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CRUE HET

I n’est qu’un moyen de tarir l’afflux des ruraux vers les villes où l’exode des travaux vers les campagnes, c’est de faire cesser l’opposition de tarifs qui existe entre la campagne et la ville; c’est, comme pour le travail à domicile, dunifier les salaires.

C’est une question dont se préoccupent vivement les ou-

(4) Cf. Eveil démocratique du 8 mars 1908.

(2) En novembre 1908, un entrepreneur de travaux du Métropolitain fit ainsi publier au son du tambour, dans divers villages des Côtes-du-Nord, des “offres alléchantes de travail pour des travaux de terrassements. Il faisait signer au préalable aux immigrants l'engagement suivant : « Je soussigné. demeurant à..., m'engage à me rendre, sitôt que j’en serai avisé, sur les chantiers de entreprise P.., et à y travailler pendant une durée minima de trois mois. Ce délai atteint, les frais de voyage qui seront avancés par l'entrepreneur, resterent à sa charge.

« Je travaillerai en qualité de terrassier, moyennant le prix de 60 centimes de l'heure, et je recevrai, en outre, une indemnité de 4 franc pour chaque journée passée dans le souterrain. » (Humanilé Au 26 novembre 1908.)

Le salaire réclamé par le Syndicat était de Q fr. 80.

Soumis à un régime de claustration absolue, mis dans l'impossibilité d'avoir &a moindre communication avec le dehors, il ne fallut rien moins qu'une grève “générale des terrassiers et de toutes les professions solidaires, englobant plus de 4.000 ouvriers pour exercer une pression suffisante sur le patron et obtenir eur expulsion.

vriers du textile, si éprouvés par la concurrence des campa- &nes. Depuis quelques années, ils ont porté tout leur effort vers l’unification des tarifs (1) et en ce moment même, dans Ja région lilloise, ils soutiennent, depuis plusieurs semaines, une dure grève pour arriver à ce résultat.

Mais c’est là un problème qui déborde ce cas particulier et qui mérite, par les intéressants aperçus économiques qu’il nous ouvre sur les aboutissants de l’action syndicale, de faire l'objet d’une étude particulière. (HI: partie, Ch. IE, $ IE, a.)

(4) Cf. V. RexaRD : Dans le lextile, unifions nos tarifs. — Humanilé, tribune syndicale du 3 mai 1909.

« Les tisseurs du Cambrésis, par leur organisation syndicale, ont imposé le tarif unifié pour tous leurs articles, ; les tisseurs du Sud-Est l'ont imposé ‘en partie à leurs employeurs, et ils sont décidés à en poursuivre l'application plus que jamais ; les syndicats ouvriers et patronaux du tulle et de la dentelle de la région lyonnaise viennent de signer un contrat collectif pour cinq années, dans le but d'atténuer la concurrence qui les épuisent ; les trieurs de laine sont en bonne voie de réussite pour l'unification de leurs tarifs : les cotonniers de la Seine-Inférieure, sur nos conseils, sont en train d'y travailler ; les tisseurs de la vallée de la Lys, région d'Armentières, qui tissent la toile et sont concurrencée par les campagnes et certaines localités citadines, étudient les différents prix payés dans chacune d'elles et s'apprêtent à revendiqueé l'application générale d'un tarif unifié. »

Là encore, les ouvriers supportent seuls la charge de cette œuvre de moralisation de la concurrence, et les meilleurs d'entre les patrons se bornent à appeler de leurs vœux la réussite d'une grève générale ouvrière. L

Un patron d'Armentières, lors de la grande grève de 1908, faisait les remrerquables déclarations suivantes

CASE Nous sommes les premiers à déplorer, croyez-le bien, l'échec de la grève générale. Les ouvriers ont eu grand tort de lancer leur mouvement saus une entente préalable. Ils vont avantager les mauvais au détriment des bons...

« — Et votre intérêt vous commande de mettre fin à la grève ?

a — Mais oui à la condition que les grévistes aient satisfaction.

PE La diversité des tarifs de la main-d'œuvre est la plaie de notre industrie. En demandant l'unification des tarifs, le Syndicat travaille pour nous autant que pour lui La guerre des tarifs est une calamité. Elle nous à valu trois longues grèves. La dernière à abouti au tarif de 1889. Nous l'avons Appliqué.… mais nombreux furent les industriels qui le violèrent. Gertains, plutôt que de l'observer, fondèrent des usines aux environs de Lille, à la Gorge-Estaire, à Bailleul, à Hazebrouck, etc. C’est ainsi que, d'une usine à l'autre, la différence des prix de façon s'élève jusqu'à 20 0/0. Prenons un “exemple : le treillis militaire. Je paie 11 centimes la façon d'un mètre de coite tuile. L'un de mes confrères, à cinq kilemètres d'ici, rogne sur ce prix à 3 centimes et { centime sur la préparation. Pour un grand nombre d'industriels impré voyants, mal outillés et intéressés, toute l'économie doit être prise sur le salaire. C'est absurde. » Cité par V. RexarD». Rapport à la Commission d'enquête pariementaire sur l'industrie textile. (Eng. parl., t, Li, p. 297-298.)

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