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dînent ses mots, dans le resserrement général de son écriture, qu'elle est égoïste. D'ailleurs, cette absence de généf osité est confirmée par sa vanité excessive.
Dans tous ses autographes on voit des mots et des lettre» de hauteur inégale, tantôt liées et tantôt espacées ; c'est un indice de sensibilité, mais cette sensibilité s'exerce sur elle-même, et non sur autrui, puisque son « moi » passe avant tout. Il s'en suit donc que cette sensibilité se traduit en susceptibilié très vive.
Toutes les incohérences précitées, les instabilités constatées, découlent d'une absence de volonté, que démontre M efîet la façon dont M^^ Tallien barre ses t. Ses barres sont fines et longues en général tandis que les barres courtes et plus fortes n'existent qu' accident allement. Dépourvue de ce ressort, elle ne s'est pas appliquée à cultiver son esprit. ly' absence de volonté jointe ù l'inactivité engendre la paresse.
I^es majuscules sinistrogyres (dirigées à gauche) de la signature décèlent le défaut de culture et d'intelligence^ Pour évoluer dans de telles conditions, il faudrait une forte volonté qu'elle n'a pas, et d'autre part sa sensualité (démontrée par l'épaisseur des pleins des lettres) ne favorise guère la culture de son esprit. Sa seule application est engendrée par un désir effréné de plaire; elle est coquette avec excès.
Par l'ensemble de son écriture peu lisible, par la forme gladiolée (se terminant en pointe) de presque tous ses mots, M^® Tallien dévoile sa fausseté; elle la confirme en affectant ime modestie qu'elle n'a nullement. On le voit dans l'emploi des lettres minuscules par lesquelles elle commence ses épîtres tandis qu'elle trahit sa vanité quand même dans la hauteur des majuscules de ses signatures.
lycs complications inutiles que l'on remarque dans son écriture, par exemple dans les l barrées, dans l'abus des boucles, prouvent cette absence de simplicité ; les boucles delà signature dévoilent en outre, une nature intrigante.
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I^a réunion de tant de mauvaises composantes ne forme pas un beau caractère, comme celui qu'on a donné à Mme Tallien.
Cet amour excessif d'elle-même, la préoccupation constante de séduire, d'éblouir, ne lui permet guère de s'intéresser aux autres, mais sa duplicité aidant, elle affectera d'être compatissante et généreuse. C'est sans doute ce qui a pu lui faire attribuer des qualités que ne justifie pas son graphisme, puisque, au contraire, la vanité, l'égoïsme, la susceptibilité, la dissimulation, la paresse, la sensualité, l'inconstance, l'imprévoyance, le désordre, sont ses dominantes.
Toute son ambition consiste à paraître supérieure aux autres femmes ; elle est tourmentée par l'Envie ; sa grande sensibilité vaniteuse ne doit pas pardonner facilement une blessure.
Sa beauté dut incontestablement être grande, pour aveugler si fortement ses contemporains sur son compte.
Des fac-similé des lettres de M.^^ Tallien que nous ajoutons aux illustrations de ce volume, permettent aux graphologues de vérifier l'exactitude de cette analyse graphologique.
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(Musée Carnavalet) Lettp.b de Madame TALLIE.N a LEr.Ap.pENTiKR
(Musée Carnavalet)
APRESSE de la LETTKE a LECARPENTIEft
J^ BElvIvK TAI.I.IEN 457
Rapports de Poi.ic3
• Le lo messidor an II
• lyC citoyen Tallien est resté, le 6 messidor au soir, anx • Jacobins jusqu'à la fin de la séance : il a attendu son « homme au gros bâton, rue Honoré, devant [une porte « cochère, nous avons remarqué qu'il avait beaucoup c d'impatience. Enfin, il est arrivé, il n'y a pas de doute c qu'il était dans les tribunes, ils ont remonté la rue c Honoré, celle de la lyoi, les baraques, la galerie à droite c de la maison Bgalité, se sont assis dans le bas du jardin, « ont pris chacun une bavaroise, ont remonté sous les c galeries de bois, se parlant toujours mystérieusement t et se tenant sous le bras. An heures, ils ont traversé c la cour du palais et ont gagné la place Egalité, son garde c a arrêté un fiacre, a salué Tallien, et ils se sont qualifiés « réciproquement d'amis en disant ; A demain, mon ami. c Nous nous sommes approchés de la voiture. Tallien [a t dit au cocher de le conduire rue de la Perle. L'autre s'en c est allé par la rue de Chartres, à pied. Nous avons couru t jusqu'au pont ci-devant royal, nous n'avons pu le re- « joindre, nous présumons qu'il est entré dans ime allée, « ou qu'il demeure sur la section des Tuileries. Nous l'a- « vous signalé hier soir, une veste rouge et blanche, â « grandes raies, culotte noire, un gilet, chapeau rond, « cheveux blonds et en rond, presque de la taille du c citoyen Tallien.^
* G. . (I) (1) Paris révolutionnaire, par Lenôtre, pp. 30-31.
« Du 13 messidor an II « de la République une et indivisibUé
t Bourdon de l'Oise est entré à la Convention le 1 1 couc rant à midi et demi, en est sorti à la fin de la séance, a été c rue Honoré, no 55, avec plusieiurs citoyens, en est sorti t deux heures après pour aller rue des Pères no 1430, s'y t est arrêté dix minutes, est descendu la rue, a parlé à i deux jeunes citoyens, l'un d'environ quinze ans, l'autre
• de dix, ensuite a parlé avec une citoyenne qui était une t petite fille, a continué son chemin pour aller rue du € Roule, chez le premier marchand de musique en entrant c par la rue Honoré. Il s'y est assis environ deux heures, t nous avons remarqué qu'il y est entré plusieurs citoyens. t II eu est sorti avec un citoyen le tenant par-dessous le
• bras/ils se sont quittés près le lyouvre. Il est allé au jar- « din Kgalité où il a parlé à quatre citoyens. Après les
• avoir quittés il a rejoint ime compagnie de six personnes, c dont il y avait deux citoyennes. Après avoir conversé 1 très longtemps avec elles, il a quitté la compagnie avec
• un citoyen de l'âge d'environ quarante-cinq ans en c cheveux roux comme les ci-devant prêtres, ils se sont t promenés d'un bout de la même allée à l'autre du côté t des Feuillants, ont parlé à plusieurs citoyens en difféc rentes fois et en ont salué plusieurs autres, ne s'est séparé I dudit citoyen qu'à neuf heures, et s'est promené seul c dans la même allée, est entré au cabinet d'aisances, en
• est ressorti, s'est assis ensuite près d'un arbre à la desc cente de la|terrasse des Feuillants où il a resté très long- « temps, et là le grand nombre des passants nous l'a fait « perdre de vue, il était alors dix heures et demie.
0 Hier, i« courant, le même citoyen est sorti de la f Convention, est allé s'asseoir dans l'allée des Feuillants
• avec trois citoyens. Après un quart d'heunre, ils se sont
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• levés et nous avons remarqué que les autres lui adres-
• salent toujours la parole et qu'il se débattait plus que « les autres et sont restés très longtemps debout; ils se c sont en allés par les Feuillants. Bourdon-de-FOise tenait c un citoyen par-dessous le bras et sont entrés au no 55
• rue Honoré, y est resté environ deux heures et en est c sorti sur les quatre heures et demie, est allé rue des Pères,
• n» 1430, y est resté dix minutes, sortant de là, il est entré c chez lui d'où nous ne l'avons pas vu ressortir de la jourt née : il était alors 9 heures du soir.
• Le 14 messidor (an II).
t ...Nous ne serions pas surpris que le sieur Rambouillet, t qui a été placé à la poHce par le citoyen Ta... et qui vient
• d'être supprimé de son emploi, ne fût un de ceux que tt ce député emploie, auprès de lui, pour l'escorter et c savoir si on le surveille.
« Il est impossible de pouvoir surveiller ledit député c dans sa rue, vu qu'elle est fort courte et droite. Il n'y a I aucune retraite, que quelques bancs de pierre à côté
• de quelques portes cochères pour s'asseoir et pour peu c que les locataires de ladite rue s'aperçoivent qu'un t individu passe fréquemment, ils se mettent aux croisées, ff ou envoient leurs domestiques siu: la porte, en sorte qu'il c est impossible à un surveillant de faire sentinelle dans
• le voisinage de son domicile.
(1) Ce G. désigne le nommé Guérin, espion du Comité de Salut public à la discrétion de Robespierre. Il était donc indirectement et ipso-facto espion du Dictateur révolutionnaire.