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IV. TRAITEMENT POST-OPÉRATOIRE DES RÉSECTIONS

SOINS CONSÉCUTIFS DIRIGES EN VUE D’OBTENIR DES NÉARTHROSES MOBILES SUR LE TYPE DES ARTICULATIONS RESEQUEES.

Après la résection d’une diaphyse ou d’une articulation qu’on veut remplacer par une ankylosé, le traitement est d’une très grande simplicité. On n’a qu’à maintenir les membres immobiles jusqu’à ce que l’os soit reformé ou que les surfaces mises en contact se soient soudées entre elles.

Mais lorsqu’il s’agit de faire reconstituer une néarthrose mobile, c’est tout autre chose, et le traitement consécutif devient aussi important et souvent plus délicat que l’opération elle-même.

Au lieu de mettre les os en contact, il faut les

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maintenir éloignés en les rapprochant d'autant plus toutefois qu'on compte moins sur la régénération osseuse. Pour avoir des renflements de nouvelle formation, larges et épais, il faut toujours laisser la gaîne se ramasser un peu sur elle-même, même dans les conditions les plus favorables à la régénération osseuse, car la portion recouverte de cartilage et qui représente une hauteur plus ou moins grande, selon le genre d’articulation, ne peut jamais se reproduire.

Dès que la région opérée n’est plus douloureuse, il faut imprimer au membre des mouvements passifs dans le sens des mouvements physiologiques. Il faut se borner à des mouvements doux, peu étendus d’abord, et s’arrêter toujours dès qu’ils deviennent douloureux. Il n'y a pas de date fixe pour commencer ces mouvements. Aujourd’hui avec les pansements antiseptiques qui préviennent toute inflammation appréciable dans la plaie, on les commence beaucoup plustôt qu’autrefois. Au premier pansement, qu’on pourrait différer longtemps si l’on ne consultait que le bien-être du malade, mais qu'il ne faut pas retarder au-delà de huit ou dix jours en moyenne, quand il s’agit d’un sujet jeune et plastique, on doit déjà imprimer

TRAITEMENT POST-OPERATOIRE

quelques mouvements au segment inférieur du membre. Au coude, lorsqu’on a fait une résection pour ankylosé, il faut même renouveler le pansement plutôt chez les enfants et les adolescents, au bout de quatre ou cinq jours, tant est rapide le processus préliminaire de l'ossification.

D’une manière générale, on se guide sur le plus ou moins de laxité du membre. Si, au premier pansement, le membre est lâche et flottant, rien ne presse; il ne faut pas s’exposera troubler le processus de la réossification par des mouvements trop hâtifs. Mais dès qu’on sent des masses de consistance cartilagineuse se former à la place des extrémités enlevées, dès qu’on sent la gaîne périostique s’épaissir et se durcir, il faut imprimer chaque jour, sans enlever le pansement, de petits mouvements de flexion et d’extension, de pronation et de supination; et, si l’on a affaire à un malade intelligent et docile, il faut lui laisser ce soin. On est sûr qu’il ne dépassera pas le hut ; il s’arrêtera avant même qu’il ne sente de la douleur.

Ce traitement est souvent long et toujours délicat chez les jeunes sujets dont le périoste est très plastique et dont les tissus péri-arliculaires ont été épaissis et rétractés par une inflammation antérieure. C’est vers la quatrième semaine que

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le processus d’ossification risque de dépasser les limites du périoste et d’envahir les tissus conjonctifs voisins. Il faut alors, si la néarthrose tend à s’enroidir, redoubler de précaution, faire de fréquentes séances de mobilisation, mais toujours avec la plus grande douceur. On doit avoir de la patience ; rien n’est si dangereux que de vouloir aller trop vite et surtout d'imprimer brusquement des mouvements étendus. Nous ne saurions trop nous élever contre ces mouvements brusques et forcés ; ils vont à l’encontre du but qu’on se propose. Us produisent des déchirures, ramènent de l’inflammation et, par là même, une nouvelle cause de roideur. C’est par des mouvements doux, souvent répétés que s’assouplira le tissu lamellaire qui remplit la cavité articulaire ; c’est par la répétition même de ces mouvements que se créeront des lacunes d’abord, bientôt des espaces synoviaux, et finalement la bourse séreuse inlerosseuse qui doit assurer l’indépendance définitive des os mis en contact ou des extrémités osseuses néo-formées. Nous avons vu plusieurs exemples fâcheux de cette mobilisation brutale et antiphysiologique, aussi ne saurait-on trop répéter que

Patience et longueur de temps

Font plus que force ni que rage.

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Il faut assouplirle plus tôtpossible l'articulation par des mouvements actifs; ce sont les meilleurs, les plus physiologiques et les plus efficaces au point de vue de la constitution régulière de la néarthrose. Le malade devra donc exercer ses muscles et imprimer des mouvements volontaires à l’articulation. Si les muscles ne sont pas encore assez énergiques pour soulever l’avantbras, le fléchir ou l’étendre, le malade leur aidera par des mouvements passifs imprimés avec la main saine. D’autre part, on ranimera l’activité de la fibre musculaire par l’électricité, les frictions et les massages.

Il faut toujours, dans ces exercices, surveiller les rapports des os ; s’ils ont de la tendance à se déplacer, on suspend les mouvements et l’on maintient les membres le jour et la nuit dans un appareil conlenlif. Suivant qu’on est menacé d'une trop grande laxité ou d'une roideur progressive, on donne plus d’importance à l’immobilité du membre ou à la mobilisation de la néarthrose. Tout est subordonné à la marche du processus réparateur et à la rapidité plus ou moins grande de la réossiücalion périostique ; or, ces deux conditions varient d’un sujet à un autre et sont en rapport avec l’âge de l’opéré et l’état de la nutrition générale, et, d’autre pari,

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avec la longueur d’os enlevée et la plasticité des différents tissus du membre au moment de l’opération.

Inutile de dire que lorsqu’on a fait des résec lions étendues, c’est la laxilé persistante qui est à craindre. On doit, pour la prévenir, tenir rapprochées les surfaces de section afin de laisser se consolider les moyens d’union, et s’occuper en même temps de la nutrition des muscles qui formeront les ligaments actifs de la nouvelle articulation.

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