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:%tte occasion élevée de 4 pieds. On ne s'en tînt pas là: le docte abbé fit- refaire le portail et les deux premières' arcades intérieures.
L*architecte voulut donner à Téf^lise entière im nouvel aspect, et il appliqua le style gothique à rintérieur -de la nef. On essaya de dissimuler tout ce qu^elle avait de roman. Des arcades ogivales Airent indiquées au«<lessos et autour des arcades à pleincintre. Les piliers romans furent cachés sous des faisceaux de colonnettes qu'on fit monter jusqu^au sommet de Téglise; la voûte bâtie par Hérimard était en planches peintes, Pierre de Celles la fit de pierre. Toutes ces constructions furent faites de 1464 à
L'abbé Jean Canart fit faire, au oommencement du x\v siècle, la couverture en plomb qui revêt Tédifice; vers 1588, il avait co«ironné laicroix de Téglise d'une flèche légère; elle était à cheval sur rextrèmîté de la toiture du clMBur et dissimvdait attisi la dHférenee de hauteur qui se trouvait entre la- tenture du
diœur et celle de la. nef. Elle remplaçail une tour dont le «ommet èUit en bois. Elle o^nlint lesdocbes de Téglise jusqu'en 1387. Cette année, la veille de Noël, un violent coup de vent la renversa.
Le portail méridional fut reconstruit sous Robert de Lenoncourt, second abbé commendataire de Tabba^e. Cette partie de Téglise tombait en raines; Tarcbitecte qui la rekva lui donna le cachet de son aièole^ et six pieds de plus en saillie. Nous la dècri* rons plus loin»
En 1736, les hwtes vuÀtes collatérales du nord tombèrent et écrasèrent sons leur poids la basse-nief qui les soutenait. A cette œiasion, on examina Tensemble du monument; des pitojets de réparation générale furent discutés et arrêtés ; on ne .les mit à exéeotion qu'en 1756.
A la du xvui^ siècle les Bénédictins ^ après avoir rDconstruit le couvent incendié, allaient refaire le portail de ré^iae : la révolution éclata. Le lecteur a deviné qu'en 1794 le vieux monument fut dévasté. On y fit un manège, et pour laiprandir on mutila les pâîers qui. soutenaient la voûle de la croisée : c'était là le centre de cet établissement, le point où chevauchaient lesécuyers.
Quand le culte catholique eut la permission de rentrer à Saint-Remi, on fit àlahàle les réparations intérieures indispensables; mais cène fut qu'en 1836 q«e Ton put songer àk restauration du vénérable édifice* Iwe sacre deCbaries X amena .4ans nos
murs des membres de Tlnstitut, des artistes et des hommes de science; tous admirèrent Fensemble de FanUque église, tousgémirentsursa ruine prochaine. L'attention du roi, celle de ses ministres furent attirées sur le monument le plus ancien de notre grande cité. On ne pouvait laisser périr le mausolée de Saint-Remi; il fut décidé qu'on le sauverait. Dès 1825 une somme de 225,000 fr. fut affectée aux réparations urgentes. Elle devait être payée pour un tiers par la cassette du roi, pour les deux autres tiers par FEtatetla ville. Bientôt la basilique de Saint-Remi se releva ; sa large voîHte plana hardiment sur la nef; les bas-côtés sortirent de leurs débris et revinrent soutenir les vastes flancs dii grand édifice. Les verrières virent tomber les plâtres qui les obscurcissaient. Le monument repnt son majestueux aspect. Au (dehors, au dedans, Toeil put de nouveau parcourir les profondeurs des galeries hautes et basses. Historiens, architectes, antiquaires, voyageurs, vous admirerez lopg-temps encore Tceuvre des Hérimard , des Thierry, des Pierre de Celles.
CllAPiTHK XXXIX»
tjjlise Saiut-Keiiii. — Sulle et lin.
fiixt est Tbistoire générale de notre beiiu monument. Nous allons tenter sft description.
L<i largeur totale de la façade est de 90 pieds^ 11 en a 420 de haut; on en compte 168 jusqu'à Textrémité des flèches.
Le portail a trois entrées : celle du milieu a 9 pieds de large, les deux autres en ont à peine chacune six. Elles sont placées sous des arcades ogivales composées de plusieurs lignes. Aucune figure ne les enrichit. Entre elles s'élèvent des colonnes qui doivent faire partie de Téglise au moins depuis le xi*
siècle. Elles sont cannelées du haut en bas et rap* pellent les écoles grecque et romaine. Celles qui encadrent la porte principale sont remarquables sous un autre rapport : elles sont composées en partie de morceaux de marbre et de granit de dimensions et de couleurs diverses; ces fragments sont les débris certains de nos premières églises, enrichies des dépouilles des temples païens, des villas romaines et des palais impériaux ou proconsulaires.
Au sommet de ces colonnes sont les statues de Saint Pierre et de Saint Paul ou de Saint Rémi. Elles nous semblent devoir aussi remonter à TégUse d'Hérimard.
De chaque côté de la principale porte se trouve une verrière longue et ogivale qui s'élève à la même hauteur que son arcade. Au-dessus de ce premier étage règne une rangée de fenêtres de différentes dimensions.
Aurdessus de toutes ces verrières.est une galerie indiquée par des arcades ogivales sculptées en relief sur la pierre. Elle est dominée par une rosace dont les rayons, au nombre .de aeize^ $ont de fonte. Elle date de 1841.. Celle qui la précédait éUit en pierre sculptée, et ses riehes vitraux ont laissé daris Reims des souvenirs qui font tort à ceux qui les remplacent. . .» . >
Le portail s'élève entre deux tours. Elles parai»* sent égales de dimension et ne différent que. par les détails. Les fenêtres qui les éclairent à Vintérieur
varient de largeur et de nombre; mais presque toutes elles rappellent Tarohitecture romane. Le plein-cintre qui les caractérise, les sculptures qui les décorent leur donnent le cachet des x* et xi* nèdes. Elles sont placées sur trois étages.
Le portail du midi fut reconstruit par Robert de LenenconrtàlafinduxY^siècle. EUe a du sol au sommet de son pignon 102 pieds de hauteur; on n'en compte que 7d dans sa largeur.
Peu de monuments portent d'une manière aussi nette et aussi complète le cachet de leur temps et les caractères d'un style qui fit époque, d'un style aussi hardi que gracieux.
Autour de la porte, du bas en haut, s'élancent des ceps de vigne; les feuilles sont sculptées avec art et se détachent de la pierre; des oiseaux, des insectes, sautillent et grimpent au milieu des fienrs et des fruits. Cette sculpture , qui regarde les coteaux de Sillery, n'est peutrètre pas sans allusion aux vendanges de nos montagnes. La partie supérieure de l'areade est occupée par des groupes de statuettes représentant la Passion.
La porte est séparée en deux par une colonne sur laquelle s'appuie une statue de k Vierge ; le piédestal et les côtés de la colonne sont couverts de sculptures semblables à celles de l'arcade; il n'en reste que des débris prdsque méconnaissables.
Au-dessus de ce portail s'élance une large et haute verrière. Elle a la forme d'uue'arcade ogivale. De sa
iMise partent de nombreoses et élégantes colonnettes de pierre , qni finissent par se croiser et former nn élégant réseau que Ton compare aux flammes qui se mêlent en tons sens. Aussi ce morceau de sculpture est-il un des types les plus purs du gothique flamboyant.
AlU fronton du portail est représentée Fassomption de la Vierge ; au sommet sont trois fauteuils , Dieit et le Christ en occupent deux ; ils résertent celui dtt centre à la Vierge, qui monte au cieL Des anges la soutiennent et TenlèYent à la terre ; d'autres habitants du dbin s^onr jouent de divers instruments et chantent les louanges du Seigneur.
Au sommet du fronton se tient debout Saint Micfael, le victorieux archange. La hauteur à laquelle sont ces belles et curieuses sculptures les a protégées contre le vandalisme.
Six contreforts soutiennent ce portail , de face et de côté. Terminés en clochetons aigus et fleuris , ils renfermaient chacun dans leur parde inférieure une statue plus grande que nature : Tune d'elles gênait pour rétablissement d*un réverbère élevé par la riHe il y a peu d'années ; elle a été supprimée sans qu'on ait pu jusqu'à ce jour k retrouver. Les chiq autres sont dignes d'intM^t. Elles sont sculptées avec sotn et finies autant que l'art le perm«ttait à la fin du Xf* siècle.
A l'extérieur , sur les mors de l'édifice , et surtout sur ceux de la grande nef, on doit examiner encore
les contreforU et les arcs-boutanis ; les premiers forment des demi-colonnes appliquées an bâtiment et se terminent en cùne ; leur style est roman. Hs doivent remonter à la construction de Tèglise en 1045 ; les arcs-bontants sont plus modernes , on peut les attribuer à Tabbé Pierre de Celles. Les ar-^ cades qu'ils décrivent dans leur partie supérieure en allant rejoindre la haute nef, sont larges et hardies ; elles sont au nombre de trente-quatre distribuées autour de Téglise:
Le chœur refait par Pierre de Celles conserva probablement ses premiers murs. On j retrouve au dehors de Tabside les contreforts coniques et les colonnes cannelées 9 œuvres de la sculpture romane.
A chaque bras de la crmx se trouve à T extérieur et du côté du chœur une demi-rotonde qui précède aussi les constructions ogivales du xiii^ siècle : à rextéfieur elles ont toutes deux pour contreforts des demi-colonnes ; leurs firis^ sont semblables aux cases du damier ; les unes sont pleines et en saillie comme des dés ; les autres sont vides ti forment (]|e petits cubes creux. Ce genre d'ornement est antérieur au golhique.
Entrons dans Féglise et e«a«ûnons TensemUe et les détails de son intérieur. Les feaèlres sises audessus du portail sont veuves d0 vitraux. Ceux qui doivent les garnir sont attendus avec impatience ; c'est seulement lorsqu'ils. ^rcmt posés qu'on pourra juger cette briUante décoration. Des colonnes à jour
et assez légères se détachent devant les verrières du premier étage, et forment une galerie où Ton peut passer.
La voQte de la basilique n^a que 7â pieds environ de haut ; mais elle en compte â/î de large, 6 de plus qu'à Notre-Dame ; aussi a-t^elle un air de hardiesse qui surprend.
Les nt^ latérales ont deitx étages : ce lute dWebitecture se voit rarement dans les églises de FVance.
Les liefe inférieures ont 21 pieds de large sur S5 de haut ; celles qui sont au-4essns ne comptent que 47 pieds de large sur M de hauteur! Les arcades qui se dessinent sur cette doulde galerie à chaque étage sont à plein-cintre; celles de la basse-néf sont simples, et ne font qu'un demi-cerde ; celles du sedond étage sont divisées en deux autres arcades de même forme , et séparées par une colonne courte et mince ; les chapiteaux qui les décorent imitent le style corinthien ; plusieurs d^entre eux sont en marbre Manc. Nous verrons encore là les reliques des monuments gallo-^romains* Toute cette rangée de ec^onnes a été peinte en rouge ou en bleu: le style roman le voulait ainsi.
Iridépendammeiit des verrières sises aux croisées et au portail dont nous avons parlé , Téglise en coBÉIitiât m autfte de diverses dimensions ; il parait que, dans Porigine, elles toieiit toutes enriobies dé vitraux peints. Ce n'est pas la révolution qui les
011 a privées» En 1750, les uidnes de Saint-Remi substituèrent des vitres blanches aux vitraux peints qui décoraient la nef. Dans le chœur, ib enlevèrent quetquefr-unes des in^ges de rois, d'èvèqueset de saints qui illustraient les hautes fenêtres ; chacune d elles contenait jadis deux de ces figures placées Tune aurdessus de Tautre.
L'église a 340 pieds de long > 174 de largeur aux croisées , et 75 de large dans la nef, j compris les deux collatérales. Elle porte sur rinquante-deux piliers, ceux du chœur sont gothiques, ceux de la nef sont romans. Pierre de Celles, pour mettre enharmonie les anciennes constructions avec celles qu'il venait d'élever, les a masquées du côté de la grande nef par des faisceaux de colonnes qui s'élancent vers la voûte* Les chapiteaux des pir liers primitifs sont intacts^ ils ont conservé leurs sculptures originales et le cachet de leur époque.
Dans la nef est une chaire qui ne peut pas ren^ofiter ai|-delà du xvii* siècle ; elle a le mérite d'avoir appartenu aux Bénédictins ; les deux chiffires S. B. et S. R., qui sont ceux de Saint Benoit et de Saint i^emi, s'y trouvent sculptés^ Trois bas-reliefs la décorent; ils représentent- Sjiint RfiBÛ rece* vaut hSainte-Ampouie,. Saini BenoH implorant le Saint*£sprit, et donnant sa règle à ses Fières. -
La nef était jadis séparée du chœur par un ji^. A quelle époque- l'église de SainHKemi reçutr-eUe cette décoration pour la premiçîre fois.? Nou& l'igno-
rons; nous savons seulement qu'en 1578 un jubé Ait élevé parlessoins du grand prieur dom Ravineau. Au centre était un autel dans le style de la renaissance. Il était placé entre deux portes ^i donnaient dans le cbtidur.
Ce jubé fut remplacé en 1649 : on en construisit un autre sous la direction de D. Jacques Bignieourt, grand prieur, et aux frais de Christophe Bîfnicovrt son neveu, lieutenant des eaux et 'forêts à Rdms. Celuft<i n'avait qu'une porte ouverte entre deux autels«
Sous la voûte placée an centre ilu nouveau jubé régnait une grille de fer assea belle ; eUe fermait retftrée du chœur , qui oomiKiiçait dans la nef et se fNPolongeait jusqu'au^là du transept.
Sur les marches du sanctuaire étaient les statues en pierre, mais peintes et dorées, de Louis d'Outremer et de Loihaire : elles marquaient la place où leurs restes fiurcat inhumés. Les deux rois étaient représentés aSsis sur le trône. A rentrée du sanctuaire s'élevait ua magnifique candélabre de cuivre donné, disait^on, par la reine Frédéronne.
L'autel du sanctuaire était jadis enrichi de chftsses précieuses et d*antiques reliquaires. Celui qui l'a ronplaoé vient du couvent des Minimes.
Derrière l'autel est une grande balustrade qui le sépare de l'airriére-chcBur.
C'est là que se trouvait le tombeau de Saint Rémi. La chapelle Saint-Christophe se trouvait au pdnt
où s'élève la nef aujoord*bui. C^est un peu plus en avant de T entrée do chœur que fut la première sépulture de Tapôtre royal. Ses restes, depuis transportés daos dÎTerses cryptes, finirent par être déposés dans rarrière-choBur. Un magnifique monument, qui renfermait aussi la Sainte-Ampoule, les contenait. 11 fut détruit en 4795 et remplacé sous Tempire par un échafaudage de bois peint et de marbres qui va s'écrouler pour faire place à un mausolée plus en baimonie avec Tenceinle de l'arrière-chœur.
A droite on trouve un bas^-relief connu sous le nom des Trois-Baptèmes ; il représente en effet ceux du Christ, de Constantin et de Clovis. On Tattr^ue à Tun des Jacques. Au-dessus était cette inscription : Homor deo sit, tirginoqw Mctriœ; fax loitU et requiei defunctiê. Am^n. 16i0.
En hct était une annmre ou se renfemaient les trésors de Saint-Remi. La république acAieva Fcbuvre de spoliation commencée par la ligne, et détruisit à peu près tout ce qui s'y treuvait encore en 1790. Derrière cette armoire, dans des niches qui re^ gardaient Tabbaye, étai^iit des statues peintes et dorées qui devaient remonter au u* siècle : elles existent encore* mais elles vont être placées ailfeurs. L'armoire du Irésor datait de 4060 : elle avait été faite aux frais de dom Lecointre et deChaanband de l'Hôpital.
Le pavé de l'église était formé de dalles defiîerre.
Té de ses anciennes églises, elle se vil à son tour condamnée.
Le 23 octobre 1793, à cinq heures du soir, le peuple envahit Téglise ; Ârmonville, le député de Reims à la Convention, monte en chaire : « Il n'y a pas de Dieu» dit-il; tout meurt avec Fbomme; après le trépas il n'y a plus rien à craindre ni k espérer... )> Mille blasphèmes contre la religion, les prêtres et les églises suivent ce sauvage début.
Son auditoire met aussitôt la théorie en pratique, et se livre au pillage et à la profanation : tout est détruit, brisé ; les tombes sont violées, les verrières volent en éclats, les statues sont brisées à coups de marteau, et la vaste voûte du noble édifice n'abrite plus (;ue des ruines.
Un manège s'empare du centre de l'église ; à une autre époque, les galeries deviennent des magasins, des ambulances.
Plus tard enfin, le christianisme rentra dans son temple, et depuis cinquante ans on travaille à réparer les fautes d'un jour. La basilique sortira de ses ruines ; elle en est déjà sortie. Ses verrières jetteront encore des éclairs de feu sur ses pavés polis et pâles. Les tombeaux, les statues se relèveront sur le sol qui les vit debout ; la belle basilique pourra lutter avec Notre- Dame, de beauté comme de gloire ; cela sera , parce queSaint-^Remi est une église nationale.