SCÈNE n
LICINIUS, ATTILIE.
ÂTTILtS.
C'est vous , Licinius ?
LICINIUS
O ma chère Attilie, Digne sang du héros vengeur de la patrie ; Un faihle jour à peine édajlre nos remparts , Tout dort , et vous veillez dans le temple de Mars.
âTTILIE.
Depuis que vers Carthage, aux plaines de TAfrique, La Victoire transfuge a fui la République ; Depuis que le plus grand, le plus fier des Romains» Des fers de l'esclavage a vu charger ses mains , Loin de tous les regards, hors des murs de la ville ,
6a VARIANTES.
Ce temple, confident de ma plainte inutile , Retentit chaque jovr ée mes justes douleurs , Et ses marbres émus sont baignés de mes pleurs.
* Rome ose donc trahir et sa gloire et mon père !
* Cinq ans sont écoulés : sur la riye étrangère
* Régolus , oublié di| peuple et du S^at ,
* Atteste à Tuni^ers la honte de F Etat.
* En vain dans son cachot ta gloire reeviroBBe 4
* Vainqueur on Fentourait, captif on Tabandonne !
* Ah ! que ma voix du moins s'élève vers les cieiix !
* Le malheur d*un grapd homme est urne erreur des Dieux ; Et, j'ose l'espérer, les laroies d*Altilie
Eveilleront enfin leur justice eftdermie.
Licifnus.
Qu*entends-je? le* consuls peut-être ont méconnu , Ce qu'on doit au nAdheur ainsi q«*à la vertu ; Mais d*un oubli fatal , d*une longue injustice, Rome entière à vos yeux aeraii^ile complice ?
* Croyez-en les transports du peuple et des soldats ;
* Votre père est absent : sa gloire ne l'est pas.
* Dans nos camps , dans nos murs remplis de sa mémoire ,
* De ses hauts faits passés tQ«t cmserve Thistoire. *
* Les mères en pleurant la content à leurs fils.
* La jeunesse, enflammée à ces nobles récits,
* Fait du nom du héros retenu nos murailles ;
* Et son souvenir seul gagnerait des batailles ! Pressés vers les autels , les Romains chaque jour Aux dieux de nos remparts demandent son retour ;
* Ils réclament un père ; et veuve d'un grand homme , La patrie en pleurant le rappelle vers Rome.
Quand Régulus gémit sur l'autre bord des mers. De stériles regrets briseront-ils ses fers ?
▲TtlLlB.
Cependant aux efforts que tente l'amitié •
Le fils de Rëgulus doit être associé.
Jeune encor par les ans , mais yieoz par la prudence >
Son courage déjà répond à sa naissance ;
* Daignerez-vous , appui de ses jeunes destins >
* L'instruire à mériter l'estime des Romains ? il ya bientôt paraître !