CHAPITRE XXXY11I
Abbaye et église fie Saint-Remi.
'est au centre du ban Saint- Remi que s'élevaient le monastère et la vénérable église qui lui donnaient leur nom.
Dès que les restes de Saint Rémi furent déposés dans la petite chapelle St-Christophe, le respect des fidèles , la reconnaissance de la monarchie enrichirent le pauvre édifice ; de nombreux clercs furent adjoints à son desservant, et bientôt des bâtiments considérables furent construits autour de l'église pour les loger. Pendant plusieurs siècles, des chanoines ou des prêtres séculiers furent attachés à
l'autel de la sainte basilique ; l'archevêque Tilpin les remplaça par les Bénédictins vers 766, et le collège des clercs devint une abbaye. Par une charte octroyée vers 812, Charlemagne lui garantissait tous les privilèges, les biens, les revenus qu'elle possédait à titres divers.
Les ientes de la maison étaient considérables : sa manse abbatiale tenta les hommes de cour , et sous Louis XI l'abbaye passa de règle en commende. A partir de 1550 les archevêques de Reims se firent nommer successivement abbés de Saint-Remi. Vers 1775 les revenus dont ils avaient joui comme abbés furent réunis définitivement à ceux de l'archevêché.
Quant au couvent , il fut gouverné par le grand prieur et les autres dignitaires. Au milieu du xvne siècle la congrégation de Saint-Maur y fit recevoir la réforme , et la nouvelle règle fut observée jusqu'à la révolution.
Les bâtiments du couvent durent être, comme l'église , reconstruits à diverses époques. Dans l'origine ils se trouvèrent placés vers son chevet. Plus tard on les aperçoit élevés sur toute sa longueur du côté du nord.
Dans le cloître était encore une chapelle dite de l'Infirmerie, parce qu'elle était placée près du dortoir des malades, et une salle qu'on appelait autrefois Auditorium où tous les religieux se livraient à la lecture et à l'étude. C'est là que se firent ces beaux
manuscrits dont les Bénédictins enrichirent Reims et le monde civilisé. C'est là que se copièrent les chefs-d'œuvre des littératures grecque et romaine, les corps de lois impériales , les essais de nos premiers historiens, les œuvres des Pères de l'Eglise, en un mot tout ce que l'Europe moderne ne connaîtrait pas sans nos moines laborieux. Ils écrivaient , peignaient les vignettes et reliaient les volumes euxmêmes.
Ils travaillaient aussi à l'instruction publique , et leurs écoles furent florissantes jusque dans le xve siècle. Le cloître les renfermait. Le Chapitre de Reims voulut les gouverner, mais le pape Adrien IV protégea leur indépendance.
Le couvent avait été rebâti vers 1657, peu de temps après l'arrivée de la congrégation de Saint-Maur. Une partie du cloître fut réparée dans les premières années du xvnr9 siècle. Toutes ces constructions ne devaient pas avoir une longue existence.
Dans la nuit du 15 au 16 janvier 177-4 , vers dix heures du soir, des passants remarquèrent un grand mouvement dans les bâtiments de l'abbaye. Bientôt des nuages de fumée , des étincelles sans nombre et des torrents de flammes annoncèrent à toute la ville que l'incendie dévorait encore une fois le vieux monastère.
Le feu s'arrête enfin au grand buffet d'orgues, à la croisée du nord qu'il avait entamée ; mais il avait détruit presque tout le monastère. Le char-
trier, le réfectoire, les cuisines, une portion du petit dortoir avaient seuls pu survivre au désastre. Les pertes furent évaluées à plus d'un million ; quelques-unes étaient irréparables. La bibliothèque du monastère comptait de 8 à 900 manuscrits et 25,000 volumes , et on ne retrouva plus que 11,898 volumes et 245 manuscrits.
Duroche, architecte du roi, réédifia les bâtiments du monastère; on venait de les achever quand la révolution éclata. Nous retrouvons le long des murs du cloître quelques inscriptions funéraires échappées à Tincendie ; on remarque encore , dans quelquesunes des pièces qui entourent le cloître, des arcades ogivales qui remontent peut-être au temps de Pierre de Celles.
Les bâtiments nouveaux sont remarquables par leurs belles proportions, la sagesse de leurs lignes et la noblesse de leur ensemble. Le cloître est vaste et les voûtes élevées laissent l'air du ciel et les rayons bienfaisants du soleil arriver sur les dalles. La façade du monument est ornée d'un fronton triangulaire orné de sculptures. Sur le devant de la cour était une porte fermée d'une belle grille de fer surmontée des armes de l'abbaye T et soutenue par deux piliers de pierres.
Sur la gauche, dans le cloître, est un magnifique escalier qui conduit au premier étage. Des arcades, des colonnes décorent son entrée ; ses rampes en fer
forgé sont riches d'ornements ; ses marches sont longues et faciles à monter. 11 est digne d'un palais.
La bibliothèque fut placée dans une vaste galerie sise au rez-de-chaussée ; six croisées l'éclairaient ; elle avait 144 pieds de long, et 24 colonnes de bois sculpté marquaient les divisions où furent classées les terres. La belle boiserie de cette salle était l'œuvre de Blondel, artiste rémois. Il attachait tant d'importance à l'œuvre qu'on lui avait confiée, qu'il recommença à ses frais et jusqu'à quatre fois les sculptures qui ne lui semblaient pas parfaites.
La façade du monastère fut précédée d'un perron sur lequel , en 1 787 , le duc et la duchesse d'Orléans se montrèrent au peuple qui les saluait de ses acclamations.
Quand les couvents furent fermés, celui de Saint- Remi subit le sort commun. On réunit dans la bibliothèque les livres qu'on trouva dans les maisons de Saint-Nieaisc , des Minimes et des Carmes. La ville , qui en devenait propriétaire, les laissa dans cette belle galerie pendant plusieurs années. Elle y réunit aussi des tableaux , des objets d'art dont les édifices religieux étaient alors dépouillés à leur profit. Nous avons dit que depuis long-temps, et ce bien avant 1795, on songeait a transporter l'Hôtel-Dieu dans les bâtiments de Saint-Nicaise ou ceux de Saint- Remu Les premiers furent vendus et détruits ; ce furent donc les seconds que la ville destina dès-lors aux pauvres malades. Mais cette translation devait
être coûteuse, et on recula long-temps devant les dépenses qu'elle nécessitait.
Pendant la révolution le couvent fut magasin militaire, caserne, ambulance. En 1814 les Russes y mirent leurs blessés. En 1815, pendant les Cent- Jours, on y vit les Polonais au service de France.
Aux blessés étrangers avaient succédé les blessés français. Après nos désastres, ils remplissaient Reims, et Ton fut heureux de leur ouvrir l'abbaye. On put dès-lors apprécier les avantages qu'offraient ses vastes salles, son large cloître, ses jardins, sa position élevée. La chute de l'ancien Hôtel-Dieu fut dé" finitivement arrêtée. Les circonstances s'opposèrent encore à l'exécution des nouveaux projets. Ce ne fut qu'en 1827 que la translation eut lieu. Tout le matériel fut déménagé, remis en place, et le 12 juin une longue suite de voitures partit de l' Hôtel-Dieu pour Saint-Remi. La porte du couvent était ornée de verts feuillages, et celle de la façade s'ouvrait au milieu des guirlandes de fleurs.
La bibliothèque devint chapelle. On y plaça les orgues et le pavé qu'avait renfermés l'oratoire de l'Hôtel-Dieu. L'autel fut fait avec les marbres qui composaient le piédestal de la statue de Louis XV, détruit en 1793.
En 183-4 on augmenta les anciennes constructions. Un homme bienfaisant, le docteur Simon, avait laissé des fonds pour élever un hôpital à la folie. Ses intentions furent exécutées, et des cellules
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furent bâties le long de la rue des Cailloux. Elles viennent de recevoir une autre destination. Les fous ont été conduits dans la maison centrale de Châlons. Leur hôpital s'est ouvert à d'autres misères humaines.
C'est à l'Hôtel-Dieu que se tient de nos jours l'Ecole de Médecine, fondée jadis par les deux Antoine. C'est là que les docteurs Gilbert de Savigny, Hannequin, Petit, d'autres encore avec eux, soutiennent la bannière de la vieille Université rémoise, et luttent avec courage et désintéressement contre le mauvais vouloir et les préjugés du moment ; tes exigences des intérêts matériels ont beau faire, l'avenir n'est pas à elles seules, il est aux lumières, au savoir, et un jour il récompensera ceux qui ont su l'attendre en combattant pour lui.
L'Hôtel-Dieu renferme de belles lingeries, une cuisine parfaitement tenue. On y remarque une table longue de 18 pieds et large de 3. Une inscription placée sur une lame de plomb apprend qu'elle fut faite avec une branche d'un arbre de Saint- Basle. Le chêne qui la fournit avait 15 pieds de diamètre. On y tailla douze tables semblables à celle dont nous parlons.
Nos rois avaient droit d'y venir dîner le lendemain de leur sacre. Les dépenses de ces visites étaient supportées par l'abbaye et son ban. On enfufc dispensé lorsqu'on paya l'impôt connu sous le nom de décime.
Les princes de la deuxième race et leurs grands vassaux logèrent souvent dans le vieux monastère. Les petits-fils de Charlemagne venaient abriter le sceptre qu'ils ne pouvaient plus défendre, près du tombeau de Saint Rémi.
Parmi les hôtes illustres que reçut la maison, figure Jean de Salisbury, évèque de Chartres, mort en 1180, cet historien fidèle des vexations que l'archevêque Henri de France faisait supporter aux Rémois, ce généreux compagnon de Thomas de Cantorbéry, banni d'Angleterre. Il vivait à l'abbaye vers 1170.
C'est encore à Saint-Remi que le héraut de la reine d'Angleterre vint déclarer la guerre de 1557, pendant les noces du duc d'Enghien.
Là se tenaient, notamment dans le xvie siècle, les assemblées générales du clergé de Reims. Là descendirent maintes fois les Mayenne et les Lorraine. C'est là qu'en 1585 le lieutenant Souin sut refuser au duc de Guise les clefs de la ville dont il exigeait la remise.
Il n'y avait pas à Saint-Remi une chambre, un pilier, une dalle qui n'eût son histoire. Je ne puis m'y arrêter plus long-temps, et c'est à regret que je m'arrache aux murs du vieux monastère. Adieu donc, cloîtres silencieux où la science et la religion promenèrent tant de fois leurs profondes pensées ; adieu, terre que tant de grands hommes ontfouléede leurs pieds, qui recouvre tant de restes vénérables. Les souvenirs que vous réveillez suivront le pèle-
rin qui passe où vécurent les enfants de Saint Benoît.
Comme nous l'avons dit, le territoire de la haute ville était un vaste cimetière ; une chapelle s'élevait au centre; mise d'abord sous l'invocation de Saint Clément, pape et martyr, elle fut dédiée à Saint Christophe sous l'épiscopat de Betause [508-528]. On ne sait à quelle époque elle fut construite, mais elle paraît contemporaine des premières églises rémoises.
Saint Rémi mourut en 555 ; dans un testament, il témoignait le désir d'être inhumé dans l'église où reposaient les reliques de Saint Thimothée et celles de ses compagnons.
Nous avons raconté comment la modeste chapelle Saint-Christophe eut l'honneur de recevoir dans son sein les restes d'un des plus grands évèques de France.
Il fallut bientôt agrandir le petit oratoire. Clotilde, la première de nos reines chrétiennes, facilita par ses bienfaits les constructions devenues indispensables. Des bâtiments importants, destinés au clergé de la nouvelle église, s'élevèrent à côté. Les évêques Manipius et Gilles s'occupèrent de ces premiers développements donnés à l'église [548-569]; leurs successeurs continuèrent leur œuvre.
En 655 la chapelle fut détruite, et la seconde basilique Saint-Remi prit sa place. L'évêque Sonnace [654] dirigea cette construction; elle ne manquait pas
d'importance, et la nouvelle église était citée parmi celles qu'on remarquait alors en France. Les architectes qui l'avaient élevée n'avaieutpas su lui donner la solidité nécessaire pour traverser les âges ; après être restée debout deux cents ans environ, elle menaça ruine.
Hincmar [845-882] éleva la troisième basilique qu'on vit sur cette colline. Pinchart, chanoine de Notre-Dame, a vu dans un manuscrit de l'abbaye de Saint-Remi, écrit vers 1377 et brûlé dans l'incendie de 1774, un dessin qui représentait cette troisième église ; il la décrit ainsi : l'entrée de l'édifice et son pourtour ressemblaient à un château-fort ; à côté de la porte était une tour ronde et assez considérable ; sur la toiture de l'édifice s'élevaient quatre petites flèches, et au centre une tour assez élancée , terminée par quatre clochetons ; derrière étaient les bâtiments destinés au clergé.
Ce vénérable édifice ne devait pas être plus heureux que celui qui le précédait. Sa chute était imminente au commencement du xie siècle. En 1005, Airard, sixième abbé régulier, fit venir près de lui d'habiles architectes, leur fit faire des plans, et parmi tous ceux qui lui furent présentés il choisit celui qui, par sa beauté, sa grandeur, lui sembla le plus digne de l'illustre tombeau qu'il s'agissait d' abriter. On se mit à l'œuvre, les fondations furent faites, mais chacun disait, en voyant la grandeur des lignes tracées sur le sol, ce qu'on répète à
Cologne depuis des siècles devant sa cathédrale inachevée : Personne dans ce monde n'en verra la fin.
Pendant trente ans déjà Ton travaillait, quand l'abbéÀirard mourut. Il n'avait pu terminer son entreprise [1036].
Son successeur Thierry essaya d'abord de lutter avec courage contre des difficultés que le zèle de son devancier n'avait pu vaincre : mais il comprit que la puissance divine était seule sans bornes. Il fit détruire tout ce qu'on avait fait, et l'édifice, vers 1041, fut recommencé sur des proportions moins vastes, mais plus sages et plus en rapport avec les ressources de l'abbaye.
Après avoir dirigé pendant sept ans les nouveaux travaux [1048], Thierry sortit de ce monde et dut laisser à Hérimard et sa place et le soin d'achever la basilique de Saint-Remi. Le nouvel abbé se mit à l'œuvre, et acheva les croisées. Bientôt une charpente de bois taillée dans la forêt d'Orbais couronna les murs de l'édifice. Le clergé, les habitants de Pieims appuyaient des efforts qui cette fois inspiraient confiance. Les uns avaient fourni des matériaux, les autres des chariots, des bêtes de somme. D'autres encore avaient mis la main au pieux travail et s'étaient mêlés aux ouvriers. L'édifice s'acheva ; l'abbé Hérimard voulut perpétuer le souvenir de la nouvelle consécration par une fête auguste. Il pria le pape de venir lui-même placer
la nouvelle église sous le patronage de Saint Hemi. Léon IX y consentit, et se rendit à Reims. La cérémonie se fit avec tout l1 éclat imaginable, au milieu d'une foule immense que les gardes ne pouvaient contenir.
Plus de cent ans après, Pierre de Celles fit démolir l'abside, alors moins haute que la nef; il reconstruisit en pierres les voûtes des deux corps de bâtiments, et les mit de niveau; celle de la nef fut en cette occasion élevée de 4 pieds. On ne s'en tint pas là : le docte abbé fit refaire le portail et les deux premières arcades intérieures.
L'architecte voulut donner à l'église entière un nouvel aspect, et il appliqua le style gothique à l'intérieur de la nef. On essaya de dissimuler tout ce qu'elle avait de roman. Des arcades ogivales furent indiquées au-dessus et autour des arcades à pleincintre. Les piliers romans furent cachés sous des faisceaux de colonnettes qu'on fit monter jusqu'au sommet de l'église; la voûte bâtie par Hérimard était en planches peintes, Pierre de Celles la fit de pierre. Toutes ces constructions furent faites de 1164 à
L'abbé Jean Canart fit faire, au commencement du xvie siècle, la couverture en plomb qui revêt l'édifice; vers 1588, il avait couronné la croix de l'église d'une flèche légère; elle était à cheval sur l'extrémité de la toiture du chœur et dissimulait ainsi la différence de hauteur qui se trouvait entre la toiture du
chœur et celle de la nef. Elle remplaçait une tour dont le sommet était en bois. Elle contint les cloches de l'église jusqu'en 1587. Cette année, la veille de Noël, un violent coup de vent la renversa.
Le portail méridional fut reconstruit sous Robert de Lenoncourt, second abbé commendataire de Y abbaye. Cette partie de l'église tombait en ruines ; Tarcbitecte qui la releva lui donna le cachet de son siècle, et six pieds de plus en saillie. Nous la décrirons plus loin.
En 1725, les hautes voûtes collatérales du nord tombèrent et écrasèrent sous leur poids la basse-nef qui les soutenait. A celte occasion, on examina l'ensemble du monument; des projets de réparation générale furent discutés et arrêtés ; on ne les mit h exécution qu'en 1756.
A la du xvuie siècle les Bénédictins , après avoir reconstruit le couvent incendié, allaient refaire le portail de l'église : la révolution éclata. Le lecteur a deviné qu'en 1794 le vieux monument fut dévasté. On y fit un manège, et pour l'agrandir ou mutila les piliers qui soutenaient la voûte de la croisée : c'était là le centre de cet établissement, le point où chevauchaient les écuyers.
Quand le culte catholique eut la permission de rentrer à Saint-Remi , on fit à la hâte les réparations intérieures indispensables; mais cène fut qu'en 1825 que l'on put songer à la restauration du vénérable édifice. Le sacre de Charles X amena dans nos
murs des membres de l'Institut, des artistes et des hommes de scienee; tous admirèrent l'ensemble de l'antique église, tous gémirent sur sa ruine prochaine. L'attention du roi, celle de ses ministres furent attirées sur le monument le plus ancien de notre grande cité. On ne pouvait laisser périr le mausolée de Saint-Remi; il fut décidé qu'on le sauverait. Dès 1825 une somme de 225,000 fr. fut affectée aux réparations urgentes. Elle devait être payée pour un tiers par la cassette du roi, pour les deux autres tiers par l'Etat et la ville. Bientôt la basilique de Saint-Remi se releva ; sa large voûte plana hardiment sur la nef; les bas-côtés sortirent de leurs débris et revinrent soutenir les vastes flancs du grand édifice. Les verrières virent tomber les plâtres qui les obscurcissaient. Le monument reprit son majestueux aspect. Au dehors, au dedans, l'œil putde nouveau parcourir les profondeurs des galeries hautes et basses. Historiens, architectes, antiquaires, voyageurs, vous admirerez long-temps encore l'œuvre des Hérimard , des Thierry, des Pierre de Celles.