EN SOLILOQUE
Mon âme vagabonde et sculpte des chimères.
EUGÈI^E COATOT.
Les petites mains berceront ta tête
Et la voix saura des mots longs et doux
Qui seront pour toi des rumeurs de fête.
Tant tu pleureras parmi ses genoux
Que les jours seront couleur d'espoir clair
Aux finalités de leurs couchants roux.
Et tes grands chagrins d'enfant auront l'air De très petits maux qui ne seront plus Que l'obscur frisson de toute sa chair.
Le trésor d'amour que tu crois perdu Aux hasards lointains de tous les calvaires, Les petites mains te l'auront rendu,
iga
Et ton cœur sera tout un hémisphère, Puisqu'il contiendra ses deux yeux surtout Et les mots très longs que savent les mères.
Et ta voix sera l'écho de beaucoup D'autres voix aimées qui seront sereines Et qui afflueront vers toi de partout.
Et les soirs verront ton âme incertaine
Confondre les ors de leurs infinis
Avec ceux des yeux qui s'ouvrent à peine
Sur l'horizon vert des chemins bénis
Où tu t'en iras par bonds graves sous
La chanson des Joies au bord de leurs nids.
Et la voix saura des mots longs et doux Et tu aimeras la vie mensongère Parmi la vie tiède de ses genoux,
Et ton cœur sera tout un hémisphère.
PAGES A.NTHOLOGIQUES IQO