DES MAINS DANS L'OMBRE
Lui :
Mon Dieu î déliwez-moi des lourdeurs du blasphème, Je suis un pauvre enfant qui ne sait ce qu'il dit Et qui s'est trop longtemps targué d'un anathème, Mon Dieu ! délivrez-moi, vous qui m'avez maudit.
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Mon Dieu ! j'ai fait le mal par orgueil de le faire, La bête a prévalu qui sommeillait en moi, Et quand elle a parlé je n'ai pas su la taire, Parce que j'étais faible et que j'étais sans foi.
Vous savez que, puissante, elle est prompte aux victoires. Mon Dieu ! s'il est possible, étouffez- la bien toute, C'est vers vous que je crie en qui je voudrais croire, Mon Dieu ! délivrez-moi de la hideur du Doute !
Au combat ma pauvre âme est tôt sanguinolente Et des astres de sang montrent quelle est sa route. Mon Dieu ! protégez-la : cette chose qui chante Ne saurait plus lutter sachant ce qu'il en coûte.
Ironique, inquiète et toujours douloureuse. Mon Dieu ! préservez-la de l'immortalité Et faites-la parfois digne et laborieuse A filer le rouet de la sérénité.
Elle :
Mon Dieu ! j'ai pressenti ta présence adorable Dans le trouble infécond de ma virginité, J'ai connu que toi seul pouvais l'heure durable Et que tu vis au fond de ma féminité.
Quand la mystique aurore en mon âme a su poindre Ma voix s'est efforcée au poème des Jos, Mais tu t'es détourné sans avoir vu se joindre La ferveur de mes mains vers tes paradis clos.
Lors j'ai connu la joie aimable des extases Et les baisements longs des croix béatifiques, J'ai vénéré ton culte et tes iconostases Dans le rêve indécis des encens catholiques.
D'avoir prostré ma chair aux affronts de ton rite Sous le lointain d'amour des crucifix ultimes, J'ai transformé mon cœur à la royale in>4te Et j'ai aimé ton fils comme un amant sublime.
Lui et Elle
Mon Dieu ! voyez 1 effort dernier des décadences Parti au bon combat des négations du Livre, Bénissez d'un accueil cette claire espérance Qui fermera des yeux sur la hideur de vi^Te.
Mon Dieu ! nous sommes lourds de l'obsession duDout« Que la complicité du siècle a rendu nôtre, Donnez à nos ferveurs l'éclat doux de l'apôtre Et la force qui fait trouver brève la route.
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Que VOS soirs à tomber apaisent de leur rêve L'éclair croisé des mots et révéleurs du glaive Sous lequel a gémi la tragique agonie,
Afin qu'imbu de votre paix, chacun de nous Sente régénérer, prostré sur les genoux. Sa lasse humanité, rêveuse d'Harmonie.
Seigneur ! mon Dieu Quelle ombre passe Là, sur mon front, révélatrice P Est-ce votre ombre ou la fallace Intercession de Béatrice !
Seigneur ! mon Dieu ! Quel froid pénètre Par lents degrés ma chair indigne ?
Est-ce la mort ou bien le signe De quelque chose qui va naître ?
Vais-je mourir à votre vie ?
Et vais-je naître à vos clartés ?
Pour qui chantent ces liturgies Sous le pardon d'un ciel d'été !
Trop de ténèbre autour de moi, Seigneur ! et trop de servitude, Tendez-moi la béatitude De vivre sans cbercber pourquoi.
Enfant songeur des mots bénis.
Mon âme éperdument se lève :
Seigneur ! mon Dieu ! soyez son nid Dans les taillis bercés du rêve.
Faites-la digne de vous-même, J'étreindrai l'heure qui s'enfuit, Il m'est venu tant de blasphèmes Aux solitudes de ma nuit.
Mettez en elle le vertige De ne plus vous savoir lointain, Pour qu'elle tremble sur sa tige A l'élection de vos mains,
Et pour que vous l'emportiez toute, Fervemment belle de tendresse, Parmi la gloire et dans l'ivresse De tout aimer hormis le Doute !
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