‹ Régulus: tragédie en trois actesChapitre 26 sur 61 · ACTE II , SCÈNE YIII · texte numérisé non relu

ACTE II , SCÈNE YIII

Mais portant la terreur en de lointains climats^ Qui de nous a donné le signal des combats ?

Vous seuls, vous. Non contens , par un eflfort suprême. D'avoir humilié l'orgueil du diadème; Non contens d'avoir vu pour fruit de vos exploits De fiers républicains commander à des rois, Contemplant l'univers comme un vaste héritage, Du genre humain vaincu vous rêviez l'esclavage. Des mers de la Sicile au pied des Apennins, "Vingt nations tombaient sous l'aigle des Romains; Agrigente croulait au milieu des alarmes j Tout fuyait en un mot : Carlhage a pris les armes ! Ma patrie a juré de vaincre ou de périr Pour venger l'univers qu'on allait asseiTir; Elle a vaincu. Mais , loin d'abuser de l'empire , La paix est le seul but où notre gloire aspire. Nous vous l'offrons. Romains , par im sage traité , Rendons enfin le calme au monde épouvanté.

D'un vain désir de gloire évitons le reproche. L'intérêt divisa, que la vertu rapproche Deux peuples généreux qui se sont combattus , Et s'admirent encore après s'être vaincus.

MANLIUS

Au bonheur des humains Rome est prête à souscrire; Mais sa gloire est toujours le seul dieu qui l'inspire. Ecoutez, Amilcar, et sachez quels moyens Pourront seuls accorder vos désirs et les siens : De leur joug oppresseur vos chefs et votre armée Délivreront soudain la Sicile opprimée. ' y consentez-vous?

a8 REGULIS.

Oui. MANUUS.

Goniraire aux droits de tons, Lesdaf âge des mers est un afiVoot pour nous. Des peuples appauTrîs tyrans héréditaires , Vous avez jusqu^ci siur les flots tributaires If un pouvoir sans partage assez long-temps joui : La liberté des mers nous sera jurée.

AMILCAR

Oui.

MAXUCS.

Pour gage du traité qui nous réconfcâàief De la sainte union qui désormais nous lie, R^ulus dès ce jour à nos vœux est rendu.

AMItXLAR.

Qu'il soit libre.

MAXUUS-

Sénat, vous Tavez entendu :

Non moins profûce aux droits qu'à la gloire de Rome^ Cette paix sauve enoor la tête d'un grand honmie; Et y quand de Taccepter tout nous fait une loi , A cet heureux accord qui s'opposerait ?

KÉGULUS (se levant;.

Moi!

MANLilS.

Vous!

AMIITAR

Se peut-il !

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