‹ Reims: ses rues et ses monumentsChapitre 24 sur 34 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Quartier du Mont-Dieu. — Rues du Barbâtre (du c6lë du Mont-Dieu), » du Nouveau-CkiUëge, — des AugustinS) Montlaurent.

N vient de parcourirrenceiiiie de Ja vieille ville. Il faut maintenant sortir de ses premières limites et monter de quartier en quartier jusqu'aux anciens bourgs de Saint^Remi et de Saint*Nicaise.

Retournons encore par la rue de Contrai au

carrefour qu'elle forme avec les rues des Murs et de

r Université. LÀ vient aboutir la rue du Barbâtre ;

dans de vieux titres elle est appelée via Barhastri.

Vicus Barba^ri était le nom du quartier qu'dle

traTçrsait.

On est d'accord généralement pour lui donner, comme première dénomination, celle de via Cœsor rea. C'était la voie romaine, celle qui se dirigeait vers la ville éternelle, celle qu* avaient suivie en entrant dans Reims César et ses légions.

Dès que les vainqueurs du monde furent installés dans nos murs comme alliés, ils s'occupèrent de civiliser la contrée. La science de faire Jes routes et d'élever les chaussées ne fut pas la moindre de celles dont ils dotèrent la Champagne; ils ne s^^n tinrent pas à la théorie, ils mirent leurs principes en pratique, et firent rayonner sur Reims neuf routes différentes.

La voie Césarée était, comme son nom l'indique, la plus importante de ces routes ; elle rappelait d'antiques souvenirs ; elle menait à Rome, au champ de bataille où furent vaincues les hordes d'AttUa, entre Soîppes et Chàlons, auY anciennes basiliques situées daas le haut de la Tille.

La voie Césarée est citée sous ce nom dans le testament de Saint Rémi, dans l'histoire de Flodoard. Ce n'est que vers le x® siècle qu'on voit apparaître les noms de vicus Barbastri^ via Barbarorum.

Les deux côtés de la voie Césarée furent longtemps couverts de riants ombrages et de verdoyantes récoltes. Peu à peu la cmlisation éleva des édifices sur la lisière de la route. Au xiv« siècle, elle fut définitivement comprise dans la nouvelle ceinture que Reims se donnait. Ce ne fut que vers 1773 qu'elle fut pavée.

T^« le Barbàtre,oàrMicokîtrêbieatdt ^ 1:1s. EHe a pris le non de r«neieil ^upe Temphcement.

pu s'étabUre&t tant d'ordres

9Ure à Reims une coni'-

' expiaient par la vie la

'>^ et celles d'autrur.

^.en 1261 et leuf

^es.

«^ait de vôto-^ o aux privations les «i rigueurs d'une régie sont ..c peuvent durer, et souvent une ^^^•rc en sens inverse : c'est ce qui arriva ^rcs Sacbcts ou Saguets. Leur costume leur .ait valu ce surnom : on les appelait aussi Frères du sac au Frères porte-sac. Leur ordre était celui des Frères pénitenciers de Jésus-Christ» mais l«tr maiton ne fut pas long-temps un lieu de pénitence. Les plaisirs de la vie séculière y plantèrent enseigne.

Dans ces ctroonstances, vers 1320, les ermites de Saînt'nAQfttstin, gens soumis à «ne règle sévère; mais sage, vinrent frapper aux portes de Reims. Lt pape Jean XXII demandait pour eux rhospitalitâ* Pbilipl^lei-Long.ordoanàit à Iki ville de les recevoir, et Tarchevèque Robert de Courtenay, après avoir obUmu le consentement des citoyens qu'il avait as* seaiUês , donna aux nouveaux-venus' le couvent des Frères Sacbets ; on avait fini par expulser les derniers.

Ea i789, oa faisait dan» le ooovent des Âugnstins on cours d anatomie fondé par la Société libre d'émulation. 11 dura peu.

Les religieux professaient la théologie et donnaient des leçons de prédication. On venait de toute la province suivre leurs cours justement estimés. Us formèrent bon nombre d'ecclésiastiques instruits.

Us ouvrirent leur retraite à une bonne œuvre, dont Farchevèque Talleyrand de Périgord avait eu ridée. JSous voulons parler du prêt gratuit. Cette institution fut fondée en 1788. Un capital de quel* ques milliers de francs avait été versé dans la caisse de charité par le clergé et quelque laïques. *

Sur cette somme on prêtait sans intérêt, mais sur gages, aux gens qui se trouvaient dans la gêne. Es une année on vint en aide à 368 indigents, et ce qui lait honneur aux/gens secourus, sur 6,684 livres prêtées , il n'y en eut que 175 de perte. Le bureau était composé de Farchevèque , président , de sept ecclésiastiques et de deux laïques. Cette pieuse institution ne sauva pas les Frères Augustins quand ar* riva le marteau de la révolution , et leur église fîit démolie.

En 1792 et 1795, le collège constitutionnel s'éta^ blitdansle couvent ; il n'j prospéra pas et s'éteignit faute d'élèves. On lui substitua un dépôt de salpêtre. . Une partie des bàtûnents conventuels existent encorev

Le 49 avril I8M, «ne oidonnance royale aotorisaf FmiTertare k Reims d*une école eocléaastique. hë 25 octobre suivant elle était établie dans Tandeit couvent des Augostins , et prenait le nom de petit séminaire. Dans ce moment on augmente Tédifice, el de nouvelles et vastes constructions vont se joindre à cellea de Tancienne communauté. Sur la porte d'entrée on retrouve sculpté le cœur enflammé percé d'une flèche, emMème de Tordre de Saint-Âugustin.

L'antique église avait dans Forigine une belle flèche; un humble clocher lui avait succédé ; il Maât à cheval sur le toit ; sa base était carrée , et son sommet pointu.

Dans le sanctuaire s'élevait un autel assez remar* quable. Un jubé séparait le chœur de la nef. Au grand portail brillait une rosace de petite dimension ; plus bas étaient deux verrières allongées et ogivales ; de l'autre c6té, à rintérienr, on voyait un orgue.

• Quand Féglise fut démolie, la rue des Augustins fut poussée sur son emplacement jusqu'au rempart. A son extrémité, du côté du rempart, est une tour qui portait aussi le nom des Augustins. Elle date de 1489, et fut bâtie par Jean Briet, Jean Golbert et Jean Chàlons. On l'appelait aussi tour de Bellègai^e, on des Trois-Museaux : elle avait reçu ce dernier surnom parce qu'elle se composait de trois bastions qui présostaient chacun une saillie.

En remontant la voie du Barbàtre^ nous trouvons bient^, toujours, à gauohe , la t rue du Nouveau*

Cottègff. A la Ea da règne de Louis XV, ]es hmÀmenU de rUoiveraté avaient besoin de qael(|Hes réparations. On pensa qu'il serait avantageux de les rdever sur un autre point de la ville. Le cardinal de Laroche-Ajmon désirait attacher son nom à une grande fondation : celle d'un nouveau collège lillsour rit. Les Augustins s'empressèrent d'abandonner mn terrain considérable où il devait s^asseoir. Le i5 juin 1775 , Louis XVI , lors de son sacre , posa la pvemière pierre des nouvelles constructions ; il donna même à la ville dans ce but une somque de 45, OW francs. Déjà les bases de Tédifice sortaient de terre , quand d'autres besoins vinrent absorber la vigilance des magistrats et les revenus de la cité. Le monument ne fut pas achevé.

Antérieurement on trouvait sur ce terrain une impasse qui aboutissait au couvent des Augustins. Lorsqu'on eut renoncé à j placer un vaste édifice, on y ouvrit une rue qui devint celle du Nouveau- Collège. C'est aujourd'hui la rue Gerbert.

Dans le Barbâtre, toujours du même côté, nous voyons n? â7 une vaste manufacture. La coupe antique de son toit laisse deviner qu'il n'a pas été fait pour abriter des métiers. Ce bâtiment, fut construit en i567 par Charles dé Lorraine^ pour y établir le séminaire qu'il instituait. C'était le premier organisé suivant les règles posées par le concile de Trente. On y. adnût cinquante jeunes clercs. Le séminaire fut peu après son établissement réuni an collège des

BoofHfinfeols. Sa maiMm fiti d'abord prêtée mi\ catholiques anglaifii dont nous avons parlé, et pins tard vendue aux chartreux du Mont-Dieu, pk>ès Se* dan. Ils avaient eu pour fondateur en 1132 Odon , aU>é de Saînt-Remi. Ils destinèrent leur acqui^-^ tîon à faire un refuge dans Reims pcmr ta coromu-^ n&uté, une hôtellerie pour leurs frères en voyage, un hôpital pour ceux qui souffraient, un magasin où se serraient leurs récoltes.

Derrière le Mont-Dieu, du côté du rempart, était une tour qui avait pris le no» de la tour du Sémi-^ •aire. Elle datait de 1489, et avait été bâtie avec les pierres du prieuré de Saint-Maurice,. dont nous par-* lerons bientôt. On l'appelait aussi tour de Saint-^ Georges. Le nom de ce saint ét»t sculpté en caractères gothiques au-dessus de la porte.

Plus haut, dans la rue du Barbàtre, nous trouvons ia raeMontlanrent. A Tangle qu'on laisse à droite eti y entrant, et sur la rue du Barbàtre, est un vaste édifice qui date du xvi" siècle. Il est marqué sur le plan de 1665 comme un des monuments notables de Fépoque. C'était le château de Montlaurent.

Cet antique hôtel étaitcelui de la famille Feret, qui jona un grand rôle à Reims dans les x?^, xvi' et xvn* sîèctes. À elle appartenait la jeune fille à la blonde dievelure qui salua Charles YIIl lors de son sacre* Cette maisen a lowni quatre capitaines de Reims pourleroi; l'un d'eux fut trois fois lieutenant des hHdfftaifU.

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Dans la rue.du Barbàtre on voit plusieurs enceintes particulières renfermant un grand nombre de pauvres logements; chacune d'elles a une porte commune sur la rue.. On les nomme cours : c'est encore une dérivation du vieux nom gaulois cor/, eoùrt. Parmi des enceintes, on remarcpie, n > 58, la cour Lépagnol, qui forme un passage pour aller aux remparts ; la cour Franquette, qui portait aih^snif

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C'est ce dernier, iHMBuné Hubert Feret^ êl se qaa- Uliânt seignenr de Ciieuv et de Montlaurent, vidame de Châlons, lieutenant des habitants, et defHii» capitaine de la ville, qni commença, vers le milieu, du xvi^ siècle, la construction du château que nous vbitons ; il fut achevé par Regnauld Feret.

L'hdtel, que Regnault Feret abandonna, devint, sous Colbert, une manufacture. On commença par en changer les divisions ; un entresol fut ménagé dans Taiie qui regarde la rue de Montlaurent, entre le premier et le rez-de-chaussée. Au-dessus des statues furent percées de petites fenêtres basses et lai^s qui dèigurent Tédifice; elles éclairaient les ateliers.

C'est en 1665 que le grand ministre fonda dans Reims divers établissements industriels dont il voulait doter sa patrie. Des fibriques de savon, de crêpes, de denteUes, y furent organisées par ses ordres, La routine, Tenvie et la concurrence luttèrent d'efforts avec lui ; malheureusement la victoire leur resta.

Dans la rue.du Barbàtre on voit plusieurs enceintes particulières renfermant un grand nombre de pauvres logements; chacune d'elles a une porte commune sur la rue.. On les nomme cours : c'est eficore une dérivation du vieux nom gaulois cor^ eoùrt. Parmi des enceintes, on remarque, n ' 58, la eour Lépagnol, qui forme un passage f êur aller aui remparts ; la cour Franquette, qui portait afhdeslus

de son entrée une statue de la Vierge placée dans vne niche avec cette inscription :

•« Sî l^amour de Marie en toa cœur est gravé , N oublie pas eo passant de lui dire un //ve. »

Près de là se trouvait ta cour' dés Echelles, no 6i, dans laquelle on déposait les crocs , les échelles, les seaux destinés à combattre Tincendie.

Dans le chapitre suivant nous allons parcourir le côté droit de la voie Césarée.

37t très bâtiments dans la rue du BarbAti«, «ù éXk &*ëtab]it avec ses religieuses et les orphelins qu'elles élevaient. Elles étaient à peine installées depuis quelques années, qu'une nouvelle fondation charitable vint prendre leur place.

En 1678, il existait à ce même angle des rues du Barbâtre et des Orphelins un édifice important, connu sous le nom de la maison de Landève. €'é-* tait là que descendaient les religieux de Tabbay e de Landéve, quand leurs affaires ou les circonstances les amenaient à Reims.

M. Roland, théologal de Téglise de Reims, acheta ces. bàtimcns, y fonda une communauté de femmes qu'il nomma Filles séculières du Saint Ën&nt-Jésiis; il parvint à obtenir des lettres, de cachet favorables en 1678 et, ce qui n'était pas toujours diose facile, Tagrément du conseil de ville, on imposa seulemeoi aux nouvelles Sœurs Fobli^tion de tenir en ville, quatre écoles gratuites pour les jeunes filles, etlde recevoir chez elles les orphelinis de M"*® Yarlet. On leur livrait rétablissement créé par cette charitable dame.

, Le couvent prit le nom de celui qu il détrônait et s'appela jusqu'à la révolution maison des Orphelins» Il s'enrichit , put élever une église et agrandir ses premiers bâtiments. Les Soeurs dirigeaientcinq écoles gratuites quand arriva 1793.

Les orphelins qu'elles abandonnèrent fcrcémeni furent conduits à rUopital-Génèral; elles ise disper^

sèreni et revinrent quand la ' nation se remît à com» pf endre que le détournent chrétien râlait bien celui des encyclopédistes. Elles enrent le bonheur dfe pouvoir rentrer dans la maison qui fut leur berceau : les écoles s'ouvrirent de nouveau ; huit ScBurs en prirent la- direction.

En 1807 une pension de jeunes filles fut créée dans le couvent; mais ce ne fut qu'en 1814 que Tancienne congrégation fut rétablie régulièrement.

La chapelle avait servi long-temps de remise, en 181^ on y avait établi des cuisines de charité, et on y faisait des soupes pour les indigents. En décembre 1815, elle devint hôpital militaire ainsi que lès maisons de Saint-Marcoul, de la Charité , de rHôteMMett et de SbinIrRemi. En 1817, elle fbt resiMiffèe, bénie et ouverte au public.

Quelques épîtaphes anciennes furent relevée^. Celles de-Nicolas Roland, fondateur, et de Marguerite Varlet, bienfaitrice des orphelins, morte en 1 684, -fwent du nombre.

fin continuant notre route dans le BarbAtre, nous arrivons à la maison des Carmes. La rue qui longeait fe couvent avait pris son nom.

Les Carmes prétendaient modestement que ledr ordre avait été fende sur le Mont-Carmel par le pr6pbèle Elie ; et en souvenir de cette glorieuse institution , ils portaient dans le principe un manteau rayé de noir et de blanc, semblable à celui que la traditionpf«taitaufl«Ént prophète. Aussi lès nom^

iiuitr-oa les Pères Barrés. Ikpiiis ils prireat qd habit blanc el continuèrent à se donner la même origine, ce qui leur valut de rudes as^uCs de la part des jésuites.

Ils se présentèrent à Reims en i2d2. D'abord ils furent refusés , et bientôt ils battirent en retraite. Cet échec ne les empêcha pas de revenir et d'être accueillis en 1320 par la protection de larchievèque Guillaume de Trie, oncle de Philippe de Valois. Ib s'ètabUrent dans une maison située rue du Barbâtre, «qui les avait déjà reçus lors de leur première apparition.

. I^es dames de Saint-Pierre, ea 4535 , leur aftiandonnèrent un terrain sur lequel ils élevèrent à la hâte un oratoire. Us commencèrent en IS44 une église, achevée vers 1381 sous Richard Pique, et consacrée par un évèque de leur ordre. La dame d'Ettghien en avait posé la première pierre. Ce monument était des plus simples.

L'église des Carmes fut démolie eni790L Le couvent devint une maorufactuf e ; plus tard il reçut les Frères des écoles chrétiennes , qui cédèrent la place aux troupes russes, et revinrent après le départ de Tétranger. Aujourd'hui on a placé an dépôt royal d'étalons dans les bâtiments qui sont maintenant la propriété de la ville. Leur unique entrée est sur la nie duBarbàtre. Elle porte le n® 174. fr

Au coin de la rue des Cannes fut placée dans le j^iècle dernier une fontaine aïonumentale dédiée à

IL Lèftflqoe d» Pooaijr^ lîMCëAMi àéê liti>ftuit8. Bile n*a non dt- nmaifvable, ie^'sôn unique mèrïtè ^ de tfinNwler là nénoire d*uli heÉMié qui séMi bien le pays;

Un peu plu& loîii, dnis la rue-dii Baii)fttre, de^ vant la maison qui port» k n^ 160, entre oettes étf Saint^Miarice et de fileffmandiev en veyail une eroix antique : c'était la croix de Saint-«Aniould ; renrer^ sée sous le régime républicain, eUe fat relevée en iSâi à dottxè pitda environ du lieu qu'elle occupait jadis. On la treuve près de la maison qui perte le n» i58w

•Sous le règne de l^kivis vivait un grand seigneur paSen noftunè Arnoaild, iUs du comte de Rethel ; A fit là connaisêaneéde Saint Rémi. Les rapports quMk eurent ensemble le déterminèrent à se faire obré*^ tien. Le saiiit évèque le baptisa, piiisîl bénit lemariffge que. le néophyte contracta bientét avec untf nièce de la reine Clotilde : elle avait nom Sea^ riberge^ Af iienld crut que la voix de Dieu Tap-» pébni au sacerdoce ; il abandonna la couche nup^ tiale 6t entra, dans, lea oodres. Saint Rémi le sacra évèqueide Tours. Oaandrapètre ^ca Gaides ne fut plus de ce monde, Arnould<>' son disciple,, vint à Reims priier sur les cendres de Thomme qui Intson patron et son ami*.U parait que Seariberge n'avait pas vu sans déplaisir son: mari foire vœu dfr célibat, lak regrettait ce que * la légende appelle - ddiàias ,et résdutiéB sn véngér. £He sut. la

yoj«gi8 d'ArnouUr à Bmis, ^t desr asitaniit envoyai ptar elle çiaMaorj^rent le pis^ «ttiMiiitnt où à k mitt toinbante il reiUrait ckei lui. Hàtons-iMHis de dire, pour rhooneur de dame Scariberge, que, suiranC une autre légende, elle fut canoniaée, d*où Ton peut conclure qu'elle ne fut pas complice de la mort de son mari , ou qu'eUe expia son crime par la pénitence et la charité.

Avançons encore dans la rue du Barbàtre; nous remarquons une maison portant le n^ 144. Ce bftti^ ment est le reste d'un hôtel élevé dana le xvi* siècle ; il n'a qu'un étage ; près des fenêtres sont deux tètes sculptées, aii^urd'btti mutilées, renCénnée^ dans 4es médaSlons dentelles sembleirt sortir. Le portail te compose d'un fronton tnangnlaire porté sur deux colonnes.

Ala suite on trouve la me- des Cardinaux. Dans «ne de ses maisons, eo voyait* au-dessus d'une antique cheminée les armes de Robert de Lenoncourt, surmontées d'un du^eau de cardinal. Ce bâtiment appartenait jadis à l'abbaye de Saint-Remi, dont le charitaUe'prélat était abbé commandataire. Il ne &ut peut--éEtre pas chercher ailleurs l'étymol»giedu nom de la me.

'. Notre rue conduisait à l'église Saintr^Timothée, un des plus anciens monuments de notre dlé; û n'en resté pas pierre sur pierre*

Lorsqu'au iv* siècle Saint TnioChée, ses compa^ fnOns etSaÂnt Apottinakeléur bomnreln, pnàS'dnrétîan

crilége. Pendant la nuit , le Christ en fut arraché après avoir été traîné dans les ruisseaux fangeux du quartier, et fut pendu au gibet qui s'élevait alors sur la place de la halle Saint-Remi. Cette profanation fut attribuée partout aux protestants. Le calvinisme commençait à pénétrer dans Reims : il proscrivait les images et leur culte. Les coupables ne furent pas découverts. Tout le clergé de Reims se transporta processionnellément rue des Créneaux avec ses bannières, ses reliquaires, et après un sermon débité contre les hérésies , le monument fut de nouveau sanctifié.

A rextrémité de la rue des Créneaux, à gauche, nous voyons une fontaine monumentale dite de Saint-Timothée.

Cette fontaine, avant toutes les autres, recevait et distribuait les ondes de la Vesle. C'est à ses pieds qu-en 1747 commença la fête organisée pour inaugurer les sources bienfeisantes dont Fabbé Godinot dotait son pays : c'est là que ce vénérable vieillard, entouré du conseil de ville , au milieu d'une foule joyeuse, but dans une tasse d'argent les premières gouttes d'eau qui jaillirent sous ses yeux. Sa main tremblante porta sa coupe à ses lèvres ; des larmes de bonheur coulèrent sur ses joues ; et les acclamations du peuple saluèrent l'homme qui lui sacrifiait une fortune acquise par le travail.

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