‹ Réglons nos comptes à propos de la question de Monnoir [microforme]Chapitre 3 sur 5 · TS · texte numérisé non relu

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je nuirais plutôt à. ceux que je voulais défendre. Je Sais bien qu'un débat

Public n'était Pas le meilleur moyen de régler une duestion qui,de sa nature devait être réglée secrètement. Cel

a est parfaitement Vrai; mais ce que l’on ne. connaissait pas au “Devoir” et que

soir, c’est que si le débat public n'était pas le cette bataille, c'était le dernier !

Je Vais: vous dire, ce meilleur moyen de gagner (mouvements dans l'auditoire). 1] n'y en avait plus d'autre, En effet, depuis six MOIS, depuis six mois bien comptés, j'ai fait tout mon possible en secret, afin qu'on ne pût pas dire : ‘Vous voulez faire de l'agitation et un tion’, J'ai traversé l'océan

schisme avec cette ques- Atlantique pour me rendre jusqu'à d'y rencontrer les plus grands Personnar>s qui cité; j'ai sacrifié pour moi Ma famille— (c'était |

tome, afin Commandent à la catholile plaisir de Passer le premicz janvier avec a première fois depuis ving

t-cinqg ans) —cet Pour ne Pas intervenir avec mes fonctions de j1

e, j'ai profité de la vacance de janvier pour traverser les mers. Je suis alié plaider t, la cause du collège de Monnoir.

Et savez-vous ce au'on m'a dit, Cusez de vouloir créer un

à Rome même,en se-

Vous autres les journalistes qui m'acschisme et d'en appeler aux passions publiques Sur cette question ? Après avoir plaidé la cause de Monnoir—je l'affirme devant le Dieu de toute vérité—apres avoir exposé la cause au cardinal de Laï, je lui ai demandé s’il croyait ‘utile que je restasse plus longtemps à Rome, et Son Eminence, tout-à-fait favorable alors à Monnoir, me répon-

dit en me,serrant la main : “Je Vous souhaite un bon voyage et je vais

Prier Dieu pour que la cause se règle d'après vos conclusions''. (vifs ap- Plaudissements ). Et, aujoûrd'hui que la cause ne

s’est pas réglée d'après mes conclusions, Mgr Bruchési à l'aud

ace de venir dire, dans les colonnes de la, ‘“Presse”’, qu’il est bien obligé d'obéir à Rome ! Rome, l'y suis allé, et Rome est encore à mes yeux la ville de toutes les lumi Rome, comme le meilleur juge, ne peut décréter que d’

ges qui sont rendus, et si je jugement qui ét

ères. Mais après les témoignaait préparé lors de ma visite à Rome a été changé, voulez-vous me dire, messieurs, peut-être en personne Monseigneur Bruchési, voulez-vous me dire quels sont les Personnages qui peuvent avoir fait Changer ce Jugement ? Il y a un adage qui se rattache tant au droit civil qu'au droit chez à qui le crime profite": À qui la mort du collè profité dans cette circonstance ? Est-ce à

qui ici représentez

criminel : “Cher-

ge de Monnoir a-t-elle Mgr Bernard ? Non. Et ie Je disculpe entièrement de toute cette dernière Phase de la trag

édie qui vient de se d

nai—oui, messieurs de ‘La Presse’, publiez

ler, A qui l'assa

mon expression—l'assassinat du collège de Monnoir profite-t-il ? Est-ce à moi ? est-ce à vous, messieurs ? ou bien si ce n'est pas au collège de Monseigneur Bruchési dans notre ville de St-Jean” (applaudissements, cris de : Ionte ! honte !)

Et je suis parti de Rome emportant la conviction, la certitude que la cause du collège de Monnoir était gagnée. Car lorsqu'un prince de l'Eglise comme le cardinal de Laï me dit : ‘Je vous souhaite bon voyage et je vais prier Dieu pour que Ja cause se règle d'après vos conclusions”, il me semble que le Bon Dieu doit l'écouter et que je vais gagner ma cause tel qu'il vient de me le promettre (applaudissements. ) .

Maisstout à coup—et je ne peux retracer naturellement la trame de toute l'intrigue qui s'est jouée entre mon voyage à Rome et le résultat définitif—tout-à-coup, l'on apprend que l'oîfre d'Iberville est re tirée ‘parce que les circonstances sont changées’". J'ai déjà expliqué dans mon dernier discours ce que voulait dire l'offre d'Ibervilie par Rome et je n'ai pas besoin de revenir sur ce sujet. Mais je viens de toucher ce point pour vous démontrer qu'avant de faire un débat public, j'ai traversé l'océan pour tâcher de régler la question confidentiellement.

ien plus, depuis mon retour ici, j'ai correspondu pendant six mois avec Monscigneur lruchési. Je suis allé faire deux voyages à Ottawa, car gous attendions toujours des nouvelles définitives, et toujours en secret. J'ai voulu, dans la sincérité de mon dévouement pour des prètres Que je considérais être des martyrs, essayer de régler cette question sans que nos concitoyens protestants puissent se réjouir de cette difficulté. Mais dans toutes mes démarches, excepté à Rome, (c'est là que j'ai été le mieux reçu, car on y connait la politesse (applaudissements), excepté à Rome, dis-je, on m'a toujours rencontré non avec des argu-

ments—Oh non !

Dans not'e pays, il n’est pas nécessaire aux évêques d’argumenter. Nous sommes censés être ‘‘des fils soumis et obéissants” (rires et applaudissements)—et on me rencontrait toujours à Montréal avec cette réponse : “L'autorité !", et à Ottawa “Le collège de Monseigneur Bruchési ! il.ne faut pas faire concurrence au collège de Monseigreur Bruchési !”’ L'on criait alors : l'autorité ! Et maintenant que le débat est devenu public, on crie : scandale ! N'ayant plus que ce seul moyen de réhabiliter les prêtres de Monnoir, que l'on accusait d'être des

rebelles et des révoltés, quand c'est Monseigneur Bruché régler la question en permettant aux prêtres de Monnoir de se transpor-

ési lui-même qui se

co

re la dée

8 È D ee De ee ter à Iberville, j'ai cru qu’il était de mon devoir de dire ï, “‘Halte-là ! il faut que la vérité soit connue, et elle va l'être” (applaudissements prolongés ) :

Mesdames et messieurs, je vous ai dit qu'une des causes de notre défaite était la mentalité asservie de Ja plupart des laïques, et de certains journalistes en pafticulier. Je n'aime pas à rien avancer sans pouvoir le prouver.

J'ai reçu une centaine de lettres depuis mon discours du seize juillet. Il y en avait duatre-vingt-dix-sept sur cent qui me complimentaient. De ces lettres, jl y en avait trois qui ne faisaient des reproches. Et elles étaient pour moi un portrait si fidèle de la mentalité des laïques que si, d'un côté, je ne vous lis pas les lettres qui me disaient : “Ah! s'il y avait plus d'hommes comme vous, Comme le Canada se relèverait ? (ap- Plaudissements) ”, je veux vous lire celles qui me reprochent d’avoir pris l'attitude que j'ai prise. ,

L'une d’elles est une carte-postaleintitulée: ‘Monsieur le juge Monet, tristement célèbre”, St-Jean, P.Q.” Et cette carte postale me dit : ‘Qui mange du pape ou de ses ministres eu mourra” (rires et applaudissements ironiques). Messieurs, je n'ai jamais touché au pape; j'ai déjà touché à quelques-uns de ses ininistres, et je déelare que cet homme se trompe : on peut leur donner un coup de dent sans en être empoisonné (rires).

Une autre lettre, celle-là d’une personne très instruite et qui est de mes bons amis—ce qui prouve, comme je viens ‘e le dire, quelle est la mentalité des laïques dans ce Pays—me disait ceci :

“On nous a lu, ce matin, la circulaire de Monseigneur Bruchési… c'est vraiment pénible, Je connais vos SympPathies pour ces pauvres affligés (remarquez bien que la personne qui m'écrit est ‘Sympathique au collège de Monnoir). Vous n'êtes pas le seul à les plaindre et à les estimer. Ils font réellement pitié. Mais les choses en sont rendues à un tel point que tout en sympathisant à leur infortune il faut discontinuer de les soutenir’. Il n’y a pas à examiner “si la chose est juste ou non 'Crires), il s’agit de se soumettre aux ordonnances de l'autorité religieuse et légitime, sans quoi nous risquons d'attirer sur nous “de terribles châtiments” (rires). Laissez donc aux évêques Je soin de s'arranger avec

leur conscience, tant pis s’ils manquent à leurs devoirs !”.

Les châtiments du Ciel ! Le ‘triduum nous en a donné un exemple ici:

à peine était-il terminé dans votre église de la ville de St-Jean que le

tonnerre tombait sur l'église, brisait son orgue ! (applaudissements, rires et acclamations) et descendait le coq du sommet de son clocher, tandis que la foudre épargnait l’autre église de St-Jean où je vais à la messe et où l’on n'avait pas chanté de triduum.

J'avais écrit à Monseigneur Bruchési qu'il triomphait en vertu de l’adage : La force prime le droit. Les anglais ont traduit ce proverbe en disant : ‘‘A rooster is master on his own dung-hill”’ et les français ont retraduit le proverbe en disant: ‘Un coq chante bien fort sur son fumier”? (rires, applaudissements, acclamations.) Si Monseigneur Bruchési veut bien prendre augure de ce dernier châtiment du coq, il ne chantera pas trop fort son injuste victoire,

Je vous ai dit, comme seconde raison de notre défaite, que l'épiscopat canadien se croyait tellement tout-puissant en ce pays qu'il pouvait faire presque—notez bien, messieurs les journalistes—presque n'importe quoi dans les questions libres, et qu’il était toujours certain d’être obéi' quand même, Aussi, depuis que la question du' collège de Monnoir est devenue un peu vive, Monseigneur de Montréal a-t-il imposé—et je le déclare sans crainte c'étre contredit, en dépit de l'article de ‘La Presse’, de cette semaine—a-t-il imposé un baillon aux rédacteurs des journaux canadiens-français en décrétant que tout ce qui serait publié dans la presse au sujet du collège de Monnoir devrait être revisé à l’archevêché (cris de: honte ! Et, je le répète, c'est un peu à cause de cet asservissement de la Presse que nous n'avons pas gagné notre cause, Car Monseigneur Bruchési croyait que tout serait caché.

. Mais la tricherie revient toujours à son maître, comme le dit le proverbe ; et remarquez bien la logique des événements qui se sont succédés depuis que cette question est venue devant le public.

Monseigneur Bruchési baillonne la presse française de Montréal—je ne parle pas du ‘‘Pays'’, naturellement (applaudissements)—,baillonne certains quotidiens de la ville de Montréal. Résultat pratique : les prêtres ne pouvant se défendre dans les quotidiens de Montréal, la ville de St- Jean convoque une assemblée où je viens, à la demande de monsieur le maire et de vos citoyens les plus influents, exposer la défense complète du collège de Monnoir. Qu'est-ce que Monseigneur Bruchési avait gagné avec ses menottes et son baillon ?

Deuxième fait : les journaux français de Montréal, représentés à l'assemblée du seize juillet, font un rapport absolument inique, absolument injuste de mon discours; et je dois dire, car ce serait pour :moi une injustice

de ne pas le faire, que la ‘‘Gazette" fut le seul journal de Montréal, produire à peu près ‘‘in extenso”', mes remarques sur la dissements.). Résultat pratique :

exemplaires.

à requestion (applauje fais publier mon discours à dix mille Ce qui veut dire qu'au Moins trente mille personnes l'ont lu, et que six à sept mille le garderont dans leur bibliothèque comme Cument qui n'a pas été réfuté Capplaudissements, prolongés. 13 Non, messieurs, mon discours du seize juillet

un don'a pas été réfuté. Il est bien vrai que ‘La Prese'’, dès le lendemain, a déclaré que mon dossier n'était pas complet, et on m'a prié, mardi dernier, de constater, de plus, que l'on avait dit : ‘‘pas exact”. On m'a dit que j'étais franc-maçon, mais l'on n'a pas dit que j'avais faussé la vérité. Jamais été franc-maçon, mais même si je l'étais,

Je ne suis pas et n'ai est-ce que la vérité dans n'est pas plus agréable À Dieu que le mensondans la bouche d'un hypocrite ? [lypoc (cris, huées

la bouche d'un franc-maçon

rites Que vous êtes à la ‘Presse’!

) Hypocrites ! comment ! J'ai fait d'après vous, des avancés qui ne Sont pas exacts, Par conséquent, j'ai calomnié ttes des journalistes €

Vous t vous ayez Pour mission de répandre la lumiert par tout le monde, 1] ÿ a sept Semaines que ma calomnie reste vivante, et ous ne l'avez pas encore contredite ! (cris, huées, pandémonium DE: Quand je lis des phrases aussi pertides que celle-là,

je ne peux pas croire que ce soit un rédacteur de ‘‘La Presse” qui l'ait

écrite. Je crois plutôt que cela vient d'une autre classe de citoyens à qui il semble, lorsqu'il s’agit de prêcher ce qu’ils croient Ctre ‘‘la bonne cause’, que tout leur soit permis. Allons ! est-ce là du ‘fair play”? Voici un discours publié en pamphlet, qui circule non seulement dans la ville de St-Jean, mais dans ‘oute la province de Québ et dont on a dit il y

ÿ a cinq seinaines, ce j'on répétait hier : “Il y à quelque chose

d'inexact, nous

Pourrions le prouver, mais nous ne le prouvons pas aujourd'hui”. Pour-

me suis {trompé ? Vous savez que par convenance Pour ma position, je ne Pourrai

débat, même quand vous vous serez servi de

quoi ne le prouvez-vous pas, si 4e

continuer plus longtemps ce nouveau, peut-être, de la faculté de mentir que vous avez si bien exercée jusqu’à aujourd'hui(cris de : honte ! honte!)

Mon discours n'a pas été réfuté “La Presse” à dit qu'il n'était pas complet : Je vais compléter le dossier ce soir Capplaudissements) . Mais cette insinuation n'est pas nue rien que de ‘‘La Presse'’ k presque tenté de croire qu'il y a certaine

et je serais affinité entre ses rédacteurs et un de nos vicaires de la ville de St-Jean (rires).

En effet, le dimanche qui a suivi mon discours— (j'aime à parler ouvertement, et quand je trouve un nom qui est respectable après tout, je ne Vois pas pourquoi je’ne le prononcerais pas en public. d'autant plus que ce serait faire injure à l’autre vicaire que de ne pas nommer celui qui est coupable (applaudissements)—un nommé Boileau, vicaire en notre ville, a d'. ceci, entre autres choses : “On a été jusqu'à insinuer que Rome avait pu être trompée, en disant : On va en appeler sur des ‘‘questions de fait, de Rome à Rome mieux informée. ”.

Eh bien ! monsieur le vicaire, et messieurs ,

ses amis, de ‘‘La Presse’ surtout (rires), je vais compléter le dossier, et ie vais vous démontrer Si, oui où non, Rome peut être trompée sur des questions de fait.

Je vous ai dit tout à l'heure que j'avais traversé l'océan Atlantique Pour aller à Rome plaider, au mois de janvier dernier, la cause de Monnoir. Le collège me dit ce

: “Lors du Congrès Eucharistique, le cardinal Vanutelli, représentant immédiat du Pape, a reçu un mémoire relatant toute la question, et il a trouvé ce mémoire ér:, si sérieux, si pondéré, si documenté, si raisonnable qu’il a promis de voir le Pape et de l’intéresser à la question du collège de Monnoir."

Le Cardinal Vanuteïli part d'ici. On attend pendant des mois et des mois, des nouvelles de son entrevue avec le Pape. Nulle réponse ne vient. On me délègue à Rome pour savoir ce qui en est. J'arrive à Rome. Ma première entrevue fut avec le cardinal Vanutelli, lui-même. J'ai toujours été de beaucoup de précaution, et je me rendis chez le cardinal en compagnie de quelqu'un Que je ne vous nommerai pas ce soir. Je demande à Son Excellence à brûle-pourpoint, pour sauver du temps, quel était le rapport ‘il pouvait me faire de la mission qu'il avait acceptée, lors du Congrès Eucharistique, de voir le Pape et de causer avec lui de la question du collège de Monnoir.

“—La question u collège de Monnoir ? mais comment ! giée, me répond-il.

elle est ré-

“—Réglée ? mais j'ai traversé l'oc'an pour avoir des nouve tre entrevue avec le Pape, c’est qu'elle n'est pas réglée'!. “—Mais oui, elle jest réglée.” ,

lles de vo-

Lt devant la personne que je vous ai mentionnée tout à l'heure, cardinal Vanutelli me dit ceci :

le

“—J'étais rendu à St-Boniface, et Monscigneur Bruchési, m'a télégraphié (remaïquez bien, je vous cite le mot à mot

qui restera gravé \ans ma ménoire aussi longtemps que j'aurai un souffle de vie; il a commen-

cé par me dire : Je suis heureux de vous apprendre. puis il s’est repris: pour réciter le télégramme mot à mot) : ‘‘J'ai la grande joie de vous apprendre que la question du‘‘collège de Monnoir est enfin réglée’? (mouvements dans l'auditoire, cris nombreux de: Honte ! honte !)

Et son Eminence le cardinal Vanutelli me dit : ‘‘Appresant que la question du collège de Monnoir était réglée, je n'ai pas vu le Pape, je ne m'en suis plus occupé, et je ne m'en rappelle plus les détails. Voyez le cardinal de Lai.’

Monsieur le maire, mesdames et messieurs, je vous ai dit au commencement de mes remarques qu'un des buts de mon assemblée était de faire connaître à l'épiscopat canadien que, nous, les laïques, exigerions d'eux dans leurs actes publics la même honnêteté, la même droiture que nous exigeons des laïques (applaudissements.). Je vous laisse à juger du procédé machiavélique de Monseigneur Bruchési qui, sachant que si le lape connaît la question de Monnoir, les prêtres de Monnoir auront justice ; sachant que le cardinal Vanutelli s'es chargé de parler au Saint-Père de cette question, lui télégraphie : ‘‘La question‘est réglée” (cris redoublés de : Honte ! honte !:), Vous savez si elle était réglée, n’est-ce pas?

Eh bien ! voici comme réponse à ce que l’abbé Boileau a dit en chaire ici. Vous voyez que Rome peut-être trompée, même par votre archevêque. Et j'espère que ‘‘La Presse’ prendra note que j'ai complété le dossier que j'avais promis de compléter (applaudissements.).

Je vous ai dit que si les laïques moniraient plus de fermeté lorsqu'ils sont en conflit avec les évêques, et même avec les curés—car je veux ici généraliser ma thèse—nous ne verrions pas . utant d'abus de pouvoir. Je parle ici naturellement des questions libres ; dans les questions de dogme, dans les questions de morale, je suis soumis à l'Eglise comme tout autre cathplique. Je pratique la religion catholique depuis que je suis né, je l’ai toujours pratiquée, et j'espère la pratiquer jusqu'à ma mort, à moins que l’on ne me ferme la porte de l'église par un abus de pouvoir (applaudissements.}). Mais comme vous, messieurs, lorsque je prie Dieu, je me contente de me mettre à genoux. Puisque Dieu ne m'a donné que deux pieds, il n’exige pas je je me mette à quatre pattes devant Lui ou devant ses représentants. (applaudissements.)

Je vous ai dit, mesdames et messieurs, que si monseigneur Pruchési avait cru que tout serait dévoilé, c'est-à-dire que s’il ne s'était pasfiéà la la veulerie des journalistes de Montréal et aux menottes qu'il a mises À leurs poignets, nous u’aurions pas perdu notre cause. Croyez-vous sincère-

ment que j'aie exagéré, et que si Monsegneur Bruchési avait jamais pensé que la conduite qu'il a tenue dans cette affaire deviendrait publique, il aurait tenu cette même conduite ? Moi, pour le moins, je ne le crois pas.

Mais Monseigneur a ses adulateurs qui lui disent : ‘‘Frappez, les Canadiens sont encore ‘‘les fils soumis et obéissants”’, il a oublié de noter l'évolution—l'évolution, je ne dis pas la révolution encore, mais l'évolution mentale qui se fait chez notre peuple, depuis deux ou trois ans (applaudissements.) Ce n'est un secret pour personne qui a lu l'histoire, que ce sont ! s persécutions qui ont fait les martyrs. Ce n'est un secret pour personne qui a lu l'histoire, que c'est l'oppression qui a fait les héros des annales de toutes les libertés humaines. (le reste de la phrase est couverte par un tounerre d’applaudissements). Des prôtres—notez bien cela, messieurs de la ‘‘Presse’”’ pour le dire au personnage qui a écrit votre article de cette semaine—des prêtres m'ont écrit ceci : ‘Monsieur le juge, vous avez crevé un abcès. qui était en train de gangrener l'Eglise. (tonnerre d’applaudissements) … Parlez, parlez quand même !’’ (vifs applaudissements.).

J'ai dit que l'oppression a fait surgir tous les héros des libertés humaines. Jusqu'à il y a deux ou trois ans, aurait-on jamais pensé que l’un des plus grands évêques de la catholicité pourrait venir dans la province de Québec prêcher une doctrine, et que parmi ceux qui écoutaient cette prédication il pourrait se lever un homme qui dirait : ‘‘Halte-là, je n'ai pas la soutane ni le collet romain, encore moins la mitre et la crosse, mais ce que que vous dites Ià ine parait injuste et je proteste !’” (vifs applaudissements).

Il y avait bien des commencements d'évolution. Monseigneur Fallon, (c'est un évêque, mais n’hésitons pas à le dire, sa conduite à notre égard est inique), se permit de dire dans Ontario:‘‘A bas les écoles biiingues’”, c’est-à-dire à nos compatriotes canadiens-français, aux fils des preux qui ont ouvert ce pays à la foi et à la civilisation : ‘‘Je veux vous couper la langue, parce que vous parlez le langage de vos ancêtres”. Mais vous savez qu'il y a eu des protestations. au ‘Devoir’ surtout ! (vifs applaudissements et rires):

De l’autre côté de ;la ligne 45ème, Monseigneur Walsh, un autre évéque, s’est dit : ‘‘Je ftis bombance sur les rives de l'Atlantique, je suis maître de tout ce que les catholiques versent au trésor, qui m'appartient. Vous, pauvres ouvriers qui peinez, que me font vos ennuis! du moment que Vous me versez Chaque semaine, chaque mois ou chaque an-

née, des sommes rondes qui me permettent de vivre comme un pacha !

Vous allez continuer, où vous serez excommuniés’", Mais halte-là, il y a eu des protestations, et Rome, elle-même, a jugé à propos de mettre fin à ce scandale ot anisé et entretenu par Monseigneur Walsh. (applaudissements.) ‘

Mais le point culminant, le point principal de l'argument que je veux faire sous ce rapport, c'est au sujet de Mgr Bourne, un grand archevéque d'Angleterre. Vous savez tous l'histoire du Congrès Eucharistique de septembre 1910. Je vous prie, messieurs, de vouloir bien croire que je n'ai pas le droit de faire d’allusions à la politique. Si J'avais ce droit, Ie répondrais à ‘Evénement’ qui m'a traité de saltimbanque politique. Mais je suis juge, il n’y a plus pour moi ni bleus ni rouges et je suis devenu tout simplement incapable de voir les couleurs des politiciens. Veuillez donc ne tirer aucune déduction politique de ce que je vais vous dire maintenant. Monseigneur Bourne, le primat d'Angleterre, archevêque de Westminster, nous arrive ici, au congrès Eucharistique de 1910. Lors dé la grande manifestation qui a eu lieu dans le Sanctuair’ de l'église de Notre-Dame, à Montréal, Monseigneur Bourne était un des principaux orateurs. Monseigneur Bourne est Anglais d'Angleterre, c’est le pri-

mat d'Angleterre, archevêque de Westminster. Et 12 se présentant dans

le sanctuaire de l'église de Notre-Dame, il exposa cette thèse-ci (Je vais citer mot à mot, car ‘‘La Presse” pourrait dire que je ne suis pas exact) :

“En d’autres termes, l'avenir de l'Eglise en ce pays, et la répercus- ‘sion qui en résultera dans les vieux pays de l'Europe, dépendront, à un

“degré considérable, de l'étendue qu'auont définitivement la puis ‘l'influence et le prestige de la langue et de la littérature anglaises en “faveur de l'Eglise Catholique.

la litté- “rature anglaise—en un mot la mentalité, anglaise tout entière n'aura pas

“Tant que la langue anglaise, les façons de penser anglaises, ‘été amenée à servir l'Eglise Catholique, l'œuvre rédemptrice de l'Eglise ‘‘sera empêchée et retardée.”

Voici donc l'énoncé d’une nouvelle doctrine dans ce pays. Elle est prêchée devant t tes les sommités du Canada. Sir Wilfrid Laurier, premier ministre, étaiv là; le gouverneur-général y était représenté par feu l'houorable M. Girouard, juge en chef de la cour suprême ; il y avait à peu près deux cents évêques et cinq cents prêtres ; il y avait quatre ou cinq cardinaux pour entendre la parole de Monseigneur Bourne. Il y avait des

juges, ii y avait des avocats, il y avait des notaires. Les avocats se Aisaient : ‘‘Cela nous parait fort d'être obligés d'apprendre l'anglais pour rester catholiques". Il y avait des politiciens et Monscigneur Bourne s'était servi des termes ‘fédération impériale" et ‘‘protection navale de

la Colombie Anglaise". On trouvait que ce n'était pas convenable de parler de fédération impériale dans l'église de Notre-Dame. Mais c'était l'ar chevêque de Westminster, le primat d'Angleterre, qui Je disait. Or, ‘‘qui mange du pape et de ses ministres en mourra'’, n'y touchons pas Les notaires—jce ne parle pas de ceux de St-Jean, car nous en avons cinq et ils sont tous sympathiques à la cause de Monnoir— (vifs applaudissements).—les notaires et les autres hommes de profession disaient

“Est-ce que nous allons élever la voix contre un archevèque ? mais, cela,

n'a pas de !

sens commun Nous alloïs perdre notie clientèle ! Du moment que c'est le primat d'Angleterre qui le dit—comime le disait une des lettres que j'ai reçue—il n'y a pas à considérer si la chose est juste ou non, inclinons-nous'”

Il y avait cependant un homme qui, dans les circonstances, était obligé de se lever : c'était Monseigneur Bruchési, Gardien de nos traditions nationales autant que religieuses il représentait là réellement les Canadiens-français de cette province. Mais si les avocats, les notaires, les mé decins pensaient à leur clientèle, Monseigneur Bruchési pensait à quelque chose ‘lui aussi et, s'était dit ceci. (quelques voix crient chapeau! ) Eh oui! vous l'avez deviné. Monseigneur Bruchési s'est dit : “Il n'y a pas de doute que Monseigneur Bourne n'ést pas raisonnable de parler ainsi, mais ,si je proteste contre ce qu'il a dit, que va-t-il m'arriver ? Le primat d'Angleterre doit avoir son influence à Rome. Depuis quatre ou cinq jours j'examine les grands personnages de la catholicité, l'ai logé avec des cardinaux, je suis intelligent— (et c'est Vrai), j'ai la voix onctueuse et très douce— (et c'est encore vrai). En me regardant dans mon miroir, puis en regardant les cardinaux, je trouve que ma tête ressemble tout-à.fait à la tête d'un cardinal (rires, applaudissements.) ; et entre le chapeau et la tête, est-ce que ce n’est pes la tête qui est la plus importante ? Done, puisque j'ai la tête, j'aurai le chapeau ! Et monseigneur Bruchési n’a rien dit

Mais si à Rome, on toise les hommes, Je chapeau se fera attendre encore longtemps. (applgudissements.) &-

Pourtant, il y ayait quelqu'un dans l'auditoire qui ne convoitait pas le chapeau de cardinal, qui n'était pas avocat, qui n'avait pas de clientèle à

oo

conserver ; il y avait un homme dans les veines duquel coule tout ce qu'il y a de sang français dans son .ssence, il ÿ avait le petit-fils de Papineau, lui qui, pendant quarante ans... (la fin de la phrase est couverte par une salve d'applaudissements.), Ce que l'archevêque n'a pas voulu faire, ce que l'avocat et le notaire de Montréal n'ont pas voulu faire, ce que le premier ministre d'Ottawa ne pouvait pas faire, ce que le premier ministre de Québec n'a pas fait, c'est mon ami Bourassa qui. l'a fait (applaudissements redoublés, bravos). Jg l'ai pris pour modèle dans tous les conflits qui surgissent entre évêques ct laïques. Jugez si j'ai été dé sappointé de son article du dix-sept juillet. Mais passons (rires). Monseigneur Bourne avait donc dit que pour faire prospérer autant que possible l'Eglise Catholique en Canada, il fallait généraliser l'usage de la langue anglaise. Et M. Bour:

ssa se leva, sans avoir d'autre larme offensive que son immense talent, pour cuirasse, sa vie publique faite de désintéressement et sa vie privée Sans tache et sans reproches (applaudissements prolongés) et M. Bourassa a dit

“Sa Grandeur à parlé de la question de langue Elle nous a peint “l'Amérique tout entière comme touée dans l'avenir à l'usage de la ‘langue anglaise, et au ‘‘nom des intérêts catholiques'' elle nous a ce- ‘‘mandé de ‘faire de cette langue Fidiome habituel” dans lequel l'Evangile ‘serait annoncé et prêché au peuple.

“Quoi qu'il en soit, la langue anglaise est , devenue l'idiôme de l'Ir- ‘“‘landais comme celui, de l'Ecossais.'"’ Laissons à l'un et à l’autre, comme “à l'Allemand et au Ruthène, comme aux catholiques de toutes les na- “tions qui abordent sur cette terre hospitalière du Canada, le ‘‘droit de “prier Dieu dans la langue” qui est en même temps celle de deur race.

‘“N'arrachez à personne, à prêtres du Christ ! ce qui est le plus cher “à l'homme après le Dieu qu'il adore."

Messieurs, je ne dirai pas de M. Bourassa ce que je lui dirais s'il était présent. Mais notez bien ceci—et que les rédacteurs de la ‘Presse’ et de ‘‘l’Evénement”" prennent bien le rapport, de mon discours : Est-ce que M. Bourassa a jamais passé pour un franc-maçon ! est-ce que M. Bourassa a jamais passé pour un impie ? est-ce que M. Bourassa a jamais été traité d'homme sans principes, du moins par ‘“L'Evénement” et ‘‘La Presse’, pour avoir fait ce discours ? Moi, parce que j'ai raconté que Rome avait dit : “Voulez-vous, messieurs æ Monnoir, traverser à Iberville, pour régler la question et que les prêtres ont répondu : ‘Nous acceptons'’ ; parce que, pour être du côté de Rome, je me trouve con-

tre Monseigneur Bruchési, je vusse pour un saltimbanque, pour un franc- MaçÇon, pour un impie et un homme sans Principes. Et M. Bourassa qui, pendant vingt minutes, a donné à Monseigneur Bourne la meilleure leçon qu'il ait jamais reçue dans aucun pays du monde, reste un grand homme et un grand catholique. (applaudissements.)

Je ne vous dirai pas tout ce que M. Bourassa a dit en cette rirconstance à Mgr Bourne. Mais Monseigneur Bourne, scandalisé de la leçon qu'il venait de recevoir d'un laïque, d'un de ces laïques qui sont ordinairement si soumis et si oblissants, se rendit immédiatement après la démonstration de l'église de Notre-Dame, au bureau du ‘Devoir’. 11 s'expliqua et tenta de faire comprendre qu’il avait raison.

Messieurs, je n'ai ni le talent ni l'éloquence de M. Bourassa, mais il y a quelques chose qui se ressemble en nous deux : nous avons le cœur et l'estomac faits de la même manière (applaudissememts), et quand: nous avons vomi quelque chose, on ne nous le fait jamais ravaler pour aucune considération. (applaudissements )'.

Aussi, malgré les instances de Monseigneur Pourne, M. Bourassa n'a pas voulu ravaler ce qu'il avait dit de lui, pas plus que je ne ravalerai ce que j'ai dit'de Monseigneur Bruchési, ce soir (applaudissements). Non seulement M. Bourassa n'a pas ravalé ce qu'il avait dit, sais craignant

—t il avait raison, j'en sais quelque chose—que Monseigneur Brachési ne voulut pas que son discours parut dans le rapport du Congrès Eucharistique, M. Bourassa »o pris ses précautions, et comme moi—c'est drôle comme nous nous ressemblons en certaines choses—il fit publier une brochure. Et cette brochure porte le titre de ‘RELIGION, LANGUE, NA- TIONALITE’. Or, non seulement il n'accepte pas les raisons que lui a données Monseigneur Bourne dans son entrevue explicative, mais il lui dit ceci : ‘‘Vous et Monseigneur Ireland, vous êtes deux assimilateurs

“La nuance discrètement impérialiste de l'un èst remplacée chez l'autre par une teinte assez forte de jingoisme.

“A la thèse que l'avenir du catholicisme au Canada dépend principalement de la diffusion de la. langue anglaise, j'oppose la thèse que dans l'avenir comme dans le passé, le catholicisme ne peut et ne doit être ni anglais ni français, mais essentiellement catholique...

“Par contre, dans plusieurs diocèses gouvernés par des évêques de langue anglaise, les Canadiens-français ou les Acadiens ont été privés systématiquement de prêtres de leur langue et de leur nationalité; et l'enseignement du français a été proscrit ou restreint.

‘“‘Des hommes appelés à l'upostolat Catholique, dont la plupart se

sont éclairés et réchautfés à ce flambeau qui déjà brille depuis trois siè cles, out autre choses et mieux à faire qu'à

ternir son éclat, même pour Plaire aux Puissants du monde et

désarmer la haine de ceux qui haissent d'autant plus l'Eglise qu'elle est pius forte et plus vivante," C'est la thèse même que M. Bourassa a prêchée dans le l'église de Notre Dame,et je l'admire ‘avoir été le pour relever un peu la 1 ilité de nos laïques se perd dans les acclama 8). n'y avait

cela, et je n'ai que 1

sanctuaire de Premier à faire un pas (le reste de la phrase que lui pour parler somme

‘ambition de marcher sur ses traces, sous ce rap port (applaudissements) .

Je vais maintenant vous Parler de ‘La Presse" (rire . Cris, huées)

Messieurs, il y a des gens qui Kagnent leur vie à vendre des guenil

les. ‘‘La Presse’ Bugne sa vie, elle, à vendre tous les soirs, sept ou

huit onces de chiffon à ceux qui sont trop pauvres pour s'acheter du pa- Pier de toilette (rires, huées, applaudissements frénétiques )

our cela, qu'à toutes les heures du jour,

Et c'est les produits du cerveau des ré dacteurs de ‘La Presse” s'écoulent dans les Canaux d'égoût de la pro Vince de Québec (éclats de rires re loublés. )

l'onc, ,‘La Presse’ en lisant l'entrevue que j'as

ais donnée au ‘Pays à monwetour de San Francisco,

et constatant que j'étais indigné de sa Partialité et de l'injustice qu'elle venait de commettre en publiant ‘‘que les prêt; de Monnoir s'étaient soumis sans condition", quand {e ‘'exeat''—lisant, disde, que j'étais indigné et que j'allais tenir une assemblée, peut-être peu à cause de ce mensonge, m'a décoché un article à double colonne et très violent.

savais qu'au contraire ils avaient tous obtenu leur

un

“La Presse" était fière d'humilier ces prêtres en disant “Ts 6e

sont soumis sans condition". Cela Comporte en effet qu'ils admettaient

avoir eu tort sur toute la ligne, et j'ai déclaré dans l'entrevue que j'ai

donnée au ‘Pays’: ‘C'est archi-faux ce que ‘La Presse à dit quand

elle affirme dans ses colonnes que les prêtres se sont soumis sans condition'—et j'ai ajouté : ‘C'est Pour faire plaisir à l'autorité ecclésiastique de Montréal qu'on écrit ce mensonge." Là-dessus ‘La Presse s'est indignée. J'ai lu son article, i'ai eru, à la première lecture qu'il avait été écrit par un prêtre ou un chanoine de l'archevêché, Je le crois encore. Il y a, en etlet, des expressions qui Portent leur marque de commerce ( ri-

res). On dit, par exemple: ‘Nos frères séparés”, les vrotestants A-

mr

mm

Ve4-Vous latiais entendu un laïque dire en parlant des protestants ‘now Irères séparés"? (rires) I n'y a que les évôques et les prâtres qui disent ‘nos frêres séparés", Le Pau Vre homme qui a écrit cola, aurait dû comprendre qu'au Premier coup d'il, celui qui s'y entend un peu en fait de journalisme, dirait “Cela Vent de l'archevôché" Mais ‘‘La Presse" le nie en termes ronflants que Vo ci Qu'il soit dit d'abord, une fois Pour toutes que nous ne Connalssons pas d'entraves à ‘‘La Presse’ dans l'exercice de ce que nous croyons Ct:e notre devoir".

Ainsi, jumais l'archevêque de Montréal n'a mié d'entraves à ‘La Presse"; jamais il n'a baillonné “La Presse", de Montréal! Eh bien ! messieurs de ‘La Presse”, si cela est vrai, vous êtes encore plus vale. : que je ne l'avais cru Cbravos, applaudissements. ) Les nègres vos ancétres, par filiation mentale (car vous avez la peau des blancs civilisés, Mais Vous avez l'Âme asservie des nèxres), oui, les nègres, au moins, Quand leurs maitres esclavagistes leur demandaient de faire quelque chose qui leur répugnait, attendaient les coups de fouet

; Mais Vous, vous Courez de Vous-mêmes faire votre cour à Monseigneur Bruchési, et vous lui dites : ‘Archevèque, nous allons mentir pour vous être agréable" (apblaudissements, cris de : honte! honte !

“La Presse”

ment-elle, oui où non, pour ctre agréable à Monseigneur Bruchési? Réglons le cas, non par des injures, mais par des faits. Ce sont les faits qui parlent et non toutes les épithètes du vocabutaire poissurt à la disposition de “La Presse” et de “L'Evénement''. Outre le mensonge que je Viens de dénoncer, avez-vous dit la vérité, messieurs de ‘La Presse" ou avez-vous dit une fausseté, pour faire plaisir à Monseigneur Bruchési, en publiant, dans ce même article : “Depuis trois ans, Eous avons vu l'autorité religieuse battue en brèche, obstinément, par ceux-là qui en devaient être le premier soutien.‘

Ainsi, : ‘après ‘La Presse'', pendant trois ans, les prêtres de Monnoir ont battu en brèche l'autorité ecclésiastique, Messieurs, j'ai dit dans mon discours du seize juillet dernier, que Pome Par l'entremise du délégué apostolique, Mgr Stagni, a déclaré ceci : “Suivant des instructions reçues de Rome... etc.."”, e* ie vous ai lu, la lettre par laquelle les prêtres de Monnoir acceptaient l'offre de Rome de se transporter à 1berville, pour la construction de leur collège. Voici des prêtres qui disent, quand Rome leur fait une suggestion : ‘‘Nous acceptons'”, et ‘La Presse” est assez mensongère, assez serviie, afin de plaire à Monseigneur

Bruchési, pour déclarer üans ses colonnes que, pendant trois ans, ces

prêtres se sont révoltés contre Rome (cris de : honte ! honte !), quand

ce sont les prêtres qui se sout soumis aux ordres de Rome dès le vingt- Six juillet 1911, et que c’est Monseigneur Bruchési qui a fait retirer cette offre.

Dans un autre Paragraphe, qui, cette fois, s'adresse à moi, ‘‘La Presse’? dit : “Nous pouvons même lui reprocher d'avoir, en plusieurs circonstances, Compromis la dignité de la magistrature. Le neuf juillet 1911, alors que l'administrateur du diocèse de Montréal était à St-Jean dans l'exercice de ses fonctions, M. le juge Monet a envahi le presbytère, à la tête d’une population ameutée et s'est livré à des violences de langage véritablement inouies…. etc.

STE chevèque de Montréal, dit-il, persiste dans sa décision,

nous le haïrons autant que nous aimons les prêtres qui sont parmi nous”,

Messieurs, j'ai nrononcé ces paroles, et je vais les soutenir ce soir.

Quand j'épouse une cause, je ne l’abandonne jamais.

“La Presse” me reproche d’avoir envahi, avec une foule ameutée, le Presbytère de St-Jean, le neuf! juillet 1911. Voulez-vous rappeler vos souvenirs, messieurs ? Ai-je envahi, le P:esbytère, ou n'est-ce pas M. le chanoine Roy lui-même—peut-être celui qui a écrit cet article de ‘La Presse”—qui, du haut de la chaire, nous a invités à aller le rencontrer au presbytère ? (applaudissements) . Comme je ne suis Pas un franc-macçon, j'étais à la messe, et j'ai accepté l'invitation Capplaudissements) . “La Presse” jette tout simplement l'insulte à la Population de St-Jean. “Une foule ameutée”’, une foule de chiens enragés, car c’est cela que veut dire ‘‘une foule ameutée’’, ‘a envahi à ma suite les marches du presbytère”’ ! : Mais quoi ! je vois ici le doyen des hommes de profession de Ja Ville de St-Jean. Son nom est.si honorable qu’il me permettra bien de le

mentionner, monsieur le notaire Archambault. I] était avec moi,

comme il y est encore aujourd'hui. ;

(vifs applaudissements) . Et puisque “La Presse” est assez Stupide pour écrire que j'étais à la tête d’une ameutée, je vais donner les noms de ceux qui, d’aufourd'hui, avaient alors l'allure de chiens

Le second qui me

foule aux yeux de ‘“‘La Presse”, enragés.

Suivait était-il un émeutier ? Jeune homme intelligent, homme d'avenir, homme de jugement, mon ami le magistrat St-Cyr (vifs applaudissements) . Maus, les quatrecinquièmes des hommes de profession de la ville de St-Jean, étaient avec moi, ci

e jour-là, Je vois ici sur l’estrade le doyen de la profession d'avocat,

le régistrateur de St-Jean,

mon ami M. Carreau (vifs applaudissements.). 1] Y avait . monsieur Girard, le plus vieux des avocats pratiquants. I] à parlé comme moi à cette assemblée, Est-ce que ce sont des hommes qu'on ameute, ceux-là ? Mais si j'ai été inconvenant, si j'ai été grossier, pourquoi des hommes polis comme mon ami St-Cyr ne m'ont-ils pas repris? Il y en a parmi eux qui ont changé d'opinion, je suis certain qu'ils sont sincères ; mais qu'ils me donnent je même bénéfice du doute en disant, et que ‘La Presse’ l’admette, que je n'étais pas un émeutier, un homme qui semait des Paroles de haine, Nous étions tous unanimes alors à demander à Monseigneur Bruchési de ne pas tuer un collège de soixante ans d'existence, par la création intempestive d'un nouveau collège qui, fruit de la haine mOUTra du vice même qui lui a donné naissance,

I n’y a que trois ou quatre Personnes sérieuses qui nous ont laissés. Je respecte leur décision ; mais s’ils ont droit de changer d'opinion, j'ai le droit de garder Ja mienne.

Et pourquoi semer des paroles de haine ? Est-ce que je ne suis pas aussi bon et meilleur catholique que les rédacteurs de ‘La Presse'’ ? Eh! qu'ils m'apportent donc leurs billets de confession !, (rires, apblaudissements. ) Semer des paroles de haine, dit “La Presse’’, pourquoi? Parce que, j'ai dit : ‘“Je‘vous en prie, M. Je chanoine Roy, ne Construisez pas ce collège avant que la question de Monnoir soit réglée. Je ne vous dis pas de ne le construire jamais, non, mais je vous dis de ne pas le construire maintenant. Pourquoi ? Parce queisi la question se règle suivant les prétentions des prôtres de Monnoir, nous n'aurons pas besoin d’un nouveau collège. Sinon, ils ipartiront, et alors nous serons contents de bénir Monseigneur: Bruchési de nous donner un collège.” 1] nous l'a- Yait refusé pendant quinze ans, nous Pfomettant ce que vous savez, citoyens de St-Jean. Je ne veux pas répéter le mot affreux dont s’est servi Monseigneur Bruchési, vous l'avez tous à la mémoire ; lors de. l’établissement de: l'Académie Manning, il nous avait promis autre chose qu'un collège...

Eh bien ! j'ai dit à M. le chanoine Roy : “Ne brusquez, pas les choses ;, si Vous persécutez ces prêtres, nous allons vous haïr autant, que nous les aimons”. Ai-je dit la vérité, oui ou non ? (L'auditoire crie : Oui, oui). Que “La Presse’ Prenne note dans son rapport de ce que je déclare.: J'ai parcouru toutes les provinces de mon Pays, j'ai vu des politiciens accablés du mépris de leurs partisans, Mais, jamais je n’ai vu

un homme aussi: détesté que Monseigneur Bruchési Jean (applaudis ements, cris d'approbation).

Ai-je dit la vérité ?

l’est aujourd’hui à St-

“La Presse” me dit que j'ai ameuté

la foule, Qu'est-ce que Monseigneur Bruchési pense, lui-même,

de l'opinion de St- Jean ? Monseigneur Bruchési avait annoncé sa visite p. jourd'hui, à St-Jean. J'ai annoncé une assemblée, culé ? Est-ce le Saltimbanque de “L'Evé se”?

astorale pour au- Lequel des avux a re-

nement’, le cosaque de ‘La Presou bien le grand archevêque de la métropole du Canada ? (applaudissements.)

Messieurs, je n'ai jamais eu l'idée de Porter un défi à Monseigneur Bruchési. Bien au contraire, Monseigneur devait mon assemblée, I] m'eut fait plaisir, peut être,

dit. Il s’est réservé de Parler aprè

faire sa visite avant de savoir ce qu'il aurait S moi, c'est son: droit.

“Dans la même circonstance, dit ‘La Presse’, il s'oublia,""—0oh non !

je ne me suis Pas oublié, j'y ai pensé—‘‘pointant du doigt un prêtre de

“A celui-là je conseillerais de ne pas sortir le soir, autrement, il pourrait lui arriver 1 alheur.”

l'assistance, jusqu’à prononcer

Messieurs, j'ai dit cela mot’à mot, et Savez-Vous pourquoi je l'ai

peu important que ie à la discussion, Ce-

dit ? D'abord, notre vicaire de ce temps-là était si ue m'en serais pas occupé s’il n'avait pris part

pendant que monsieur le chanoine OY m'adressait auxquelles je répondais, il était là qui intervenait à tout propos, Et moi qui savais que cet homme avait servi d'espion et fait 1

certaines questions

a navette entre le collège de Monnoir et l'archevêché de Montréal,

ie me suis dit :

“Voilà qui est trop fort pour que

je ne proteste pas’””, et connaissant l’o- Pinion de tous ceux qui m'entouraient, je n'ai pas eu

d'explications, et j'ai dit : “Vous, je vous donne un conseil, ne sortez Pas trop tard le soir dans la ville de St-Jean ; peut-être Yous arriver malheur”, Je lui ai donné un conseil ?

besoin de donner

qu'il pourrait 1 l'a bien compris, lui-même ; Car, huit jours après, il Partait de St-Jean, avec son dossier de traître, et on ne l’a jamais revu. J'espère bien, cependant, que nous reverrons Monseigneur Bruchési Pour qu'il puisse confirmer

nos enfants !

J'ai dit tout à l'heure que ‘La Presse”', tout en m'injuriant, n'avait pas contredit un seul fait de mon discours, ni un seul document que j'ai cité. On m'a bien dit, avant-hier, comme on m'avait dit le dix-sept juillet : ‘Notez bien, monsieur le juge, que nous avons ajouté au mot ‘‘dossier incomplet”, le mot ‘‘inexact”. J'attendais, j'ai attendu jusqu'à ce Soir qu’on me dit au moins en quoi mon discours était inexact, et je

Prends pour admis que ce que j'ai dit est Vrai, malgré les restrictions de ‘La Presse’.

Mais on à dit “L'autorité, monsieur le juge, qu'en faites-vous ? Nous, de ‘La Presse”, nous sommes convaincus qu'il faut pour le bonheur de notre race que le peuple soit soumis à l'autorité religieuse”. Mais, messieurs, l'en suis partisan de l'autorité, moi aussi. Il n'y a Personne qui respecte l'autorité plus que moi, Mais le hais l'arditraire, l'hypocrisie et l'illogisme. Je veux que Ceux qui me disent Respectez l'autorité de l'évêque, exigent aussi de l'évêque de respecter l'autorité de Rome. Or, depuis l'oifre d'T rville, faite Par Rome, le 26 juillet 1911, c'est nous dui étions soumis à Rome. Rome à retiré son oîfre ; nous en avons appelé de cette décision. Notre appel a été rejeté tout récemment. Et les prêtres qu collège, et nous tous Comme eux, nous nous soumettons. Où sont donc les révoltés dans tout cela ?

L’a-t-on respectée, l'autorité de Rome ? C’est la première fois, œæ Soir, que je parle de Monseigneur Bernard, j'ai un petit mot à lui dire. A-t-il respecté l'antorité de Rome, lui, l'évêque de St-Hyacinthe ? Rome, par la bouche du cardinal Gotti,—en lui détaillant les trois propositions qui Ctaient acceptées Par Monseigneur Bruchési, et Par les prêtres de Monnoir pour le réglement définitif de la question qui ne dépendait plus que de l'acceptation de Monseigneur Bernard—Rome, par la bouche du cardinal Gotti, lui dit : “Veuillez consulter votre chapitre avant de me répondre”. Par conséquent, dans cet ultimatum de Rome, il y avait deux choses : il ÿ avait une suggestion Pour Un règlement—ceci était une question libre; mais il ÿ avait aussi un ordre de Rome—ceci . n'était plus une question libre Pour un évêque, “Veuillez: consulter votre chapitre avant, de me tépondre”, c'est un ordre. Et quand c'est un ordre d'un; su- Périeur, on doit obéir, me dit-on ! Sans cela on est franc maçon. A-t-il obéi ? Voiei sa réponse: ‘Quelle que soit l'opinion de mon chapitre, je refuse !?

Et ‘“‘La Presse’ qui me traite comme vous l'avez entendu tout à l'heure, n'a pas un mot de reproche pour celui qui méprise l'autorité de Rome, quand celui qui méprise ainsi l'autorité, est habillé d'une soutané, a une crosse à la main et la mitre sur la tête Je me doute un peu Pourquoi, messieurs. C’est une chose désagréable d'avoir à vous le dire,

mais nous sommes à régler nos Cotnptes : Quand je vois ‘La

Presse'’ en agir ainsi, je me fais le TalSOnbément suivant qui va vous amener, je crois, à bien saisir ma m uière de voir. Les Anglais disent

‘‘business is business”. Le côté favorable pour Monseigneur Bruchfsi, c'est d'avoir ‘‘La Presse” à sa disposition ; et le côté commercial pour ‘La Presse”, c'est d'avoir Monseigneur Bruchési, le plus onctueux et le plus angélique possible. ‘La Presse” me dit, dans son article de mardi dernier, qu’elle croit qu'il faut que la religion catholique soit préchée ici pour le bonheur de notre peuple. Je n'ai jamais prétendu le contraire, messieurs. Cependant, je poserai à ‘La Presse” cette question : ‘Puisque vous vous prétendez si catholiques, pourquoi, à ‘‘La Presse'', publiez-vous les annonces du Théâtre Ruyal,—pardon, mesdames,—où les actrices de tous les bas-fonds des Etats-Unis viennent s'exhiber aux yeux de la jeunesse dans leurs costumes à feuilles de cigne !”’ (bravos, vifs applaudissements.) Je‘me doute un peu que l'on sait à ‘‘La Presse” que Monseigneur Bruchési ne lit pas les annonces, et, d’un autre côté, que Monseigneur Bruchési espère que l’on ne dira rien dans ‘‘La Presse” contre son ‘‘autorité””’ ou son ‘‘omnipotence”. Pensez-en ce que vous voudrez ;,moi, c'est 'ce que je pense (applaudissements.).

Mais ‘‘La Presse’’, et d’autres journaux, et d'autres laïques m'ont dit: Monsieur le juge, Vous devez savoir que tout en disant la vérité, toute vérité n’est, pas bonne à dire. Je ne suis pas de cet avis. Je crois que, la, vérité a des droits et, quels que soient les personnages que la publicité. de la vérité frappe, du moment qu'il y a intérêt social, je dis que la vérité doit être publiée (bravos,, vifs applaudissements). Et voulez-vous savoir en quelle compagnie je me trouve quand je fais cet énoncé? Vous avez lu les Evangiles, est-ce que les Evangiles ont omis de dire la vérité sur la trahison de Judas ? Est-ce que les Evangiles ont oublié de dire la vérité sur le reniement de saint Pierre ? Et pourtant,—je mets de côté la trahison de Judas pour ne pas blesser trop amèrement Monseigneur Bruchési—est-ce que saint Pierre n'est pas resté ie prince des.apôtres ; n'est-ce pas à lui que le commandement de l'Eglise a été donné ? (applaudissements.), Est-ce qu'il n'était pas plus gfand dans l'Eglise que Monseigneur Bruchési à Montréal ? Et si les évangélistes racontent son reniement, suis-je si coupable de publier l'assassinat de Monnoir, parce que c'est Monseigneur Bruchési qui 1’a commis ? (applaudissements).

Réglons nos comptes maintenant avec ‘‘l'Evénement'’, de Québec.

‘““L'Evénement”’ dit : ‘‘’Nous n’attaquons pas monsieur le juge Monet comme juge”. Ce journal ne me reproche même pas ma sympathie pour le collège de Monnoir. Mais ‘“‘L'Ev(nement’’ ajoute : ‘C’est le ton qu’on

vous reproche.” Et on prétend que j'ai ridiculisé le Saint-Esprit. Le

ton ! Comment ! quand je Parle dans la ville de St-Jean, est-ce que je dois aller à Québec, au bureau de “L'E

énement”’ pour savoir quel est le ton, que je dois prendre !: (vifs applaudissements.) Je suis un homme libre, je l’ai toujours été, et je ne changerai jamais ma voix d'homme libre pour la voix d’eunuque de celui qui a rédigé cet article de ‘‘L'Evénement”, (vifs applaudissements) . Non, je n'ai pas ridiculisé le Saint- Esprit, mais j'ai bien le droit de ridiculiser les siruples d'esprit qui prétenuent le défendre quand il n'est Pas attaqué.

Cependant, me, direz-vous, tout cela ne Prouve pas les prémisses de votre discours ; vous avez dit, tout à l‘heure, que si la presse n'avait pas été aussi as... ‘iec'est-à-dire une Partie de la presse, car j'en excepte le ‘Pays’ et le ‘‘Canada-Français'’ (applaudissements) nous aurions gagné notre cause. ('e que vous avez dit nous permet bien de faire quelques déductions, mais ce n'est Pas une conclusion absolue.

Rien n’est plus vrai. Mais j'ai quelque chose de, plus que cela à vous dire : Nous sommes Yeaus pour régler nos comptes, parlons ouvertement.

Je vous ai dit que, si Monseigneur izuchési avait: cru que les Canadiens et la presse canadienne-française seraient assez fiers et assez fermes Pour ‘protéger la cause juste du Collège de Monnoir, nous ne l’aurions päs perdue. Je vais vous donner nmexemple de ce que fait l'arbitraire, quand on discute franchement.

J'avais fait mon premier discours, le seize juillet. Sans que je le sache, il se trouve à cette assemblée un sténographe, que je n'avais pasdemandé, M. Choquette, que j'ai connu depuis. Les rapports des journaux français étaient si différents de ceux des journaux anglais que j'ai dû recourir à M. Choquette pour avoir le mot à mot de ce discours que j'avais presque complètement improvisé. Je n'avais reçu de, Monseigneur Bruchési, aucune remontrance, aucune admonestation, aucune semonce respectueuse comme on dit, dans les procédures “anoniques. Le ‘‘Canade- FranÇais’’, journal de notre ville, publie à na demande, et d’après con-” trat, moyennant finance, mon discours. Ce discours était à peine publié et distribué que Monseigneur Bruchési écrit au ‘“‘Canada-Français—et j'ai lu! la lettre. Elle disait ceci en.substance : ‘Le discours du juge Monet était déjà: un scandale, vous avez contribué à agraver ce scandale en le publiant, Si, vous ne réparez pas le tort que vous avez fait aux fidèles, e devrai sévir”, Et c'était signé ‘Paul’, avec une croix—ce n’est pas parce qu’il ne sait pas signer son nom, mais parce que quand Monsei-

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