‹ Réglons nos comptes à propos de la question de Monnoir [microforme]Chapitre 4 sur 5 · ER · texte numérisé non relu

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gneur veut crucifier quelqu'un, il signe son nom avec une croix.

Messieurs, voulez-vous me permettre d'ouvrir ici une parenthèse ? Je vous ai dit que je ne voulais pas faire de politique, et je ne veux pas en faire. Je ne veux Pas .considérer, dans les circonstances, que le ‘‘Canada- Français” est un journal libéral ou conservateur ; mais je veux publier devant ceux qui m'entendent que son directeur et Son rédacteur sont deux hommes comme je voudrais qu il y en eût plus dans ce pays (vifs applaudissements.) Ils ont le cœur placé comme le mien : nous pouvons prier Dieu à senoux sans tomber à plat ventre devant un évêque.

Quelle a été la réponse de mon ami M Gosselin, le’directeur du ‘‘Canada-Français'' ?—"\ous me menacez d'interdiction, dit-il, J'apprends que monsitur 16 juge Monet, lui, n'a rien reçu, Vous ne lui avez fait aucun

reproche, et vous m'en faites, à moi, pour avoir publié ce qu'il a dit.

signaler dans le discours de monsieur le juge Monet quoi que ce soit de répréhensible, s’il y a lieu, je réparerai”. Mais on'est évêque ou on ne l’est pas ! et l'on se croit tout-puis-

Toutefois, si vous’ voulez me

sant ! La réponse de Monseigneur Bruchési a été celle-ci: ‘Si d'ici à mercredi prochain vous ne réparez pas le tort fait ‘aux fidèles, je sévi- FA

Mais l'attitude du ‘Canada-Français a été foudroyante pour ceux qui vivent du produit des collectes bienveiilantes faites dans nos églises L'on décida de prendre une action €n dommages de $25,000, au cas d’une interdiction dans les circonstances. (salve d'applaudissemeats). Messieurs, cela eut pris trop d'argent dans la caisse épiscopale, et le mercredi suivant s’est passé, et le deuxième, et 1: troisième-et le quatrième et le septième, et pas d'interdiction (applaudissements). Discutons un peu cette menace d'interdiction :

C'est moi qui ai fait le discours. Monseigneur ne me reproche rien, Le journal publie mon discours, il sera interdit pour avoir écrit ce que j'ai dit, moi, qui ne suis pas interdit.

Et j'ajoute : Pourrais-je être interdit Pour avoir dit ce qu’ils ont fait, quand les deux évêques ne sont pas interdits pour avoir fait ce que j'ai,dit.

Messieurs, je termine, j'ai dit que j'a

ais fait un voyage à Rome, l'hiver dernier, Un des monuments les plus antiques et des plus impiessionnants que j'aie visités, est le Colisée. Je vous ai dit aussi que nous avions perdu la caus: des prêtres du collège de Monnoir, ‘En me rappe-

lant.ce soir les ruires du Colisée, je ne puis’ m'empêcher de penser à nos

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martyrs de St-Jean. Le Colisée a été construit pour faire un grand cirque. C'était une arêne de plus de seize Cents Pieds de cir inférence et de cent cinquante-quatre pieds de hauteur; une foule de cent vingt mille Personnes fouvait y prendre place, C'est là que les martyrs, dans les premiéres époques du christianisme, étaient dévorés par les bêtes féroces, Quand Je visitai le Colisée, mon guide me montra l'endroit où les empe- ICUrS païens regardaient du haut de leur trône, dévorer les chrétiens qui venaient y Confesser leur foi. Et je rapproche en ce moment dans ma pensée, ce que j'ai vu là ct ce que je vois ici. Ici, l'on meydit : “Les prêtres du collège de Monnoir se sont soumis noblement, ne souffle: pas sur des cendres éteintes. Oui, monsieur le maire, mesdames et messieurs, les prêtres de Monnoir. se sont Soumis noblement. Mais les martyrs du Colisée aussi se sont soumis, et l’on en parle encore avec orgueil. Ils se soumettaient accablés, terrassés par la tyrannie de l'autorité constituée, et dans l'arène du Colisée, ils défilaient devant Néron, en disant : “C'ao- Sar morituri, te salutant.”' Les prêtres de Monnoir se sont soumis noblement, ils ont fait comme les premiers martyrs : ils ont passé devant l'archevêque et Ssaluant en sa personne l’ancien empereur famain, ils ont dit, en langue française, cette fois ““Monsaigneur, nous qui allons mourir, nous vous Saluons ’. (vifs applaudissements,. )

Une dernière réflexion : Monseigneur Bruchési dit Rome a décidé, je n'ai qu'à obéir !

tome a décidé, oui, mais Rome a décidé de retirer son ofîre, acceptée du vingt-six juillet, sur le témoignage et la dictée de Monseigneur Bruchési. Et c’est ce dernier, ‘et non Rome qui doit être tenu responsable de l’iniquité qui a été commise. (applaudissements durant plusieurs minutes.)

Mesdames, messieurs, en vous remerciant de l'attention que vous m'avez portée, il ne me reste plus qu’un devoir à remplir. C'est de vous présenter les résolutions dont j'ai parlé dans mon entrevue avec ‘Le Pays’.

Ces résolutions, qui ont été adoptées par le conseil de notre ville, se lie

sent comme suit :

“A la séance régulière de mardi, le trois septembre 1912, le conseil de ville de St-Jean, présidé par Son Ilonneur le maire A. F. Gervais, a passé, à l'unanimité, les résolutions suivantes :

“Considérant que les prêtres du collège de Monnoir sont venus à la

demande des citoyens de Saint Jean, s'établir dans notre ville ;

ES “Considérant que depuis trois ans le collège de Monnoir a donné à nos fils un enseignement commercial ct classique des plus recommandables et qu'il est du devoir de ce conseil de lui exprimer sa reconnaissance ; ‘Ce conseil regrette la disparition de cette maison d'éducation et lui exprime en même temps toute la gratitude que la ville de Saint-Jean entretient et entretiendra à l'égard du collège de Monnoir. ‘ Que copie de ces résolutions soient publiées dans les journaux." Copie authentique extraite du Livre des Délibérations du conseil municipal de la ville de St-Jean.

St-Jean, 5 septembre 1912.

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