RO.ME
traie en découvrit le véritable motif. Le roi , prodigue de temps et d'argent , en manquait ; de temps , pour achever sa conquête a\^nt que la guerre entre Pise et Florence , décidant leur querelle, n'éteignit une rivalité qui lui paraissait favorable ; d'argent , car sa pénurie était si grande , que quoique l'échéance des subsides promis par Florence ne fût pas venue, il les lui fallait sur-le-champ pour sortir de Rome. Mais Soderini, l'envoyé de Florence, tint ferme. Il ne consentit à aucune avance de solde , à aucun retard dans la soumission de Pise , et il fallut que Briçonnet lui-même fût envoyé de Rome à Florence. On espéra tromper plus facilement toute une nation qu'un seul homme. Promettre à l'instant Pise à Florence , se la faire payer d'avance soixante mille ducats , et éluder ensuite sa promesse, telle fut la mission de Briçonnet. II réussit. Seulement, au lieu de soixante mille ducats , il n'en obtint que quarante mille.
Ce honteux succès du nouveau cardinal eut lieu du 5 au 24 février, quand déjà le jeune roi triomphait à Naples. L'heureuse duplicité du ministre en perdit de son mérite , le bonheur du maître rendant tout facile. Elle sauva Pise; elle lui donna le temps d'appeler Lucques, Sienne et Gènes à son secours; et Florence, qui était sur