PROLONGEMENTS
Rien ne s'efface. Tout survit.
Hier à demain vient se coudre ; Le chemin garde dans sa poudre Le pas de ceux qui l'ont suivi.
Un parfum veille dans l'armoire La rose morte en ses atours ; Le monde vit dans la mémoire De la rosée et des beaux jours.
Les livres mettent à la voile Pour porter aux temps qui viendront Tout ce qui s'élève des fronts Vers les balsamiques étoiles.
Au chevet du lit où s'endort Une enfance blonde et ravie, Le Père voit, comme un blé d'or, Son fils, dans le champ de sa vie.
Et le poète qui s'éveille Fiévreux d'entendre ses chansons Se prolonger par les buissons Sur le point d orgue dune abeille,
Comme un vainqueur de sa victoire, Comme un héros de sa cité. Fait de la chose transitoire Une sonore éternité.
POEMES PARUS DA>> DES REVUES