LA LOUANGE ETERNELLE
Le beau trône royal que ton cou, mon amante ! Ton cou ceint d'un collier de perle et de corail Où s'assied, pour régner, ta tête triomphante, Pœine pour qui pavane en rouant l'éventail. Le beau trône royal que ton cou, mon amante !
Le beau vol d'épervier que tes bras étendus ! Prêts à fixer leur proie autrefois vagabonde. Captive de tes yeux où nul n'est descendu En la serrant ce soir sur ta gorge profonde. Le beau vol d'épervier que tes bras étendus !
Les beaux voiliers ancrés au port que tes seins lourds !
Embarquant les poisons de la vieille magie,
Qui mettent à la voile au souffle de l'amour
Quand retentit l'appel du Désir en vigie.
Les beaux voiliers ancrés au port que tes seins lourds !
l34 RÉGNER
Les beaux monts que ta croupe et tes reins nonpareils!
Ta croupe où la luxure orageuse, enfouie
Tel, opulent et vierge, un placer de soleil.
Mûrit sous des montées de neiges éblouies.
Les beaux monts que ta croupe et tes reins nonpareils'
Les beaux lions couchés que tes jambes puissantes !
Ajoutant à l'orgueil de la Divinité,
Tantôt dans la paresse et tantôt bondissantes,
Qui défendent l'accès du temple convoité.
Les beaux lions couchés que tes jambes puissantes !
Les beaux esclaves nus que tes pieds endormis ! Qui font de leur blancheur rêver le ciel de l'onde, Tes pieds voluptueux, délicats et soumis Qui t'emportent parmi la jeunesse du monde. Les beaux esclaves nus que tes pieds endormis !
POÈMES PARUS DANS DES REVUES l35