SCÈNE IL ATTIUE, UCINIUS
ATtILIE.
C'est vous. Liciaîus?
Licmius.
O ma chère Atlilie !
Digne 9ang du gu^rier vengeur de la pairie > Un faible jour à peine éclaire nos remparts; Tout dort, et vous veillez dans le temple de Mai^ !
ATTILIE.
Depuis que vers Carthage , aux plaines de l'Afrique , La Victoire transfuge a foi la république , Quand le plus vertueux , le plus grand des Romains, Des fers de l'esclavage a vu charger ses mains ; Loin de tous les regards , hors des mur^ de la ville , Ce temple, confident de ma plainie inutile, Retentit chaque jour de mes justes douleurs/ Et ses marbres émus sont baignés de mes pleurs. ^ Hélas l comment prévoir le terme de ma peine ? Deux ans sont écoulés : sur la rive africaine Au fond d'un noir cachot Régulus exilé Par mes vœux chaque jour est en vain- rappelé. Chacun voit ma tristesse avec indifférence ; Les consuls à mes cris opposent leur silence. Ah ! que ma voix du moins s'élève vers les cieux ; S'il «l'est plus de Romains, il est encor des dieux; Et j'ose l'espérer, les larmes d'Attilie Éveilleront enfin leur justice endormie.