ACTE m , SCÈNE II, , 4i
AÉGCLUS.
Je meurs pour la sauver, c'est mourir digne d*ellè. Mais toi y Licinius, parjure à l'amitié^ Disciple de ma gloire , as-tu donc oublié * Ces jours où j'inspirais^ dans les champs du carnage, Ma vieille expérience à ton jeupe courage?
Aimfint un vrai soldat dans un yr^i citoyen , Pf e te souvientril plus que par un doux lien lia tendresse voulait vous unir Tun à l'autre ? Le hasard a trahi nion espoir et le vâtre; Itfais des hor^s du tombeau je puis enfin bénir Lies nœud$ qui pour jamais doivent vous réunir. . Si tu Taimes, viens, jure au dieu de la victoire De servir aujourd'hui la patrie et ma gloire. D'éclairer les Romains par toi seul égarés, Qe rétablir la paix dans ces remparts sacrés. Jure, dis-je; à l'instant je te donne ma fille ; Je te lègue mon nom, mon honneur, ma famille; Et les dieux ne m'auront opprimé qu'à demi Si dans un vrai Romain je retrouve un ami.
ATTILIE.
Pourrions-nous consentir à cet hymen barbare ? Non. De ces murs s'il faut que ce jour vous sépare , Je vous suivrai partout. Vos maux, votre danger. Pour dernière faveur je veux les partager.
Ne me repoussez pas. Sur la rive étrangère, Mes soins adouciront les peines de mon père.
Enfermés tous les deux dans les mêmes cachots, Imipolés tous les deux par les mêmes bourreaux,
4a RÉGULUa
D'un vainqueur sans pitié bravant la barbarie y Nous unirons nos voix pour bénir la patrie ; ^ . . ^ Et malgré ses rigueurs le sort me sera doux y " S'il m'est penms du nooins de mourir avec vous.
BÉGULUS.
Modère ta doufeur; arme-4oide constance.'
Va : de quelques instanssimon trépas s'avance.
Faut-il tant s'affliger? Que font à Régulus
Ou quelques fours de moiàs ou quelques jours de plus?
A l'aspect du laurier que ma tête va ceindre,
De la rigueur des Dieux ai- je droit de me plaindre?
A mourir destiné, sans gémir de mon sort ,
Au sàlut de l'Etat je consacre ma mort :
Et croyez , mes enfans, qu'on est digne d'envie
Quand par un beau trépas l'on couronne sa vie;
Quand, après soi laissant un durable regret.
On se survit encor dans le bien qu'on a feit.
ATTILIE.
Hélas :
Mon cœur n'est pas insensible à ta peine ; Mais song<; à ton pays, ma fille, et sois Romaine.
(Â Licinius. )
Et toi, tu m'as compris; songe à te prononcer.
* LICINIUS
Crois-tu qu'un seul instant je puisse balancer? Tu me connais ; tu sais si la fille m'est chère ; Mais la gloire a parlé, mon amour doit se taire.