‹ Reims pendant la domination romaine d'après les inscriptions avec une dissertation sur leChapitre 30 sur 51 · III. MARQUES DK POTIERS · texte numérisé non relu

III. MARQUES DK POTIERS

On a reconnu, dans plusieurs villes , la présence d'ateliers où se fabriquait la poterie. Une grande abondance de tessons de différents genres, quelques ustensiles particuliers , et surtout des fours pour la cuisson, suffisaient, dans ce cas, pour déterminer l'espèce de ruine que Ton avait exhumée. Les amas de poteries qui ont été signalés jusqu'ici dans noire pays n'ont pas été suffisamment étudiés ou mandaient des caractères qui indiquent un atelier. En un mot , l'histoire de la céramique dans le pays de Reims, à celte époque, manque de ses éléments essentiels; il serait même difficile de dire quelles sortes de poteries on y faisait de préférence , et où se prenaient les terres employées a leur confection. Du reste, on le sait, toutes les poteries gallo-romaines se ressemblent, à quelque contrée qu'elles appartiennent. Imitées des poteries italiennes, dans leurs formes, leurs moulures, leurs ornements, leur coiileur, et même dans les procédés d'exécution , elles n'en différaient pas non plus par la marque.

La grosse poterie recevait l'estampille à l'extérieur, les vases communs en dessous de la base , les amphores sur l'anse , les terrines sur le bord. Dans les vases plus délicats de matière et de forme , tels que les tasses et soucoupes de terre rouge ou rose vif, dite terre samienne , on l'appliquait sur le fond intérieur. Enfin , les morceaux de céramique qui se jetaient en moule , et dont la confection tenait plus de la sculpture que de l'art du potier, tels que les

vases ornés de reliefs , les anléfixes et autres ornementsd'architeclure, portaient la marque à Textérieur, et quelquefois répétée. Elle était alors le résultat de l'empreinte du moule lui-même, et non de l'application d'un sceau délaché.

L'estampille des vases de petites dimensions , occupant très-peu de place , contient généralement un seul nom, soit seul, soit accompagné des mots manu, officina, fecit , en nbrégé. Le nom préféré , quand il est seul, est le surnom, suivant l'usage presque invariable des anciens.

Le corps de l'inscription est encastré dans un listel dont les extrémités sont arrondies ou à angles droits. Les caractères, tracés en creux dans le sceau, paraissaient en relief sur l'objet qui en recevait l'empreinte, avant que la pâte n'eût acquis assez de solidité pour résister à l'application du sceau : du plus ou moins de mollesse de celte pâte dépend naturellement le plus ou moins de profondeur de TempreiRle.

Nous rangerons ces marques peu nombreuses, sans distinction d'espèce, suivant la lettre par laquelle elles commencent. Nous serons très-sobre d'interprétations à leur égard , l'impression plus ou moins complète du sceau pouvant donner aux caractères une certaine indécision^ et l'absence de séparation empêchant souvent de distinguer si la légende forme un seul mot ou plusieurs.

i. AAOTVIV Grande soucoupe, en terre

rouge , à fond conique , dont la

pointe, poussée en dedans, a reçu la marque. Celle-ci esl à angles droits , allongée et très-étroite.

La première lettre nous parait être un A.

(Cabinet de M. Deleulle, orfèvre.)

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