‹ RégnerChapitre 8 sur 109 · L ETREINTE · texte numérisé non relu

L ETREINTE

Dans l'ombre nuptiale où se cherchent nos yeux, Ma haine et mon amour lentement te terrassent Et mon souffle qui brûle et dévore ta face Fait crépiter sa flamme au bord de tes cheveux.

Mon étreinte est sur toi comme un lierre tenace Et mes jambes, le long de tes jarrets nerveux, Im'itent dans leurs bonds les faons capricieux. Et ma bouche s'est jointe à ta bouche vorace.

Midi brûle aux touffeurs de tes aisselles blondes, Mais le rythme qui meut secrètement les mondes Nous entraîne, animés de la même fureur,

Vers les gouffres obscurs où s'abîment les âmes

Avides de jeter leurs dernières lueurs,

Comme de grands soleils sans chaleur et sans flamme.

POESIES

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