II
Mais toi tout délirant dune fièvre malsaine
Et drapé dans ton ombre ainsi qu'en un manteau,
Tu rejettes l'épée à la nuit de la gaine
Et tu vas emprunter leur musique aux oiseaux.
Tu soulèves les pans des tuniques sacrées
Où les dieux ont caché leurs secrets mouvements,
Et par les grèves dor que foula Cythérée
Tu courbes à ton front des couronnes d'amant.
Pourtant autour de toi la vie aux eaux d'acier,
Sous ses larges ponts d'ombre et de clarté ruisselle,
Demain lance à la terre un sonore escalier
Et des forces, brisant leurs fers, sautent en selle.
Qu'attends-tu ? La tourmente à tes côtés fait rage L'éternelle douleur endeuille l'horizon : On entend sourdement, en des lointains d'orage. Gronder la majesté captive des canons ;
Le sang de l'avenir empourpre les chemins Qui mènent à l'autel des vérités anciennes ; Descends vers les cités et de l'effort humain Accepte avec amour ta part quotidienne.
POEMES PARUS DANS DES REVUES
Laisse à tous les buissons comme à toutes les brises La magique toison de ton rêve d'enfant ; Marche dans la clarté de la force conquise, Ton rire jeune, ainsi qu'une pivoine, aux dents ;
Ou bien, si tu n'as plus gardé de ta jeunesse Oui but aux coupes des poisons délicieux. Qu'un cœur tout alangui d'extase et de paresse Et qu'une âme de glace où grelottent des dieux
Si tu n'as plus élu que le rêve mauvais Stérile à tous regards, d'appeler sous l'étoffe Fastueuse des mots que ta pensée revêt La respiration profonde de la strophe,
Rends fièrement ta vie à la terre féconde, Abdique dans la mort ta vaine royauté Et d'un beau sang versé sur les marches du monde Sache attendre en mourant ton immortalité ! »
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LimiTATION AU SOMMEIL
Tais-toi... les mots ne savent plus. Ils gisent auprès de leurs lances, Ces grands Barbares du silence, En de bleus linceuls d'angélus.
Ne parle pas... La chair s'annule Et pour Remporter hors du Temps La nuit prophétique t'attend Sur les trépieds du crépuscule.
La rouge amphore du soleil
Se vide aux mains qui l'ont haussée ;
Désarme tes Gères pensées
Pour l'armistice du sommeil.
POE>rES PARUS DANS DES REVUES
Ce ciel doré comme une grève, Pourquoi le faire retentir D'un cri de rage et de désir ?
Rentre en l'abside de ton rêve.
Dans les draps où lodeur ancienne D'un beau corps pénètre ta peau, Sculpte l'image du repos Et de ta mort quotidienne.
Glisse au sommeil de la journée Qui vient mettre avec indolence Un doigt d'amour et de silence Sur les lèvres de ta pensée.
Voici l'heure où, secrètement, Les voix et la lumière tues.
S'immobilisent en statues Tous les héros du Mouvement.
Un bal sanglote on ne sait où, Un miroir songe et soudain luit. Vous la Couleur et vous le Bruit, Oubliez-nous ! Oubliez-nous 1