SIBI-FECIT^ETC
MODESTINPEREGRI
NO - VETERANO-LEG
EIVSDMISSO- HONEST
MISSION-CIVAGRIPP
CONTVBERNAL • MIHI
CARISSIM • ET . SVB • AS
CIA DEDI GAVERVNT
Fig. 4.
c Aux Dieux Mânes. H. Aurelius Primus , vétéran de la première légion Minervienne , sorti du service par congé honorable, citoyen de Reims , a fait faire de son vivant ce monument pour lui et pour C. Modestinus Peregrinus, vétéran de la même légion , sor(i du service par congé honorable , citoyen de Cologne , son compagnon ; pour moi (dis-je) , et pour mon ami ; et tous deux l'ont dédié sous l'ascia. >
CoHARMOND, Musée lapidaire de la viUe de Lyon, n* 317.
Cette inscription , trouvée à Vaise, il y a quelques années, fait partie du musée de Lyon. Nous la rapportons*ici la première y à cause des détails qu'elle renferme sur le service militaire. M. Comarmond, qui écrit, à la cinquième ligne , CIVIS REMVLVS , n'en traduit pas moins ces mots par citoyen de Reims. 11 parait, du reste, avoir moins bien transcrit que bien traduit. Nous nous empressons donc de revendiquer un compatriote, de donner des lettres de bourgeoisie à ce généreux soldat, à ce constant et excellent ami qui ne veut pas que la mort le sépare du compagnon de sa vie , mais qu'il ait place avec lui dans Fasile du repos.
Le monument est un monolithe de calcaire jurassique, portant 2 mètres 77 cent, de haut., suri m. 6 cent, de large et 80 cent, d'épaisseur. II n'est pas seulement remarquable par ses dimensions, il est décoré d'un couronnement à moulures , avec consoles renversées, au centre duquel on a sculpté Vascia. La base porte également des moulures et présente , sur le devant , une ouverture carrée servant d'entrée à une chambre sépulcrale qui était vraisemblablement ménagée sous le monument.
Entre les sigles D, M de la première ligne est figurée en creux une feuille de lierre, que beaucoup de savants regardent à la fois comme un symbole funéraire et comme un symbole de l'amitié» à laquelle certains n'attachent pas d'autre valeur que celle d'un signe de séparation. Une feuille de lierre est encore sculptée en creux à la sixième ligne , entre le mot FECIT et te mot ET. Selon la pratique habituelle des graveurs en ]eltres à cette époque, plusieurs I sont allongés, no-
ÉTAT HIUTllRE. 95
lamraent dans le mot VIVS , lequel esl remarquable aussi par la suppression de TV voyelle après TV consonne , comme nous Tavons déjà vu dans les n^ 5 et 6 ; aux mots PEREGRINO et AGRIPP., la lettre I est reportée sur le jambage allongé de TR ; et au mot MIHI, le deuxième I est reporté sur l'un des jam* bages de la lettre H, comme on le voit par la figure.
La légion à laquelle avaient appartenu nos deux soldats était, croyons-nous, la première Minervienne. Ce nom est indiqué par sa première lettre seulement ; mais nous croyons notre choix suffisamment autorisé par les nombreuses inscriptions relatives à la première Minervienne, qu'ont recueillies Gruter et Orelli. Cette légion devait sa création à Domitien; Trajan en confia le commandement à Adrien , lorsqu'il l'emmena dans sa deuxième expédition contre les Daces (1). Casaubon (2) pense qu'elle n'était pas la seule qui portât le nom de Minervienne ; mais rien, jusqu'à présent, n'est venu justifier cette opinion.
Les Minerviens paraissent devoir leur nom à la dévotion parliculière qu'avait Dorailien pour Minerve (3). Suivant la Notice de l'empire, ils faisaient partie des huit légions dites comilaUnses^ c'est-^dire appelées à servir dans le comté du prince, mais qui remplissaient rarement cette destination, puis-
Ci) DioH., HUt. rom., lib. LV. — Spabtian., in Adrtan., 3.
(9) in Sparîiani Adrianum, oap. 3.
(3) Chez Ibs auteurs grecs et dans les inscriptions grecques, cette légion est appelée du nom grec de la déesse , ro A^vaiov roey- PM, 1} Jicyiwv vpoi-m AOr^va. Cest donc sans raison que Ton a cru que ce nom était celui d'une ville, aujourd'hui inconnue, où auraient été créés les Minerviens.
qu'elles furent placées sous les ordres du maître de la milice de rillyricum. Plolémée imlique Boulognosur-Mer comme ayanl été la résidence de la première Minervienne; nous n'avons pas besoin d'ajouter que le séjour qu'elle fit chez les Morins ne fut que momentané. Dion (1) la place dans la Germanie Inférieure, ce qui rentre à peu près dans le département militaire auquel elle appartient d'après la Notice. La présence de deux soldats rémois dans celle légion porte à croire qu'elle se recruta , sinon habituellement, du moins momentanément , dans notre contrée. Une autre inscription nous renseignera d'une manière plus précise à cet égard ; elle provient d'un monument élevé à Jupiter par un officier apparemment préservé de la foudre, dans le lieu même où il avait pensé périr, à Narone, en Dalmatie. Cet officier, nommé Sulpicius Calvio, servait dans la première légion Minervienne et y commandait la première cohorte des Belges. Voici l'inscription (2) :
SVLPIGIVS-CAL
VIO.C-LEG.I.MPR
AEPOSITVS- CH