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FORÊT

En r^ine de Saba, aux colliers de soleil

J'ai revu la forêt que blessa la cognée ;

Mon rêve allant vers toi me l'avait désignée,

Ronsard ! qui en chantas le meurtre et le sommeil.

J'ai retrouvé son âme à mon âme enseignée : L'aurore présidait à son chaste réveil Et faisait vaciller entre ses fûts vermeils La résille d'argent des toiles d'araignée.

Elle gardait pour moi le langage infini De ses arbres bercés par le rire des nids, Maîtresse au cœur profond, impassible et fantasque

Que je quittais pour voir, parmi les hirondelles, Jaillir, hors des buissons constellés de prunelles Les hauts clochers comtois luisants comme des casques.

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