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NATURE

0 Nature, prends-moi pour ne me rendre plus Aux leurres de la ville où le jour ne meurt pas, Doucement, dans la plaine et les eaux, dans les pas Qui vont portant au loin 1 angoisse des Elus.

Prends-moi, et qu'en mon cœur toi seule ose tout bas Ranimer mon amour, ma joie et ma vertu, Ef, sur le mode cher d'un caprice têtu, L'hymne d'aube qu'on doit aux choses d ici-bas.

J'ai revu tes forêts, tes prés et tes ruisseaux. Un instant de mon à me habite tes roseaux Depuis le jour où j'y taillai ma flûte frêle.

Prends-moi, pour que, certain de ta beauté sereine, J 'aille surprendre Pan dans l'ombre de tes chênes, L'âme perdue au Gl de tes heures muettes.

Puisque je trouve enfin le vrai refuge en toi, Nature en qui je vis, errant et fort et sage. Simple de cœur aussi, sachant qu'un dieu me voit Par les yeux familiers qu'il donne aux paysages,

Quen ton sein tout vibrant d'une force ouvrière, Par ces temps revenus du règne de Saturne, J'emplisse avec ferveur mon âme comme une urne Des poèmes dorés qui montent des clairières.

Et qu'en la plaine immense, oii le ciel se suspend, Je sois celui pour qui va rouer comme un paon L'heure que l'infini de la Nuance ocelle ;

Ou bien, dans lorbe vert d'un buisson qui s'allume, L'enfant, né vagabond, de qui la main présume Le rire dont la baie ingénue étincelle.

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