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LE JOUR EST FANE

M'est avis qull est l'heure De renaître moqueur !

JuLçs Laforgue.

Le jour est fané comme une tenture Et je prie dans l'ombre un dieu d'élection De laisser venir à moi l'impression, Car je ne suis plus que littérature.

Mon Dieu ! donne au cœur que la vie évince De chères souffrances mal définies, Afin que son orgue de Barbarie Cahote ses doux accents de province.

Je suis comme un vieux qui ne sait plus l'heure Et qui ne peut plus la lire aux pendules, Car je ne sais plus s il ricane ou pleure, Mon cœur en soleil ou en crépuscule.

Je vais dans la vie comme en une chambre Au même horizon d'objets retrouvés, Je voudrais partir hors du familier Piayonnement doux de la même lampe.

Car je suis bien las d'être en l'impuissance De savoir pleurer ou de savoir rire Et de ne pouvoir trouver dans les livres Que le nonchaloir de l'indifférence.

Entends, ô mon Dieu, cette peine étrange. Fais germer dans l'ombre un peu d'autrefois Et que je pressente un instant ta voix Dans la retombée des voix de l'enfance.

Prends pitié de cette prière hautaine, Je saurai pour toi des chants tour à tour De ferveur, d'orgueil, de joie et de haine. Confondus dans un même cri d'amour !

PAr.ES ANTHOLOGIQUE;

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