‹ Règne militaire en Canada;Chapitre 2 sur 31 · L'HISTOIRE DU CANADA · texte numérisé non relu

L'HISTOIRE DU CANADA

M. BlBAUD,

Depuis que la Bibliothèque Canadienne est commencée, vous avez souvent invité vos abonnés et ceux qui ne le sont pas à devenir vos collaborateurs à cet intéressant Journal. Cet appel a été suivi d'un succès assez flatteur, pour devoir vous encourager dans la tâche patriotique que vous vous êtes imposée " d'accueillir et faire connaître les talents de votre pays. " Chacun, devinant votre pensée, s'est empressé de répondre à votre invitation, en vous adressant des Essais littéraires de tous genres, en vous communiquant même des Manuscrits, Sçc. Des commencements aussi heureux doivent vous faire présager un certain succès pour votre journal, comme ils devraient, il semble, porter ceux de vos concitoyens qui ne l'ont pas fait encore, à contribuer de tous leurs moyens à le rendre de plus en plus utile et honorable pour le pays, et propre à faire naître chez l'étranger ( où, tel qu'il est, il a déjà reçu un accueil favorable ), une idée avantageuse de vos compatriotes. Qui peut douter, sous ce dernier rapport, que les écrits politiques de votre correspondant D. (1), toujours reconnaissable quoiqu'il ne signe pas toujours, ne soient capables d'ajouter à In ré-

(I) L'Hon. I). 13. Viger

putation de votre journal ? Pourtant, il a un défaut, que je ne lui déguiserai pas. il n'écrit pas assez

souvent sur ce sujet, qu'il traite avec autant d'habileté que de savoir.

Vous donnez à vos lecteurs une " Histoire du Canada " : il est bien connu que M. Berthetot UArtigny a déjà rassemblé de nombreux matériaux sur le même sujet, et que le Dr. Jacques Labrie, qui prépare aussi une histoire de ce pays, en était, au mois d'août dernier, rendu à l'époque de la conquête Quelles consolantes réflexions ces entreprises des Enfants du sol ne sont-elles pas propres à faire naître dans le cœur de tous les Canadiens?

Quelques soins que vous et ces Messieurs, vous vous soyez donnés, quelques recherches que vous ayez pu faire, n'est-il pas à craindre, que vous ne soyez pas en possession de tous les matériaux nécessaires pour compléter l'édifice dont vous avez eu le mérite de concevoir le plan et d'entreprendre la construction? Quiconque a les plus petits moyens de vous aider, doit s'empresser de seconder atos généreux efforts. Pour moi. je suis prêt à commencer, de ce jour ; en vous faisant part de ce que la tradition m'a appris, en vous communiquant quelques publications anciennes ou peu connues au pays, en vous adressant des extraits de quelques Mémoires et autres Manuscrits auxquels je puis avoir accès, ou dont/e suis sent en possession. Parlez, M.

Bibaud, et tous mes trésors sont à votre disposition :

mais au moins, que celui qui le peut, en fasse autant que moi.

Les quatre années qui suivirent immédiatement la conquête du Canada, forment une période vulgairement connue sous le nom de Règne Militaire ; parce que

durant tout ce temps, la justice fut administrée par des tribunaux auxquels présidèrent des Officiers de Milice et môme de V Armée, qui pourtant devaient juger d'après les lois, formes et usages du pays, mais qui n'en étant pas trop instruits, comme on le peut aisément supposer, durent plus d'une fois, s'en éloigner pour suivre l'arbitraire, ou, suivant eux sans doute, r équité. Je vous dirai d'abord ce que la tradition et l'histoire nous ont conservé de cette époque relativement à ces tribunaux, et vous donnerai à la suite un document historique inédit qui a particulièrement rapport à leur organisation pour le Gouvernement de Montréal, du 13 octobre 1761 au 10 août 1764. Je pourrais le faire suivre, si vous le trouviez bon, de 12 à 15 autres pièces également inédites et authentiques, qui se rattachent toutes à l'administration de la Justice, durant cette période, dans le G-ouverne ment particulier de Montréal

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