ACTE I, SCÈNE IL
Lïcmius.
Qtt'enteiïd[»-je ? Les consuls peut-être ont méconau . Ce qu'on doit au malheur ainsi qu'à la vertu ; Mais d'un oubli fatal , d'une longue injustice , Rome entière à vos yeux, serait-elle complice ? Non , de Cincinnatus imitateur sacre , Régulus malheureux est toujours honoré.
Ici tout le regrette*...
ATTIUE. . .
Ici tout vous atteste Et sa valeur brillante et sa valeur modeste.
Dans ces murs que sauva son intrépidité , , Combien il était grand par sa simplicité ! *^""^^''
Un jour qu'au nom de Rome il assiégeait Carthage , Des brigands furieux pillent son héritage :
Pour nourrir ses enfans, sous le tort paternel Le héros laboureur demanda son rappel ; Un décret le retint sur la rive étrangère ; Mais alors la patrie , adoptant sa misère , Fit cultiver se» champs ; et, lui tendant Ja main , Au vengjBur de nos dieux Rome donna du pain.
K Tout est changé !...
UCIJNIUS.
Celui dont la grandeur antique Ressuscite à nos yeux la vieille république Serait frappé d'oubli ! Non : courant chaque jour Aux pieds des inmiortels demandei* son retour, Nous réclamons un père, et, veuve d'un tel homme La patrie en pleurant le rappelle vers Rome.
ATTILIE.
Quand Régulus gémit sur l'autre bord des mers^ De stériles regrets briseront-ils ses fers?
Pourquoi se contenter d'une plainte frivole?
La foudre est-elle éteinte aux murs du Capitole? Carthage tyrannise et la terre et les flots.
Et les Romains aux dieux vont offrir des sanglots ! Nos ciïeux verront-ils leur gloire démentie ? Héritiers de leurs noms, où donc est leur génie? Où donc est lent courage? et qui retient vos bras? Nos ports sont-ils sans flotte ou nos murs san^ soldats ? Non, non ; j'ai vu, je vois la milice aguerrie Multiplier ses rangs pour sauver la patrie ; Et, le glaive à la main, quitter de toutes parts Les abris de Cérès pour les tentes de Mars. * Parlez : las du repos où languit leur vaillance ^ Quand ces ardens guerriers vainqueurs en espérance Désignent à grands cris les champs'carthaginois. Pourquoi les deux consuls , depuis plu§ de trois mois , Autour de ces remparts rassemblant leurs cohortes, Tiennent-Us la Vengeance immobile à nos portes ?
LICINIUS
Je m'en étoime aussi ; mais le jour est venu Où leur motif secret va nous être connu.
Jusqu'ici , de nos lois observateur austère.
J'ai su, guerrier docile , obéir et me taire. Tribim du peuple-roi, ce peuple a désormais Remis entre mes mains ses plus chers intérêts. Je les défendrai. Fier des devoirs qu'il m'impose^