective pour la situer en des régions accessibles à la seule révélation. Le plus grand reproche qu'on puisse faire au christianisme, c’est d’avoir soustrait | « Esprit », par un escamotage transcendant, à
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l’étreinte fécondante de l'intelligence critique et de l'épreuve sensuelle. Par là, sans doute, 1l avait gagné momentanément en force ascensionnelle, en puissance d'illusion, en réserves refoulées de concentration et de passion, Mais il avait perdu en étendue et en prolongements, méconnu ses assises charnelles, c'est-à-dire ses moyens de renouvellement indéfinis et infinis, brisé, à force de les tendre, les ressorts de l’idéalisme et du lyrisme, oublié l'unité consolante du monde désormais partagé en deux parts irréconcihables, en fin de compte arrêté sa croissance pour avoir voulu lalimenter aux dépens de son éternelle substance, qui est d'os, de chair et de sang.
L'origine des anathèmes que l’avènement de la science comme instrument humain de conquête matérielle et surtout de conquête métaphysique a provoqué n'est pas ailleurs. Oubliant que la science est esprit, on l'accuse de tuer |’ « Esprit ». On affecte de prendre l'évolution et les enquêtes de l'esprit pour un recul de l'Esprit. On prétend que l'esprit faillit à sa tâche parce qu’en s’annexant un domaine immense, il a courageusement mis de côté des méthodes qui s’avéraient insuffisantes pour commencer par le commencement l'exploration de ce domaine, comme un homme fort et calme qui refuserait de se laisser écraser sous les ruines de son palais et construirait de ses mains, après avoir craché dedans et retroussé ses manches, une maison dont il se saurait destiné à ne pas voir l’achèvement, mais dont
il choisirait et éprouverait avec amour les matériaux
sains et jeunes pour abriter un jour les enfants de ses enfants. Oubliant que la science*est curiosité du monde, investigation passionnée des lois qui le construisent dans l'intelligence humaine, on affecte de voir en elle l’'ennemie née de la recherche soi-disant désintéressée qui consistait à donner une forme sensible aux rêves,
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