‹ RégnerChapitre 40 sur 109 · LE CHOC · texte numérisé non relu

LE CHOC

Qu'y a-t-il ? Je ne sais que croire... Est-ce toi qui coules, ô nuit !

Vous, étoiles ! qui venez boire En troupeaux d'or au fond des puits ;

Toi, mon front, ma tète, ma main ! Vous, ma vie heureuse et féconde !

Un choc m'a réveillé soudain...

A réveillé soudain le monde.

Choc d'une lutte de Titans Dont les armures étincellent...

Je sens que l'univers attend, Que l'ombre dans ma gorge appelle.

POÈMES PARUS DANS DES REVUES

Appelle quoi ? Le saura-t-on ? Qui ? L'ange noir ou Dieu peut être ? Et levé de mon lit dun bond, D'un bond je saute à la fenêtre.

La nuit est là comme la mort, La nuit si vieille que ma tête S'épuise d'évoquer encor Le soleil et sa peau de bête.

Cent ans ont dû passer sans heurt, Cent ans ! et nulle aube ne brille ; Nulle rosée au bord des fleurs N'ouvre ses yeux de jeune fille.

L'azur tragique est là, posé.

Qu'un fin croissant de lune argenté.

Ah ! de quel char soudain brisé A-ton détaché cette jante ?

De quelle inaccessible étable A-t-on chassé ces cirrus fous Qui paissent le ciel redoutable La clarine d'un astre au cou ?

Vont-ils s'abîmer et tenir Captive étroitement la terre ?

Pour quel formidable avenir Préparent-ils d'autres tonnerres ?

Mais voici que, sous les décombres Du lit, plein d un sang deviné, Mon \êtemcnt tombé dans l'ombre Simule un corps d'assassiné.

Voici que les rideaux s'envolent, S'envolent, puis tournent sans fm...

Ma gorge râle, sans paroles, Et j'ai peur ainsi qu'on a faim.

Peur de chercher, peur de comprendre.

Faim de savoir, oh de savoir !

Mais le mur ne veut pas entendre Et la lampe ne veut plus voir.

POÈMES PARUS DANS DES REVUES

MÉLODIE VESPERALE

Beaux astres qui sondez les mares, Soucieux de ne point salir Vos éblouissantes simarres Que fait ondoyer le zéphyr,

Eclairez nos mornes prairies Oii le noir grillon paysan Réjouit de fables fleuries Pleur-de-Lune, le ver luisant.

Comme d'un transparent lierre, Habillez de votre clarté Et l'église en son froc de pierre Et les murs de cette cité.

Laissez couler de vos demeures De longs rayons mélodieux Sur le visage de mes heures Chastement tourné vers les cieu>L.

Puis, de vos musiques, pareilles A des ouragans cadencés Que jamais ne perçut l'oreille, Bercez les cœurs lassés, glacés.

POEMES PARUS DANS DES REVUES

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