‹ RégnerChapitre 83 sur 109 · FINAL · texte numérisé non relu

FINAL

Tous les parfums d'Arabie Ne sauraient laver ma vie Du sang des mélancolies.

Un Dieu, sur moi, cest trop lourd, Et penché hors de ma tour, Je vois des jours el des jours.

Ah ! dis-moi, qui frappe ainsi, Si c'est la Mort, Dieu merci !

Elle n'a que faire ici.

Dame la Mort, écoutez bien,

Je ne possède d'autre bien

Qu'un cœur ne niarquant plus rien

Ni les minutes, ni les heures.

Ni les chagrins, ni les leurres Et ni les larmes qu'il pleure.

Chose ne signifiant pas, Qui voudrait sonner le glas De ce forcené trépas.

Car vraiment il ne sait plus Qu'un monotone angélus Qu'il module à sons perdus.

La regrettable lacune

Que cette horloge quelqu'une

Marquant soleil à la brune !

Horloge et cloche il fut tout, Mais, ce soir, il est surtout Une antiquaille à deux sous.

Dame la Mort, ah ! pitié

Pour ce cœur plus qu'à moitié

Le bien de votre moustier.

La Dame sortit, commune Dans la moire bleue de lune De sa robe d'une thune.

Lors, j'ai souri longuement En songeant au seul moment Qu'il sonnait immensément.

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Des jours furent et des jours,

Et prisonnier de sa tour

Mon vieux cœur marquait l'amour.

Le soir préludait à peine Que l'angélus de sa peine Tut sa plainte sur la plaine.

Et sa cloche aux sons qui virent

Tintinnabula le dire

D'une larme dans un sourire !

Paris, mars-octobre 1900.

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