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la France qui, après avoir attiré sur elle, pour n'avoir pas voulu d'enfants, le poids du monde germanique, perpétue la menace en s’y refusant encore — l'intelligence n’a pas vu les conséquences redoutables du malthusianisme sexuel, parce qu’elle a couru au plus pressé, l'économie de peine, surtout l’économie d'argent — l'argent sordide qui met tous ses sels corrodants sur Îles plaies de l’homme. Qu'on ne croie pas, surtout, que je
m'élève contre tous les malthusianismes — Île sexuel en particulier — en m'appuyant sur les vues confession-
nelles d’une morale attardée qui voit dans la procréation la rédemption d’un péché originel dont 1l faut, au contraire, arracher des âmes les racines si l’on tient à transporter du domaine individuel dans le domaine social le sens'de la liberté intérieure. Car ce sont Jjustement les peuples prolifiques qui se montrent les plus immoraux, du moins les plus dépouillés de vertu — ceux que l'alcool et la famine, le surmenage et le désespoir précipitent dans le plaisir sexuel intime, inconscient, somnolent même, le plaisir exténuant extrait de la fatigue et de l’abrutissement qu’il accroît. Ce n'est pas le vice, c’est la prévoyance vertueuse qui dépeuple les campagnes, jette le fils unique à l'usine et la fille unique au trottoir. Les peuples malthusianisés moisissent dans les pratiques hypocrites de la dévotion, de l'avarice, de l’envie, de tous les péchés capitaux organisés et conscients. Si les autres « pèchent » aussi — je parle des grands peuples anonymes qui montent sur l'Histoire comme une lame de fond-pour en noyer, renouveler et purifier les surfaces — c'est par un excès de vie — trop souvent accompagné, hélas! d’un excès de misère — qui les contraint à déborder pour se maintenir vivants.
Par malheur, le malthusianisme sexuel n’a pas seulement envahi les classes riches, par lesquelles il a dé-