FERME TES YEUX
(( Ferme tes yeux sur la grand Mlle, Le vent s'est couché sur la porte Comme un grand lévrier tranquille.
(( Ferme tes yeux, mon âme est forte Et ne craint pas les pas errants Des spectres ni des feuilles mortes.
(( Ferme tes yeux, le monde ment Autour de ces joies coutumières Que nous savons obscurément.
(( Ferme tes yeux, l'heure est plénière, Un crapaud tinte l'angélus Aux horizons de son ornière.
(( Tu sais bien que l'astre n'est plus Au ciel de route des rois mages, Puisqu'ils ont rencontré Jésus.
(( Le Jésus des tendres images Illustrant les missels d'ivoire, Où il subsiste entre les pages
(( Un peu du bon parfum de croire, Comme le parfum des lavandes Persiste aux linges des armoires.
(( Dors les beaux songes de la lande Fixés aux parois de ton être Comme des maïs d'or qui pendent ;
(( Ces beaux songes qui te pénètrent Du parfum de ta pure enfance Rêveuse du ciel bleu des prêtres.
a Et tu seras celle qui pense Avoir recouvré dans les fleurs Germantes aux mains du silence
(( Les ors perdus de tes bonheurs. »
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AINSI SEPANDAIT
Ainsi s'épaiidait la grande âme
De mes désirs prêts à savoir
Les instant de ta chair, ô Femme î
Aux treilles de la Vie, le soir Foulait les grappes triomphales Lourdes du vin du jeune espoir.
,La lune errait dans le ciel pâle, Et j'étais là sans ironie Dans ma ferveur sentimentale.
J'écoutais décroître la Vie, Le cri des métaux tourmentés A l'horizon des tâches infinies.
Et pénétré de ta beauté,
0 Nature ! qui crées des mondes,
J'étais un monde en volupté !
Seul, dans la ténèbre profonde Qui descendait en flocons mous, Mon être fluait comme une onde.
Et je sentais par élans doux S'éveiller la clarté des anges Tandis que Dieu nous mettait sous
Le geste ailé de ses phalanges.
L'HEURE FROLEUSE.
L'heure frôleuse trébuche
Aux pentes de l'éternité,
Et la lune aime ces embûches.
Les grands arbres ont écarté Leurs formes savamment humaines Derrière un pan de sa clarté.
Un souffle berce la lointaine
Sérénité de son baiser
Aux escarpolettes d'un frêne.
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La ville a tu le cœur blessé
De son grand corps inharmonique
Dans le cœur des soirs apaisés.
Et la lune tend l'ironique
Puérilité de sa face
Avec d'insidieuses mimiques
Au rêveur humble qu'elle agace Et qui ne veut pas accepter L'impitoyable dédicace
De ses sourires édentés.