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L'EPEE

Par les destins banni, d'un âge à l'autre, en butte Aux périls embusqués, masqués des temps brutaux, J'ai gardé, dans la trêve ou le feu de la lutte. Mon idéal, comme une épée sous mon manteau.

Oh ma course fut longue ! Et du trône à la hutte, Où, roi dépossédé, j'ai cherché le repos, Que de fois n'ai- je pas désiré que ma chute L'abrégeât, en brisant sur le sol mon fardeau !

Mais l'inflexible lame, alors vivante et telle Qu'une ruche irradiant un essaim d'étincelles Tour à tour, m'a gardé du crime et du tombeau.

Depuis ! L'heure a plané sur ma victoire immense. Depuis ! La noble épée ouvrit un vol de faulx, Et près de m 'égaler à la Toute-Puissance,

Je la baise en pleurant pour la rendre au fourreau.

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