‹ Registre de La GrangeChapitre 3 sur 69 · Jal, tbid · texte numérisé non relu

Jal, tbid

5. Il est juste au.isi dtf dire qu'en 1869, le père d'un des jeunes poètes du théâtre, M. G. Ferricr, adjoint alors au maire de Montpellier, voulut bien prendre le soin de diriger des recherches très-sérieuses dans les archives du département de l'Hérault, pour y retrouver ces deux naissaiices, et que les recherche:; n'ont donné au(uii résultat.

F.T SOX RF.GISTRI'.

il aurait eu trente-six ou trente-sept ans lorsqu'il se maria, le 24 avril 1672; et lui-même ne s en est donné que trente-trois sur son acte de mariage.

Quoi qu'il en soit, si nous prenons l'année 1639 pour l'année oii naquit La Grange, — • trois ans à peine écoulés, Achille et Justine-Françoise sont à Paris, présentés le 12 février 1642 à l'église Saint-Nicolas-des-Cliaraps, où ils reçoivent les dernières cérémonies du baptême.

'Voici donc encore un point hors de doute : la famille \'arlet était de retour a Paris en Tannée 1642, l'année du Menteur, celle où Bellerose joua d'original le rôle de Dorante avec le magnifique habit donné par Richelieu. Qui aurait dit que le petit Charles \'arlet (où était-il alors?) deviendrait un jour, dans ce même rôle de Dorante, un des plus Ijrillants successeurs de Bellerose.^

.•\\ant d'arri\er là, l'enfant de\'ait perdre son père et sa mère. Un tuteur se cliargea d'éle\er les trois orphelins et de les dépouiller sui\ant la coutume. Le mineur de Lagniet, mis à sec par ses deux tuteurs, récite ce mélancolique dizain, gravé au bas de l'image populaire :

Je ne sais pas si, par cautèle, Mon père avait ses biens acquis; Mais, Atropos l'ayant acquis, Jeunet, je fus mis en tutelle, Oîi j'ai été fort maltraité ; Car mes tuteurs ont tant tiite Qu'un pied de terre ne se treuve ; Si bien que, pour vivre en repos, * Ainsi que plusieurs à la Grève,

Je vis, les crochets sur le dos.

Ce fut l'histoire des enfants Varlet, pour le début du moins. Leur tuteur tuta dans les règles. On sait ce que cela a eut dire. Las de contestations et de chicanes, les deux frères abandonnèrent tout. Leur sœur Justine était en religion. Tranquilles sur celle qui a\ait trou\é le port, ils s'en allèrent au-devant de l'orage et de l'aventure.

L'a\enture, il n'était pas besoin de la chercher sur les mers; plus d'un enfant de famille la trouvait ailleurs au xvii^ siècle : dans une étrange région, sacrée jadis, puis frappée d'anathème; fermée à coups de foudre, et rouverte plus tard sans cesser d'être interdite; traversée par quelques tribus nomades, et exerçant sur les jeunes imaginations le charme des entreprises téméraires; cette région, c'était le monde du théâtre. Achille et Charles \'arlet avaient reçu une éducation distinguée. Sans biens désormais, comme sans parents, quel espoir d'une position qui les remît au niveau de leurs premières visées? Quel chemin prendre qui ne descendît pas.^ — Celui que prend Clindor dans V Illusion comique pour arri\er à la faveur des ministre.-, et des princes, celui que, dix ans après Clindor, prenait un autre enfant de famille, le lils du tapissier Poquelin, pour de\enir Molière.

Ils se tirent comédiens; et comme, depuis la déclaration de 1641, — la profession étant relevée de roture, — personne ne s'engageait plus en si bonne compagnie qui n'eut un nom de qualité, Charles Varlet s'appela de La Grange, du chef honoré de sa mère; Achille s'appela de Verneuil, comme qui dirait de Nanteuil, en mémoire de son père.

Une fois comédiens,, comédiens de campagne, c'était le début obligé, La Grange et

CHARLES VARLET DE LA GRANGE

\'erneuil avaient chance de se rencontrer sur le chemin de Molière. La Grange s'y rencontra. \'ers quel temps et en quel lieu? A supposer qu'il de\int acteur entre di.v-.sept et dix-huit ans, il aurait pu se trouver à Béziers vers la tin de 1656, a Lyon en 165;^, a Avignon ensuite, ou bien encore à Lyon dans les premiers mois de 1658, ou même à Rouen après Pâques. Rien de tout cela n'est inadmissible.

Lorsque La Grange, constatant que Paris neut la primeur ni de l'Etourdi, ni du Dépit amoureiiX; écrit a la seconde page de son Registre :

« L'Étourdi, comédie du sieur Molière, passa pour nouvelle a Paris... Cette pièce de théâtre a été représentée pour la première fois à Lyon, l'an 1655.

« Le Dépit amoureux, comédie du sieur de Molière, passa pareillement pour nou\ elle à Paris... Cette pièce de théâtre a été représentée pour la première fois aux états de Languedoc, à Béziers, l'an 1656. M. le comte de Bioule, lieutenant de Roi, présidant aux États. »

Outre le désir d'être exact, ne sent-on pas aussi là-dessous je ne sais quelle secrète satislaction du témoin qui prend son axantage?

Et j'y étais, j'en sais bien mieux le conte!

« Ces deux pièces nouvelles, ou telles pour Paris (c'est la troisième fois), ne contribuèrent pas peu au succès de la Troupe, où il y eut du changement a Pâques de l'année 1659. '

Du changement, oui sans doute, et plus d'un changement. Gros-René d abord, un camarade de Lyon, quittait Molière et passait au Marais a\ec sa iemme, la belle Al"" Du Parc. Du Fresne, qui avait suivi Molière depuis 1648, — depuis Nantes, — prenait sa retraite. Par contre, lEspy et le fameux Jodclèt, son frère (le Cliton du Menteur, le Jodelet de Scarron!), Du Croisy, M"' Du Croisy et La Grange entraient dans la Troupe de Monsieur, les deux premiers venant du Marais, par un chassé-croisé, les trois autres d'où? Peu importe. • Acteurs nouveaux à Paris », écrit La Grange. Rien de plus. Il le sait, et n'a pas besoin de se le dire.

Ici entin l'incertitude cesse, 1 obscurité se dissipe et le comédien arri\e à la lumière, — la lumière de la'rampe.

Une fois engagé au Petit-Bourbon, il est bien de la Troupe de Molière, il en est avec bonheur; pas encore assez pourtant à son gré. Comme il n'y est entré qu'a la réouverture d'avril lôjp, les comédiens de la première heure ont débuté sans lui. C'est là son regret; mais les six mois qui lui manquent, il les donne à son Livre, en y attachant un bref récit de l'année précédente. Parce moyen, son Livre a lâge de la Troupe de Monsieur et date aussi de 1658. Le fameux spectacle du 24 octobre, donné de\ant le Roi dans la salle des Gardes du \ieux Louvre et qui fixe définitivement Molière à Paris, l'arrangement conclu entre sa Troupe et la Troupe italienne pour le partage du Théâtre du Petit- Bourbon, le tableau du premier personnel, les deux premières représentations (à Paris) de l'Etourdi c\. du Dépit amoureux, tout y est mentionné en deux pages. Son Livre ainsi mis au comjilet, La Grange n'a jilus rien à désirer jiour lui-même; il osl un des aînés de la famille.

Sa vie commence ou recommence; son Registre est ou\ert, et, des les jiremieres lignes, a la date du xi mai, il y inscrit un triste événement.

ET SON REGISTRE

I.e II mai 1659, la Troupe de Monsieur donnait deux représentations de l'Étourdi l'une au Louvre, pour Sa Majesté, l'autre au Petit-Bourbon pour le public. Celle-ci se passa bien; mais, à la cour, Joseph Béjard, Béjard le bègue, comme on disait, se trouva si soutirant qu'il eut peine à continuer. 11 alla jusqu'au bout étendant, prit le lit après le spectacle, et ne se re]e\a plus. Le 22, ses camarades fermaient leur théâtre, et, le 26 Molière conduisait au tombeau cet ami de sa jeunesse, qui, frappé le premier sur la scène lui donnait l'exemple d'achever son rôle avant de s'en aller mourir.

On a dit que Joseph Béjard jouait Pandolfe. S'il en était ainsi, il y avait entre les deux funestes aventures un autre point de ressemblance. Pandolfe et Argan venaient l'un et fautive de faire le faux mort, — Pandolt'e à son insu, — lorsqu'ils passèrent tous deux de la fiction à l'irréparable réalité. Il est probable toutefois que J. Béjard jouait l'Étourdi lui-même. Le rôle de Lélie lui appartenait depuis Lyon, comme celui d'Eraste depuis Béziers, et les comédiens de ce temps-la gardaient longtemps leurs rôles. La Grange recueillit l'héritage.. Le temps d'étudier sous Molière, il entra dans le Dépit amoureux le 14 du mois suivant, et le 21 dans l'Etourdi, enlevant presque au pau\re Béjard, par un droit du succès, l'honneur d'en rester l'acteur d'origine.

A partir de là, Molière ne donne pas une seule pièce où La Grange ne ligure la jeunesse, la grâce et la tendresse, l'honnête homme accompli qui aime de toutes les délicates, généreuses et véritables façons d'aimer. La Grange est son comédien. Le jour où Mascarille présente Jodelet au public, dans les Précieuses ridicules : « le vicomte de Jodelet et son meilleur ami ! » Molière a commencé par présenter La Grange. Le rideau se lève : « Seigneur La Grange? — • Quoi? — Regardez-inoi un peu sans rire. » Et voilà les présentations faites.

Jodelet meurt l'année d'ensuite; car ce n'est pas tout de iaire rire, il n'en faut pas moins payer tous ses tributs à l'Jiumaine inisère. Du Parc et sa femme, qui avaient eu le tort de quitter le Petit-Bourbon pour le Marais, reviennent du Marais au Petit-Bourbon, et Molière, à l'occasion de leur retour, tue le Aeau gras, que l'on mange en famille dans la joyeuse folie du Cocu imaginaire. La Grange est naturellement de la fête. Lélie de l'Etourdi, Lélie de Sganarelle, il va bien aux deux rôles. Il a cette vive et généreuse loyauté de son âge, qui travaille à tout coup contre elle-même, cette impatiente promptitude de l'amour qui se désespère à tout propos. Il est le contraste le mieux choisi pour faire ressortir la fourbe impudente de Mascarille et la grotesque caricature de Sganarelle, pour pousser à bout la visionnaire jalousie de l'un et l'héroïque intrigue de l'autre.

En même temps, sous le gracieux comédien, se dessine déjà l'homme régulier et qui compte. Lorsque Madeleine Béjard, la sœur aînée d'Armande, se défait, en le revendant à la Troupe, d'un lot de décors usés, reste de ses anciennes entreprises a^ec Molière, La Grange, chargé de la dissolution de Société, car c'en est une de tout point, a bien l'air d'avancer à ses camarades les trois ou quatre cents li\res qu'on demande pour ce matériel de campagne, las de cahoter sur les chemins, qui n'a plus à recommencer. Dieu merci !

Il n'eût pourtant pas fallu en répondre. Molière ne manquait déjà pas d'ennemis qui, \olontiers, l'eussent vu reprendre la route de Lyon ou de Grenoble. L'Hôtel de Bourgogne a\ait pu soutirir les nou\eaux comédiens, tant qu'ils s'excusaient modestement de jouer Nicomède. en cadets de tragédie, ou que le public, tout en applaudissant l'Etourdi et le Dépit amoureux, ne faisait pas autrement d'accueil à ces deux pièces qu'à l'Ecolier

CHARLF.S VARLET DE LA GRANGE

de Salamanque ou à la Belle invisible. On n'en était plus là vers la fin de 1659. La \ogue était décidément à Molière. Après le grand succès des Précieuses, celui de Sganarelle était \ cnu promer que le premier n'était pas une surprise, et que lauteur-comédien, qui avait gagné les deux parties, a\ait un rare secret pour mener le jeu à coup sûr.

Outre le dépit naturel au joueur contre qui tourne la chance, l'Hôtel de Bourgogne se sentait piqué par un autre endroit. Les nouveaux venus s'étaient permis de railler les Grands comédiens, ou tout au moins de les \ anter avec une certaine ironie, et le public y avait entendu malice. Il avait ri. C'était un manque de respect qu'on pouvait lui passer à la rigueur, — on passe tout au public ; — mais on était loin de le pardonner au trop heureux Mascarille. Les amis de l'Hôtel prenaient parti dans cette émotion et ne souhaitaient pas moins à Molière qu'une seconde déconfiture comme celle de l'iUustre-Théàtre. M. de Ratabon, surintendant des bâtiments du Roi, devait être un des amis de THôtel. Sans attendre un re\ers du Petit-Bourbon il commença par mettre le marteau sur l'édifice et par le jeter bas sans crier gare.

Il faut dire que l'Hôtel du Petit-Bourbon était condamné. Le bâtiment gênait Perrault, qui avait besoin de la place pour les chantiers de la colonnade du L()u\re; mais les comédiens n'avaient pas été avertis de se pourvoir tout de suite ailleurs. Un jour, le n octobre 1660, pour première sommation, Molière et sa Troupe se trouvèrent sans théâtre. Dans ce désastre imprévu, à qui se plaindre.^ au Roi. Le Roi se fâcha en effet contre le brutal démolisseur, et ne s'en tint pas là. Ordre à M. de Ratabon d'installer surle-champ Molière dans la salle de spectacle du Palais-Royal. Le coup était \ictorieusement paré. Malheureusement, le superbe théâtre construit par Richelieu tombait en ruine. La charpente était pourrie, le plafond croulant. Avec toutes les allées et venues, les démarches dans les bureaux, les tra\aux menés de mau\aise humeur, le temps se perdait. L'Hôtel de Bourgogne et le Marais travaillaient, chacun pour son compte, à désorganiser la Troupe de Monsieur; mais la Troupe tint bon : « Tous les acteurs, écrit La Grange', aimaient le sieur de Molière, leur chef, qui joignait à un mérite et une capacité extraordinaires une honnêteté et une manière engageante qui les obligea tous à lui protester qu'ils voulaient courir sa fortune, et qu'ils ne le quitteraient jamais, quelque proposition qu'on leur fit et quelque avantage qu'ils pussent trouver ailleurs. »

Lignes précieuses à tous les titres. Elles donnent en quelques mots un digne et attachant portrait de Molière; elles résument une délibération des comédiens, la plus honorable pour leur chef, la plus décisive pour l'avenir de la Comédie. Elles indiquent bien la part de La Grange dans cette protestation de fidélité qu'il entraîne. On l'y voit rendant, dès le début, témoignage à son maître et lui disant : « 'Vous êtes Molière ». comme ?i l'auteur de Sganai-elle eût déjà fait le Misanthrope. .Alolière lui rendra témoignage à son tour, et lui confiera les destinées de son Théâtre.

Le danger de la dispersion conjuré, la Troupe n'avait plus qu'à laisser p.isser la fin de la bourrasque. Avec la protection du Roi et la faveur du public, tout devenait facile,, même d'attendre, et on attendit, en donnant des représentations partout où on était appelé : a la cour'; chez M. Sanguin: chez le duc d'Aumont; chez le surintendant des finances;

1. Pendaat les troi.s mois que iM. de Ratabon mit, pour sa pénitence, à réinstaller les expulsés du Petit- Bourbon dans la salle du Palais-Royal, la Troupe de Monsieur eut l'honneur de jouer six fois devant le Roi,

ET SON REGISTRE

chez le maréchal de la Meilleraye, à l'Arsenal; chez M. de la Basinière; le duc de Roquelaurc; le duc de Mercœur et chez le comte de Vaillac. Faute de théâtre, la Troupe de Monsieur avait tous les grands hôtels de Paris pour y donner des représentations en visite, c'était le mot. Nous dirions aujourd'hui en ville ou en soirée.

Le Palais-Royal s'ouvrit le 20 janvier i66i. Le 4 février, La Grange joua le rôle de don Alphonse dans une pièce nouvelle de Molière : Dom Garde de Navarre, ou le Prince jaloux, comédie héroïque. Molière, abusant cette fois de la fortune, défiait les grands comédiens dans leur propre genre. Assurément la victoire eût été belle, et le lieu (la salle de M//-<;z;»e.') en aurait doublé Féclat; mais il fallait aussi vaincre deux fois; Molière n'y avait pas assez pris garde. Outre la \ ieille renommée de ses adversaires, il allait mettre son succès même contre lui. Pour a\oir raison de cette témérité, les partisans de l'Hôtel n'eurent qu'à s'allier avec les admirateurs de Sganarelle, et, tout d'une voix, Sganarelle fut condamné au comique. Sganarelle n'en appela pas de ses amis. S'il accepta ou s"il subit la condamnation, peu importe; le plus certain, c'est qu'il en tira sa gloire, et, pour commencer, le plus parfait de ses petits chefs-d'œuvre : l'École des Maris.

Après deux siècles, tout s'en est conservé, de cette exquise comédie, jusqu'aux jeux de scène, écrits pour a i\re autant que les \ers. Quel effet dut produire, dans la nouveauté" de ^ou^rage, cette pantomime que nous admirons encore aujourd'hui : ces promptes et furtives répliques du regard échangées entre 'Valere et Ergaste, ces gestes en écho, ces mouvements du maitre et du valet, si bien concertés l'un sur l'autre, ce gracieux tableau en action, ce groupe à trois si bien réussi : l'adroite Isabelle, cajolée par son tuteur et tendant par derrière à Ergaste une main qu'effleure à la dérobée la lèvre de son jeune amant !

L'amant, c'était La Grange; Isabelle, M"" de Brie; Sganarelle, Molière. Au momertt du premier succès, la gravure (gravure ou imagerie?) s'est hâtée de les reproduire. Nous les avons tous les trois en tète de l'Ecole des Maris^ (Paris, Sercy, 1661) médiocrement

une fois à Vinceiiues et cinq au Louvre. Une de ces représentations, celle du 26 octobre, fut curieuse. La Grange n'en dit qu'un mot, mais c'est beaucoup pour sa réserve habituelle. On jouait l'Etourdi et les Précieuses ridicules chez le cardinal de Mazarin, qui, déjà languissant, resta dans sa chaise. « Le Roi, écrivit d'abord La Grange, vit la comédie, debout, appuyé sur le dossier de ladite chaise de Son Eminence. » Puis, en se relisant, il craignit sans doute de se trouver trop bref envers la majesté royale, et au-dessus du mot dehom, il ajouta « incognito » entre les lignes, pour expliquer cette attitude singulière. Enfin, par surcroit de précaution, il remit à la marge de son Journal : « Notj. que le Roi vit la comédie incognito et qu'il rentrait de temps en temps dans un grand cabinet. »

Le grand cabinet n'y fait pas grand'chose ; reste toujours le point délicat : malgré la mauvaise santé du cardinal, malgré la fiction de l'incognito, Louis XIV, tout jeune qu'il était, se fût-il tenu debout derrière Mazarin dans sa chaise, s'il n'eût respecté en lui plus' que le ministre et le favori de sa mère.^

I. Sans parler du portrait de La Grange qu; M. Hillomacher a reproduit d'après Sauvé pour sa. Galerie historique des portraits de la. Troupe de Molière, on peut rappeler ici que La Grange figure, indiqué d'un trait microscopique, dans le personnage d'Apollon, sur la deuxième et la troisième planche des Plaisirs de Vile enchantée ; plus visible dans celui d'Euriale, à côté de Molière (Moron), sur la septième planche qui représente le dénoûment de la Princesse d'Klide.

Seize 'ans après la célèbre Fête de Versailles, de Visé, ayant, avec Thomas Corneille, son grand succès de la Devineresse, se donna le luxe d'ua almanach-estampc pour l'année 1680. L'almanach de la Devineresse nous montre encore La Grange dans deux scènes, l'une (acte III, se. xi), où M"" Jobiu cherche à efTrayer le Marquis par le prodige d'un corps dépecé qui rajuste ses membres, l'autre (acte V, se. v), où le vaillant incrédule oblige un faux démon à se rendre, le pistolet sur la gorge.

Si négligemment qu'aioit été gravées ces scènes de comédies, on reconnaît pourtant bien, dans le

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