MUSE I
0 Muse ! dont la tempe est ceinte dun laurier, Quand la tristesse incline à mon front ses mélèzes, Si ta flanmie s'allume aux plus hautes talaises Jusquoîi monte en boitant mon orgueil ioudro\é ;
Si debout sur Tamas des grands siècles broyés, Jumelle de l'Eté qui croule en rouges braises Ta farouche splendeur me pénètre et m'apaise, Et présage l'étoile au front des Envoyés ;
Ne crains-tu pas celui que le mal désenchante, Aveugle à ce qui brille et sourd à ce qui chante, Dont la vie est semblable à quelque morne grève
Et qui, dans le jour vaste et multiple qui luit, Trahi par la chimère en fuite de son rêve Sanglote vers Tétroite unité de la nuit ?
POÉSIES 65