QVI . VIXIT . ANN
PLM . XL . CIVES
£$ BEMVS
Hic iacet Aeliànvs || filivs PavH || viri praesidialis || qvh wit annis \\ plvs minvs XL, cives || Remvs.
c Ici repose Elien, fils de Paul , personnage présidial; il ». yécvL environ 40 ans ; il était citoyen rémois. »
fUSCRtPTIONS FUNÉRAUIBS. 279
Mu, de VAcad, des inscript, et belles^ettres, t. XVIIi;. p. tM. — De Boissieu^ Inscrip, ant. de Lyon , p. 229 et 5&&. — Lb BLAfiT , Inscriptions chrétiennes de la Gauk ,.. %. I, p. 39.
Cfelle inscription ftrt trouvée en 1740, à Lyon, soas les ruines de l'église de Saint-Jusl, autrefois église des Machabées-, suivant l'abbé Le Bœuf (1^; dans une chapelle souterraine de Saint-Irénée ,. suivant M. de Boissieu. Elle a disparu^ depuis.
Le chrisrac placé en tête indique que le personnage qu'elle menlionne était chrétien. L'abbé Le Bœuf" croit pouvoir lui assigner l'époque du V© siècle, à cause de la formule Hicjacet et de la forme des lettres^ surtout des E et des L. Celles-ci ont une queue prolongée en forme de crochet jusque sous la lettre, voisine.
La terminaison cives pour civis^ usitée dès la plushaute antiquité^ se maintint assez tard , comme on. le voit ici.
Né à Reim$, ou du moins citoyen rémois, le défunte tenait apparemment ce titre à honneur, puisque c'est le seul qu'on juge à propos de mentionner sur sa sépulture avec le souvenir de sa noble naissance.
L'abbé Le Bœuf remarque avec raison que le titre* de vir prcesidialis, donné au père d'Elien, ne se* trouve dans aucune inscription connue. Cependant ia^ fréquence dés titres analogues: t;tr consu/am^ viir
(4) Aead, dês imoripUt loc. eiL
eensoriuSj donne à penser qu'il devait être lui-même assez commun. Plusieurs provinces, comme nous l'avons dit, avaient pour chefs des magistrats appelés prcesides ; vir prœsidialis signifie donc un homme qui a été prœses d'une province. Faut^il admettre , avec l'abbé Le Bœuf, que le père d'Elien avait exercé ce pouvoir à Lyoa même? Nous ne voyons ici rien qui le prouve, et l'on ne pourrait rioférer que- d'après des monuments plus précis.
Nous pouvons assurer^ du moins, que ce n'est pas à Reims que Paul eut ce titre , car l'inscription est postérieure au temps où le mot prœses avait un se0s général; à l'époque à laquelle elle apparlient, legon* verneur de la Seconde Belgique était un consulaire, vir consularis, comme nous l'avons dit ailleurs.
La filiation que nous voyons mentionnée ici se voit très-rarement dans les monuments chrétiens, comme l'a démontré M. Le Blant (1).
Nous remarquerons, enfin , avec l'abbé Le Bœuf, qu'une sorte de feuille de lierre figurait à la fin de la quatrième ligne et au commencement de la sixième. Nous avons indiqué précédemment le sens qu'il faoi donner à cet ornement.
(.1) Op. ctr.,n. 57.
Nous réunissons sous ce titre un certain nombre de marques de pharmaciens et d'artisans, sur pierre, sur verre, sur argile et sur métal.
Notre recueil épigraphique pouvait , à ta rigueur, se passer de cette légère addition. L'intérêt historique y est à peu près nul ; mais la science médicale, l'art et l'industrie ont des droits que nous savons reconnaître. D'ailleurs , n'a-t-on pas vu , de nos jours , les plus minces curiosités d'antiquaires acquérir une importance que les gens sérieux d'autrefois étaient loin de soupçonner ? En général , rien n'est à dédaigner, quand il s'agit de réunir les éléments des civilisations qui ont disparu , et si Ton veut s'en faire une idée aussi complète que le permettent l'éloignement et la différence des temps. Ainsi compris, ces monuments renferment aussi leur instruction.