Histoire de l'Art. T. V : L'Esprit des Formes
- __— ss, # ; “£ à ee PRE = À + + F ‘ y
! - « ne SARA OS DS 0), Se En en à te fem PE EE a TOYS PECET
pese peqm
er pese
ANS tot eg a DEEE Un nu lie NAN nr di D id
peinture, qui lui succède, à pour fonction suprême d'exprimer, en même temps que s’affirment les individus de la plus haute qualité, les caractères symphoniques des sociétés et du monde que traduisait jadis le temple, ce qui donne aux grands peintres — Michel- Ange, Vinci, Titien, Tintoret, Gréco, Rubens, Vélasquez, Rembrandt — ces allures de titan soutenant du front et de l'épaule l'espoir de l'homme qui fléchit quand croule l'édifice sacré. Que la musique, après que la grande peinture a exprimé l’espace symboliquement par les reflets, les rappels, les passages et les contrastes, s'empare de l'espace même et lincorpore à la durée pour rassembler autour d'elle la foule dispersée et la reconduire à l'architecture et par elle à la cohésion, afin de retrouver l'amour et de recommencer ‘le cycle. Et que Îa littérature, dont l’arabesque vivante court de l’une à l’autre de ces expressions comme pour les solidariser entre elles, prend successivement la forme de chacune d'elles pour renforcer son action, mais plus protéiforme qu'elles s’attarde, revient sur ses pas, Îles devance, empruntant ‘tout de même à peu de choses près les traits du poème épique ou cosmogonique anonyme quand règne l'architecture, du poème lyrique et de la tragédie quand la sculpture dénonce la naissance de l'individu, de l'essai philosophique et moral quand l'individualisme triomphe avec la peinture, de la fiction roma-
nesque quand la musique surgit. On ne peut s'expliquer
d'autre manière, pour ne parler que de l'Occident, le passage du mythe grec à la société hellénique individualisée et peu à peu décomposée par les tragiques, les sculpteurs, les moralistes et les politiciens, le passage de sa grande enquête basée sur la connaissance à la synthèse chrétienne basée sur l’amour,le passage du christianisme, par des procédés d'investigation personnelle renouvelés du rationalisme grec, à la Renaissance, à la Réforme,
x la Révolution française et à la dispersion sociale d'aujourd'hui. Et le passage actuel de cette dispersion sociale à la concentration dont j'ai recherché les indices dans le retour à l'architecture, à l’organisation spéculative de la science, à la renaissance de la métaphysique, à la cristallisation brusque de l’économie mondiale et de ses moyens, à l'apparition universelle des associations professionnelles, à l’essor sentimental nouveau du besoin de s’assembler, de se reconnaître et de s'unir. L'intégration par l'amour approche, pour qui sait voir en profondeur, et le drame contemporain avec ses trois actes terribles, la guerre, la révolution russe, la «crise », ne représente pas autre chose que les convulsions du libéralisme recourant aux dernières ressources d’une concurrence aux abois tout en dénonçant les premières espérances d’une synthèse en formation.
Un ordre organique se substitue sous nos yeux à un ordre formel, le plus souvent même verbal. « On est mieux en France», dit-on, quand on regarde vers l'Europe orientale, avec le rire suffisant des aveugles intellectuels. Soit. Une momie fardée est plus tranquille que le moindre germe vivant. Un vieillard riche, fût-1l à l'agonie, et le sût-il, ne «changera jamais son sort contre celui d’un enfant pauvre. L’effort d'adaptation de chacun est infiniment plus pénible que la besogne qui consiste à tirer du jeu son épingle rouillée dans une société qui refuse l’adaptation. La paresse d'esprit est le plus irrémédiable de nos vices. Nous refusons de comprendre pour nous éviter de penser. Et nous invoquons la tradition. Mais la tradition est fière. Elle ne se livre pas au prèmier venu. Il ne s’agit pas de la suivre en lui décochant des œillades. Il s’agit de s'en faire aimer.