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LE SOMMEIL

Sous les rideaux du lit cargue's comme des voiles, Affranchi du désir qui le vint saccager, Son corps s'étale ainsi qu'un nocturne verger, Riche de fruits brûlant la main qui les dévoile.

Au couvent d'un soir d'or, le jour a pris le voile, Célébré par la flûte et le chant des bergers. La nuit tombe. On entend les silences neiges Bercer et consoler des vieillesses d'étoiles.

Et soudain, comme si ce beau corps fût défunt, Des mots sont nés en moi, plus doux que des parfums. Qui veulent en louer la jeunesse nacrée ;

Mais déjà les grands yeux ont clos leurs avenues Et, comme Eve parmi la splendeur ignorée. Elle dort devant Dieu lumineusement nue.

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