I. PIERRES SIGILLAIRES
Nous n'apprendrons rien à personne en disant qu'on appelle ainsi de petites tablettes de forme car-
S82 REIMS PENDANT LA DOlUNATIOIf ROIUINE.
rée ou quadrilatérale^ épaisses de quelques imlliméires, ordinairement en stéatite verte ou brane , dont les tranches portent des roscri plions gravées en* ereux , à rebours , et dont l'empreinte donne en; relief le nom d'un remède , ordinairement accompagné de rénumération de ses qualités et précédé* d'un nom d'homme. Comme les pierres qu'on a recueillies jusqu'ici n'ont faft connaHre que des collyres ou remèdes indiqués dans les écrits des anciens^ médecins pour les maladies des yeux et des parties qui avoisinent cet organe (1)^ on leur a donné aussi le nom de cachets (T oculistes.
Des divers travaux qui ont été faits sur ces pierres, il résulte : l"" que l'usage abusif d«s bains multipliait, chez les anciens, les maladies des yeux, et que cette circonstance suffit pour expliquer le grand nombre de cachets d'oculistes que l'on rencontre de nos jours ; 2^ que la plupart ont été gravés du temps des Ântonins ; Sp que les pharmacopoles s'en servaient pour étiqueter les remèdes qu'ils débitaient , et, pour cela^ appliquaient Tune des tranches gravées sur la préparation elle-même, à laquelle ils donnaient la consistance voulue au moyen delà gomme ; 4oque ^ ^pendant , il y a des exemples de vases destinés à
(f) Par exemple: ad gênas scissas et ad genarum cicatrices. Pour les médecins anciens, rema que le docteur Daremberg {Oribase^ t. II, p. 889), le mot collyre n'indique pas seulement un médicament pour les yeux, mais toute espèce de médicament, liquide ou solide, même pulvérulent , destiné à être introduit dans les cavités naturelles ou accidentelles, taudis que, chez nous, il désigne seulement les topiques oculaires, qu'on les introduise ou non entre le glebede Tœil et la paupière. Le mot collyre ne se rencontre même pas dans Hippocratc avec le sens de médicament oculaire.
«ontenir des collyres liquides et qui portent dans kur pâte Tindicatk^n de cette destination ; 5° que le nom d'homme placé ordinairement en tête de chaque étiquette est celui du médecin inventeur du remède^ dont le pharmacopolc avait suivi la formule , et noa de ce dernier.
/. Lapis Tèrvensis seu Verbinensis (1)^
M. Piette a publié dans le Bulletm de la Société académique de Laon (tome IV») une pierre sigillairo découverte en 1846, sur l'emplacement, de Terva, eommune de La Hérie, près d'Hirson (Aisne). Ëlleesti gravée sur les quatre côlés et porle ce qui suit :